Transformer des Ehpad fermés en prisons : la proposition choc de Gérald Darmanin contre la surpopulation carcérale
Montrez votre soutien aux forces de l’ordre en ajoutant notre média à vos favoris sur GoogleGérald Darmanin continue de surprendre dans sa lutte contre la surpopulation carcérale. Invité ce lundi matin sur RTL, le ministre de la Justice a dévoilé une idée pour le moins inattendue : transformer des Ehpad fermés en établissements pénitentiaires. Une proposition radicale qui s’inscrit dans une stratégie plus large visant à diversifier l’offre carcérale en France.
« Tout ce qui pourra permettre de réquisitionner ou faire des travaux pour des places de prison, je le ferai », a martelé le garde des Sceaux.
Face à une situation critique — plus de 77 000 détenus pour environ 61 000 places — Gérald Darmanin entend multiplier les solutions pour créer rapidement de nouvelles capacités d’accueil. L’idée de reconvertir des maisons de retraite désaffectées s’appuie notamment sur leur structure : bâtiments souvent sécurisés, déjà adaptés à une population résidante, et disséminés sur l’ensemble du territoire.
Une réponse différenciée selon la dangerosité des détenus
Cette proposition s’inscrit aussi dans une volonté de mieux catégoriser les détenus selon leur dangerosité, a rappelé le ministre :
« En France, on met des détenus, quelle que soit leur dangerosité, dans la même prison : le terroriste islamiste, le narcotrafiquant ou le type qui a roulé bourré dix fois. C’est complètement idiot », a-t-il fustigé.
Pour remédier à cela, une prison de haute sécurité dédiée aux narcotrafiquants sera inaugurée à Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais) le 31 juillet prochain. À l’opposé, Darmanin souhaite également développer des prisons à taille humaine pour les détenus peu dangereux, où les anciens Ehpad pourraient justement trouver leur utilité.
Louer des places de prison à l’étranger
Autre piste explorée : la location de places de prison dans des pays voisins. Conformément aux vœux du président Emmanuel Macron exprimés en mai dernier, le ministère de la Justice a entamé des démarches auprès de pays comme l’Espagne et l’Allemagne, ces dernières disposant d’établissements pénitentiaires loin d’être saturés.
« La demande du président de la République est en train d’être appliquée », a confirmé Darmanin.
« Des propositions ont été faites pour louer quelques centaines voire milliers de places à la frontière. »
Le garde des Sceaux reconnaît cependant la nécessité de lever des obstacles juridiques, notamment européens, pour permettre ce type de transferts. Il cite notamment la question du rapprochement familial, enjeu essentiel pour le maintien des liens sociaux des détenus.
Une prison modulaire à Troyes dès 2026
Dans l’immédiat, une solution intermédiaire verra le jour en octobre 2026 à Troyes (Aube) avec l’ouverture d’une prison modulaire de 80 places, construite hors site. Un projet salué par le ministre pour sa rapidité de mise en œuvre et son coût réduit : 200 000 euros par place, soit deux fois moins que le coût moyen actuel.
Avec ces annonces, Gérald Darmanin entend marquer un tournant dans la politique pénitentiaire française. Reste à savoir si ces projets, aussi ambitieux qu’inhabituels, pourront se concrétiser dans un contexte budgétaire et juridique complexe.
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