La course poursuite a duré plus de 5 heures sur 300 kilomètres : Un gendarme blessé explique, « En 33 ans de carrière, je n’avais jamais vécu une poursuite aussi longue et aussi risquée. »
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Un homme de 24 ans, a comparu ce jeudi 26 juin 2025 devant le tribunal correctionnel de Cahors pour une série de délits particulièrement graves : refus d’obtempérer, conduite sans permis, violences sur un militaire de la gendarmerie et usage de stupéfiants. Des faits remontant à la nuit du 21 février 2024, au terme d’une cavale rocambolesque de plus de 300 kilomètres.
Une cavale de 5 heures entre Agen et le Lot
Ce soir-là, aux alentours de 23h30, une patrouille de police tente de contrôler une Audi A3 signalée volée dans la Drôme, circulant dans les rues d’Agen. Comme le relate Actu.fr, le conducteur, D., refuse de s’arrêter et percute un fourgon de police avant de prendre la fuite, avec à ses côtés sa compagne alors enceinte de cinq mois. Une poursuite de plusieurs heures s’engage, d’abord menée par la police, puis relayée par la gendarmerie.
Durant sa fuite, D. multiplie les infractions : ronds-points pris à contresens, feux rouges grillés, circulation en sens inverse… Il blesse un gendarme en faisant brusquement marche arrière, lui occasionnant trois jours d’incapacité totale de travail. C’est finalement dans le Lot, à Saint-Cirq-Lapopie, que la cavale prend fin, la voiture tombant en panne. Le couple tente alors de s’échapper à pied mais est rapidement interpellé.
Des aveux partiels et une défense fragile
À l’audience, D. reconnaît une partie des faits : refus d’obtempérer, conduite sans permis et usage de stupéfiants. Il nie toutefois toute intention de violence envers les forces de l’ordre. « Je ne voulais pas retourner en prison », explique-t-il. « Je savais que je risquais gros, mais j’avais besoin de travailler et je n’avais pas les moyens de passer le permis ».
D., dont le casier judiciaire mentionne déjà six condamnations, dont une pour home-jacking, dit vouloir se « reprendre en main ». Il évoque sa volonté de suivre une formation professionnelle et assure qu’il ne cherchait pas à blesser qui que ce soit cette nuit-là.
Des forces de l’ordre choquées, des dégâts lourds
Le témoignage d’un gendarme à la barre souligne la gravité des faits : « En 33 ans de carrière, je n’avais jamais vécu une poursuite aussi longue et aussi risquée. » Me Thierry Chevalier, représentant l’Agent judiciaire de l’État, rappelle la gravité des actes et demande 21 000 € pour les dégâts matériels, ainsi qu’un renvoi sur intérêts civils.
Trois membres des forces de l’ordre demandent réparation pour préjudice moral, allant de 400 à 1 200 € chacun.
Un réquisitoire ferme, une défense émotive
La procureure de la République, Clara Ribeiro, salue le sang-froid des forces de l’ordre et rappelle les antécédents du prévenu. Elle requiert 30 mois de prison, dont 6 mois avec sursis probatoire sur 2 ans, assortis d’obligations de soins et de travail. Elle s’oppose à tout aménagement de peine, notamment le placement sous bracelet électronique.
De son côté, l’avocate de la défense, Me Nina Chein, plaide pour une peine mixte. Elle évoque la paternité de D., sa compagne qui l’attend, et insiste sur l’absence d’intention de nuire. Elle demande la requalification des faits en violences involontaires.
Une peine ferme prononcée
Le tribunal a suivi les réquisitions du ministère public. D. est condamné à 30 mois de prison, dont 6 avec sursis probatoire, durant deux ans. Il devra également verser près de 4 000 € aux parties civiles, ainsi que 21 000 € pour les dommages matériels. Le véhicule est confisqué.
Le montant final des intérêts civils sera fixé le 10 décembre prochain. D. a désormais dix jours pour faire appel de cette décision.
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