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« Pourquoi n’a-t-il toujours pas exécuté sa peine ? » : Un an après l’accident de trottinette de sa fille à Nice, elle dénonce l’inaction de la justice

·La rédaction ⏱ 3 min
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C’était le 24 juillet 2024, à 17h30, boulevard Gambetta à Nice. Une Mercedes lancée à contresens sur la voie réservée aux bus percute une la conductrice d’une trottinette. Sarah, 19 ans, s’effondre sur l’asphalte. Pendant deux heures, sa mère, Béatrice, ne sait pas si elle reverra sa fille vivante.

Un an plus tard, Sarah a survécu, réparé son corps et repris ses études au Canada. Mais pour Béatrice, 47 ans, la date reste « gravée à vie ». Comme le relate Nice-Matin, à l’approche de ce premier anniversaire, la Niçoise découvre que l’automobiliste, condamné à un an ferme sous bracelet électronique, n’a toujours pas exécuté sa peine.

« J’ai appris de source sûre que ce monsieur n’avait toujours pas fait sa peine. Comment c’est possible ? » lâche-t‑elle, la voix tremblante de colère dans le quotidien régional.

« Ce jour-là, je ne savais pas si ma fille allait vivre ou mourir »

Retour sur ce 24 juillet. Sarah se rend à son job d’été à trottinette. Au niveau de la place Franklin, la collision est violente. « Ma fille était consciente. Mais elle n’avait plus ses lèvres… Elle a tapé la tête la première, sans casque. Elle est partie en réanimation à Pasteur », se souvient Béatrice.
Deux heures plus tard, le verdict tombe : aucun organe vital n’est touché. Mais les séquelles sont là : dents cassées, genou opéré, des mois de rééducation et de soins psychologiques.


Sarah, déterminée, suit ses cours en visio, retourne au Canada en janvier et passe son permis pour ne plus remonter sur une trottinette. « Elle s’efforce de tourner la page », souffle sa mère. Béatrice, elle, n’y parvient pas.

Le procès et… l’attente

Le 11 septembre, l’automobiliste – un vétérinaire ukrainien – est condamné à 30 mois de prison, dont 12 ferme aménageables sous bracelet électronique. Ce jour-là, Sarah est présente, son père à ses côtés. Béatrice n’a pas eu la force d’y aller.
Elle pensait qu’un verdict suffirait à tourner la page. Mais dix mois après, rien n’a été exécuté.

« Nous, on a vécu une année de m…, ma fille n’est pas sortie pendant des mois, et lui, il continue à vivre normalement. C’est une injustice pas possible ! » dénonce Béatrice.

« Cela participe du sentiment d’abandon des victimes »

Contacté, Me Jean‑Pascal Padovani, avocat du conducteur, confirme : « La peine sera appliquée. Nous attendons la décision du juge. Mais cela peut prendre du temps. »
Un délai jugé incompréhensible par la mère de Sarah. « Si ça se trouve, il continue à conduire… »
« Non », assure l’avocat. Le permis est retiré, la voiture saisie. Le conducteur, père de deux enfants, serait « marqué par ces faits ».

Pas de quoi apaiser la colère de Béatrice. « Certes, il n’a pas tué ma fille. Encore heureux. Mais il n’y a pas de punition. »

Pour Me Nicolas Gemsa, avocat de Sarah, ce décalage nourrit la défiance :
« Cela participe du sentiment d’abandon des victimes d’accidents corporels graves. Il faut que les justiciables gardent confiance dans l’institution judiciaire, car le volet répressif contribue beaucoup à leur reconstruction. »

Un an après, Sarah sourit à nouveau, mais les cicatrices restent. Béatrice, elle, attend toujours que justice soit rendue.

La rédaction

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