La DGA finance en 2026 les études d’un moteur de 11 tonnes pour le futur avion de combat, avec ou sans coopération
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La Direction générale de l’armement financera cette année des études distinctes pour porter le moteur du futur avion de combat NGF à 11 tonnes de poussée. Devant le Sénat, Patrick Pailloux, délégué général pour l’armement, a indiqué qu’un besoin d’un milliard d’euros a été identifié pour ces travaux et que la France ira de l’avant, en coopération ou non. Il ne s’agit pas d’une commande de moteur ni d’un marché de production, mais d’études amont destinées à préparer le successeur du Rafale F5.
Un palier de 11 tonnes distinct du M88 T-REX du Rafale F5
Le compte rendu de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées du Sénat reprend les propos tenus en mai 2026. Patrick Pailloux y affirme que le NGF est le successeur du Rafale F5 et qu’il n’existe pas de scénario sans futur avion furtif, notamment pour les besoins de la dissuasion nucléaire. « Cette année, nous financerons les études. En effet, parvenir à une poussée à 11 tonnes pour le moteur ne nécessite pas les mêmes évolutions que pour arriver à 9 tonnes. Nous le ferons donc, en coopération ou non », déclare-t-il.
La chaîne technologique doit rester claire. Le M88 actuel du Rafale vise environ 7,5 tonnes. Le palier suivant, le M88 T-REX destiné au Rafale F5, vise 9 tonnes. Le moteur du NGF, lui, vise 11 tonnes. Alors que la DGA vient d’engager les équipements clés du Rafale F5, dont le M88 T-REX doit viser 9 tonnes de poussée, les études annoncées pour le NGF portent sur une marche supplémentaire jusqu’à 11 tonnes. Le ministère des Armées a confirmé le 10 septembre les premiers travaux en amont du F5, notamment le contrat de conception préliminaire du T-REX confié à Safran Aircraft Engines. Cette étape reste distincte.
Le compte rendu sénatorial précise aussi que le Rafale F5 doit recevoir une rénovation complète des capteurs, radars et systèmes de guerre électronique. Ces chantiers n’équivalent pas au développement du moteur NGF.
Un milliard identifié, Safran encore en négociation
Les études relèvent notamment du programme budgétaire 144, consacré à la recherche amont. Patrick Pailloux indique qu’un besoin d’un milliard d’euros a été identifié pour les études et le développement évoqués. Ce chiffre est un besoin déclaré, pas un contrat intégralement signé ni une enveloppe déjà attribuée.
Safran serait prêt à consacrer 100 à 150 millions d’euros à cet effort, mais la part d’autofinancement reste en négociation. Cette intention industrielle ne peut donc pas être présentée comme acquise.
L’issue de la coopération franco-allemande ou européenne demeure incertaine. Le DGA affirme toutefois que l’argent identifié pour le NGF serait utilisé pour un successeur du Rafale si le programme n’aboutissait pas en coopération. Rien dans ces déclarations ne permet d’écrire que le SCAF est juridiquement abandonné.
Turenne à Saclay, démonstrateur et drones accompagnateurs
La DGA a expliqué en décembre 2025 que le projet Turenne teste sur un M88 des matériaux céramiques, des superalliages et des évolutions des aubes de turbine. L’objectif est d’augmenter la température en entrée de turbine, de plus de 1 500 degrés à plus de 1 800 degrés, pour le prochain moteur. Les essais sont conduits à DGA Essais propulseurs à Saclay, dans des conditions simulant différents niveaux d’altitude et de vitesse. Ces travaux de matériaux et de thermique éclairent pourquoi le saut vers 11 tonnes n’est pas une simple extrapolation du palier à 9 tonnes.
L’actualisation de la loi de programmation militaire évoque un démonstrateur national d’avion de chasse de sixième génération, avec possibilité de partenariats, à l’horizon 2035. Cette date n’est pas une entrée en service garantie. Le même compte rendu sénatorial fixe aussi comme objectif l’expérimentation de premiers drones accompagnateurs en 2028, élément de contexte du futur système de combat aérien.
En l’état, la décision publique consiste à ouvrir le financement des études en 2026, à isoler un besoin d’un milliard d’euros et à affirmer la continuité souveraine du futur avion, avec ou sans partenaires.
Sources
https://www.senat.fr/compte-rendu-commissions/20260504/etran.html
https://www.defense.gouv.fr/dga/actualites/dga-essais-propulseurs-prepare-futur-propulsion-aeronautique-combat
https://www.opex360.com/2026/09/12/le-ministere-des-armees-va-lancer-de-nouvelles-etudes-sur-un-moteur-davion-de-combat-de-6e-generation/
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