Tuerie de Chevaline : Un militaire des forces spéciales suisse serait à l’origine du quadruple meurtre
Montrez votre soutien aux forces de l’ordre en ajoutant notre média à vos favoris sur GoogleDouze ans après le quadruple meurtre survenu le 5 septembre 2012 en Haute-Savoie, l’enquête sur l’affaire de Chevaline connaît un nouvel éclairage. Une reconstitution menée en octobre dernier, ainsi que les observations d’un expert en balistique, orientent désormais les investigations vers l’hypothèse d’un tireur expérimenté, sans lien avec les victimes, qui aurait agi sans mobile apparent.
Un crime d’une extrême rapidité
Dans un laps de temps compris entre soixante et quatre-vingt-dix secondes, l’auteur des faits a tiré 21 coups de feu avec un pistolet semi-automatique suisse, un Luger P06/29. Comme le relate Le Parisien, Sylvain Mollier, cycliste de passage, a été atteint à six reprises, tandis que les trois membres de la famille Al-Hilli, piégés dans leur véhicule, ont été abattus de trois ou quatre balles chacun. La fille aînée de la famille, âgée de 7 ans, a survécu malgré une blessure par balle et un coup porté à la tête. Sa cadette, cachée sous sa mère, est sortie indemne.
Une exécution menée avec un sang-froid exceptionnel
L’examen de la scène de crime et les conclusions d’une reconstitution effectuée en huis clos sur une base militaire ont permis de mettre en évidence un niveau de maîtrise impressionnant. Selon l’expert en balistique entendu en 2023, l’auteur devait impérativement posséder une formation militaire avancée, incluant des techniques de tir spécialisées.
Les tirs d’achèvement, en particulier, portent la marque d’une expertise spécifique : le « tir fichant », une technique militaire rare consistant à tirer à très courte distance, possiblement à l’intérieur du véhicule. Cette méthode est enseignée uniquement à certaines unités d’élite, notamment la DGSE, un service spécialisé de la DGSI, ou le premier régiment de parachutistes d’infanterie de marine (RPIMa).
Une formation qui interroge
Toutefois, la provenance de l’arme, un Luger P06/29, oriente les soupçons vers la Suisse, où ce type de pistolet a été utilisé par l’armée et les forces de l’ordre. Selon l’expert, cette arme ne correspond pas au choix d’un tueur à gages, qui aurait privilégié un modèle plus fiable. Par ailleurs, la Suisse serait l’un des rares pays où des stages spécialisés, ouverts à une élite militaire et civile triée sur le volet, enseignaient le tir fichant. Deux sociétés privées auraient même proposé des modules baptisés « cours assassin ».
Un suspect au profil inquiétant
Selon les conclusions du rapport, le tueur pourrait être un ancien militaire suisse, âgé aujourd’hui d’une cinquantaine d’années, qui aurait suivi une formation aux techniques de tir spécialisées avant de basculer dans une violence incontrôlée. Les enquêteurs du pôle cold case de Nanterre, dirigés par la juge Sabine Kheris, poursuivent leurs investigations afin de retracer le parcours de ce possible « tireur fou ».
Douze ans après les faits, l’énigme de Chevaline reste entière, mais cette hypothèse offre désormais un nouvel axe d’investigation pour tenter d’élucider l’un des meurtres les plus mystérieux de ces dernières décennies.
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