Lorient : Un détenu ivoirien condamné après avoir violemment résisté à son expulsion. « Je vais tous vous planter »
Montrez votre soutien aux forces de l’ordre en ajoutant notre média à vos favoris sur GoogleMoussa Keita, 25 ans, de nationalité ivoirienne, a été condamné vendredi par le tribunal de Lorient à quinze mois de prison ferme avec maintien en détention, après avoir tenté d’empêcher avec violence son expulsion vers la Côte d’Ivoire.
Sous le coup d’une obligation de quitter le territoire français (OQTF), le jeune homme devait être transféré le 6 mai dernier depuis le centre pénitentiaire de Lorient-Plœmeur vers un aéroport parisien, en vue de son éloignement. Mais au petit matin, il avait décidé de se barricader dans sa cellule rapporte Ouest-France.
« Je savais que j’allais être expulsé, j’ai cogité toute la nuit. À 3 heures, j’ai bloqué la porte de ma cellule et bouché l’œilleton », a-t-il expliqué à la barre lors de sa comparution immédiate. Aux alentours de 5h30, les surveillants pénitentiaires avaient tenté d’ouvrir la porte, sans succès. Derrière la porte close, le détenu avait alors menacé les agents de prison, affirmant être en possession de lames de rasoir et prêt à s’en servir. « Il a dit qu’il allait tous nous planter si on entrait », a rapporté un des fonctionnaires présents.
Pris d’un malaise, Moussa Keita avait ensuite été conduit à l’hôpital pour des examens médicaux.
Lors de l’audience, le prévenu a nié toute volonté de violence à l’égard du personnel pénitentiaire. « Je n’ai jamais voulu menacer les surveillants. J’ai seulement dit que j’allais m’en prendre à moi-même », a-t-il assuré. Installé en France depuis 2019, père d’un enfant, il a réaffirmé son refus catégorique de retourner en Côte d’Ivoire : « Ma vie est ici ».
Son avocat, Me Damien Guillou, a plaidé la relaxe, avançant notamment l’existence d’un recours en cours contre l’OQTF et soulignant que son codétenu n’avait pas entendu les menaces.
Mais le tribunal n’a pas été convaincu par sa défense. « Il a entendu substituer sa propre loi à celle de la République, il avait décidé de se rendre inexpulsable et de mettre tout le monde devant le fait accompli », a estimé le procureur adjoint, avant de requérir la peine finalement prononcée : quinze mois de prison ferme. Le tribunal a également ordonné l’indemnisation du préjudice moral subi par les quatre agents pénitentiaires concernés.
Moussa Keita, dont le casier judiciaire comporte déjà onze mentions, dont plusieurs pour violences, restera incarcéré.
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