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Lorient : Des militaires inquiétés pour être intervenus lors des émeutes ?

·La rédaction ⏱ 3 min
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Des vidéos ont révélé la présence d’hommes masqués aux côtés des policiers lors des troubles survenus dans la nuit de vendredi à samedi à Lorient, dans le Morbihan. Il est possible que ces hommes soient des militaires impliqués dans des interpellations sauvages.

Suite à ces allégations, une enquête interne a été lancée par le ministère des Armées afin d’examiner la possible participation de militaires à des actions menées par un groupe anti-casseurs qui se serait mobilisé cette nuit-là à Lorient, dans le Morbihan. Cette nuit-là, environ cinquante policiers et gendarmes étaient mobilisés pour faire face aux violences urbaines déclenchées par la mort de Nahel une semaine auparavant.

Une trentaine d’individus cagoulés sont intervenus dans la rue pour s’interposer face aux auteurs de ces actes de violence. Certains d’entre eux auraient procédé à des interpellations. Il convient de rappeler que l’intervention de l’armée est strictement réglementée. Bien qu’ils puissent être sollicités en cas d’incendies de forêt ou de catastrophes naturelles, les militaires ne sont normalement pas autorisés à maintenir l’ordre, sauf dans des circonstances exceptionnelles.

Les autorités contestent les rumeurs. Dès le lendemain, le maire de la ville, où résident environ 3 500 professionnels de l’armée, a nié toute présence d’une « milice » sur sa commune sur sa page Facebook. La chef de la police locale est moins catégorique : « La police nationale a patrouillé toute la nuit et a constaté la présence de différents groupes sans pouvoir les distinguer, la plupart des individus des deux camps étant cagoulés », a-t-elle expliqué à Ouest-France.

Elle précise que les quatre interpellations de cette nuit-là ont été effectuées par des policiers. Cependant, le quotidien régional publie le témoignage d’un homme affirmant avoir fait partie d’un groupe « anti-casseurs » avec trois amis. Il affirme que le groupe ne s’est pas organisé à l’avance, mais que plusieurs individus se sont retrouvés au même endroit pour la même raison : lutter contre les violences. « Il est vrai que la présence de militaires en soutien à la police peut choquer », reconnaît-il. « Certains policiers nous ont remerciés et ont accepté notre aide, d’autres préféraient nous tenir à distance. »

Comme l’explique BFMTV, le député Les Républicains du département voisin des Côtes-d’Armor, Marc Le Fur, s’est quant à lui réjoui de ces interventions. Du côté de la justice, le parquet de Lorient indique ne disposer d’aucun élément concret ni objectif, et n’a reçu aucune plainte de qui que ce soit concernant une intervention extérieure aux forces de l’ordre. « En l’absence d’éléments objectifs, de toute plainte et de toute saisine de mon Parquet et aussi au regard des dispositions de l’article 73 du code de procédure pénale, il apparaît que les conditions de l’ouverture d’une enquête pénale ne sont pas réunies, à ce jour » a expliqué le parquet.

L’armée a également ouvert une enquête interne de commandement. Le commandement de la Forme maritime des fusiliers marins et commandos (Forfusco), en charge de l’autorité militaire concernée, enquête sur les actions de ses subordonnés. Si les allégations sont avérées, des sanctions pourraient être prises à leur encontre.

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