Évreux : un Ukrainien mis en examen après la mort de sa voisine franco-russe dans un différend de voisinage
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Un conflit de voisinage aux allures de drame géopolitique s’est soldé par la mort d’une femme franco-russe dans la nuit de lundi à mardi, à Évreux. Un homme ukrainien de 69 ans, réfugié en France depuis 2022 avec son épouse, a été mis en examen pour meurtre, mais laissé en liberté sous contrôle judiciaire.
Les faits se déroulent dans un immeuble de la ville, où cohabitent plusieurs résidents d’origine étrangère. Vers 7 heures du matin, selon le parquet d’Évreux, un couple de retraités ukrainiens et une amie sont violemment pris à partie par leur voisine du dessous, une quinquagénaire franco-russe, munie d’un couteau d’environ 20 centimètres relate Le Parisien. Le mari ukrainien parvient à désarmer l’agresseuse et retourne l’arme contre elle, la blessant à trois reprises, dont une fois à la cuisse de façon mortelle. La victime décède quelques heures plus tard.
Le procureur de la République, Rémi Coutin, parle d’une situation de légitime défense. Il affirme que la défunte s’est introduite chez ses voisins ukrainiens à au moins deux reprises au cours de la nuit pour les agresser. Cette attitude s’inscrirait dans un comportement récurrent : la femme, née au Kazakhstan en 1967, faisait l’objet de multiples signalements pour des violences et menaces envers ce couple réfugié, qui avait fui la guerre en Ukraine.
Un voisin témoigne avoir passé la soirée avec la victime, à consommer de l’alcool. Il raconte que celle-ci s’était mise à taper le plafond avec un balai et à faire monter la musique, avant de se rendre dans l’appartement du couple ukrainien, où une première altercation éclate. Ce même voisin, déjà condamné à cinq reprises pour violences, est mis en examen pour violences aggravées après avoir frappé l’homme ukrainien au cours de cette confrontation initiale.
La victime, selon plusieurs témoignages, affichait des opinions prorusses très marquées. Son ex-mari rapporte qu’elle soutenait ouvertement l’action militaire russe en Ukraine, estimant que Moscou devait « chasser les nazis » et « se défendre contre l’OTAN ».
Les forces de l’ordre étaient déjà intervenues les 22 et 30 juin à la demande du voisinage, après que la quinquagénaire a été vue en train de frapper la porte des Ukrainiens.
Le drame soulève des questions douloureuses sur l’importation en France de tensions liées à la guerre russo-ukrainienne. Si la justice privilégie pour l’instant la thèse de la légitime défense, l’affaire continue d’être suivie de près par les autorités locales.
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