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Major pénitentiaire

Mis à jour le

Le major pénitentiaire est un grade supérieur du corps d’encadrement et d’application de l’administration pénitentiaire. Il s’adresse à des surveillants expérimentés, devenus brigadiers-chefs, qui souhaitent exercer des responsabilités élevées en détention ou des fonctions d’expertise.

Le métier au quotidien

Le major pénitentiaire assure la surveillance et la sécurité générale d’un établissement pénitentiaire à un niveau élevé de responsabilité. Il encadre les équipes de surveillants, surveillants brigadiers et brigadiers-chefs, et participe au commandement opérationnel des personnels de surveillance. Il contribue à la mise en œuvre, sous l’autorité du chef d’établissement ou des officiers pénitentiaires, des mesures de sécurité et de prise en charge des personnes détenues pour l’exécution des peines et le maintien du bon ordre.

Il coordonne les activités en détention : organisation des mouvements, gestion des activités et des parloirs, supervision des interventions et application des consignes de sécurité. Il peut aussi exercer des fonctions d’expertise dans la filière « expertise » du corps d’encadrement et d’application, par exemple en matière de sécurité ou de régimes de détention. Il porte la tenue et l’armement réglementaires et travaille dans un environnement sécurisé soumis à des contraintes fortes.

Comment y accéder

Le grade de major pénitentiaire appartient au corps d’encadrement et d’application de la fonction publique d’État, rattaché au ministère de la Justice. L’accès se fait principalement par voie interne, via un examen ou concours professionnel réservé aux brigadiers-chefs pénitentiaires, suivis d’une inscription au tableau d’avancement.

Un concours professionnel interne spécifique à la filière « expertise » existe pour ce grade. Pour la session 2027, il est ouvert aux agents du ministère de la Justice, avec inscription via le site interne Apnet. La sélection comprend des épreuves écrites et orales, précédées d’un dispositif de présélection fondé sur l’expérience et un dossier de reconnaissance des acquis de l’expérience professionnelle, suivi d’un court entretien. Les conditions de nationalité, de casier judiciaire, d’aptitude physique et de réussite au concours de surveillant ont été vérifiées lors de l’entrée dans le corps.

La formation

Le major pénitentiaire est issu du corps d’encadrement et d’application, dont la formation initiale des surveillants se déroule à l’École nationale d’administration pénitentiaire (ENAP). Les fonctionnaires de ce corps reçoivent une formation adaptée à leur niveau de qualification à l’ENAP, conformément au décret statutaire de 2023. Le passage au grade de major intervient après un parcours de carrière déjà professionnalisé au sein de l’administration pénitentiaire.

Pour le concours professionnel d’accès au grade de major dans la filière « expertise », une formation d’adaptation à l’emploi est prévue. Elle est mise en œuvre par l’ENAP et les directions interrégionales des services pénitentiaires, sous forme de modules en distanciel et en présentiel. Elle prépare à la prise de fonctions d’encadrement supérieur et aux missions d’expertise, en consolidant les compétences en sécurité, gestion des détentions et management.

Le salaire

Le major pénitentiaire relève d’une grille indiciaire de catégorie C, avec un traitement indiciaire brut déterminé par les indices bruts de chaque échelon du grade. Au 1er janvier 2024, la grille du corps d’encadrement et d’application prévoit pour le major des indices bruts allant de 563 au 1er échelon à 712 au 8e échelon. Le traitement indiciaire brut constitue la part principale de la rémunération, calculée à partir de l’indice majoré et de la valeur du point d’indice, avant retenues.

À ce traitement s’ajoutent des primes spécifiques. La prime de sujétions spéciales des personnels de surveillance est fixée, pour le grade de major pénitentiaire, à 25 % du traitement indiciaire brut au 1er avril 2017. Elle n’est pas versée pendant les périodes d’enseignement théorique à l’ENAP mais l’est pendant les stages pratiques, sous réserve de l’exercice effectif des fonctions. D’autres éléments indemnitaires et, le cas échéant, des avantages de logement peuvent compléter la rémunération.

Les évolutions de carrière

Dans la hiérarchie de la surveillance pénitentiaire, le major se situe au-dessus du brigadier-chef et en dessous du lieutenant pénitentiaire, qui relève du corps de commandement. Le décret statutaire de 2023 fixe les règles de promotion au grade de major : l’article 16 prévoit une promotion par inscription au tableau d’avancement, combinée à la réussite à un examen ou concours professionnel, pour les brigadiers-chefs remplissant les conditions d’ancienneté fixées par les textes annuels.

Une disposition transitoire pour 2024 prévoit que peuvent être promus les brigadiers-chefs comptant au moins six mois d’ancienneté au 1er juillet 2024, après examen professionnel fondé sur la reconnaissance des acquis de l’expérience professionnelle. Au-delà du grade de major, l’accès au corps de commandement et au grade de lieutenant pénitentiaire se fait par concours ou examen de changement de corps. Le major peut également occuper des fonctions d’expertise dans la filière dédiée, notamment en matière de sécurité ou de régimes de détention.

Questions fréquentes

Quel est le rôle d’un major pénitentiaire par rapport à un surveillant ?

Le major pénitentiaire encadre les équipes de surveillants, surveillants brigadiers et brigadiers-chefs. Il intervient au niveau du commandement opérationnel, coordonne les activités de détention et veille à la sécurité générale de l’établissement, sous l’autorité du chef d’établissement ou des officiers pénitentiaires.

Comment devient-on major pénitentiaire ?

Il faut d’abord réussir le concours de surveillant pénitentiaire, progresser dans le corps jusqu’au grade de brigadier-chef, puis se présenter à un examen ou concours professionnel interne. La promotion s’effectue après réussite à cette sélection et inscription au tableau d’avancement, avec une part importante accordée à la reconnaissance de l’expérience professionnelle.

Le major pénitentiaire bénéficie-t-il de primes spécifiques ?

Oui, sa rémunération comprend un traitement indiciaire et des primes. La prime de sujétions spéciales est notamment fixée à 25 % du traitement indiciaire brut pour ce grade, en contrepartie des contraintes particulières du service, et n’est versée que lorsqu’il exerce effectivement ses fonctions sur le terrain.

Quelles sont les perspectives au-delà du grade de major pénitentiaire ?

Le grade immédiatement supérieur est celui de lieutenant pénitentiaire, dans le corps de commandement. L’accès se fait par concours ou examen de changement de corps, et permet de rejoindre les fonctions d’encadrement supérieur des établissements pénitentiaires, en complément des possibilités de spécialisation dans la filière expertise.

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