Bas-Rhin : Un accouchement dramatique au cœur du procès. Le bébé tombe dans les toilettes
Montrez votre soutien aux forces de l’ordre en ajoutant notre média à vos favoris sur GoogleLa cour d’assises du Bas-Rhin a condamné, ce jeudi, une femme de 44 ans, à huit ans d’emprisonnement pour « délaissement ayant entraîné la mort » de son nourrisson. Cette qualification a été retenue au terme de trois jours de procès, écartant celle, initiale, de meurtre, qui l’exposait à une peine maximale de 30 ans de réclusion criminelle.
Les faits remontent à 2022, lorsque la femme, sous curatelle renforcée, a accouché seule dans les toilettes de son appartement à Erstein (Bas-Rhin). Selon ses déclarations à la barre, elle ignorait être enceinte jusqu’au moment de l’accouchement : « Je ne savais pas que j’étais enceinte. Je l’ai découvert quand le bébé est tombé dans les toilettes », a-t-elle affirmé.
Présent lors du drame, son ami, 64 ans, a contacté une médecin qui, à son arrivée, a constaté le décès du nourrisson. Poursuivi pour non-assistance à personne en danger, l’homme a été condamné à trois ans de prison avec sursis, une peine plus clémente que les quatre ans requis par le parquet.
Lors des débats, les experts psychologiques et psychiatriques ont décrit les deux accusés comme particulièrement vulnérables, marqués par des parcours de vie difficiles. La femme a été victime d’un viol durant son enfance et placée dès son plus jeune âge, tout comme l’homme, dont la mère avait laissé mourir de faim l’un de ses enfants. Les spécialistes les ont qualifiés de « personnes en manque émotionnel, incapables d’agir dans des situations d’urgence ».
Déjà mère d’un premier enfant, né en 2002 et immédiatement placé en institution, la femme avait bénéficié à l’époque d’un suivi médical étroit. Sa seconde grossesse s’est déroulée dans un contexte plus précaire, après une rupture avec le père présumé de l’enfant, lequel a affirmé devant la cour ne pas avoir eu connaissance de cette grossesse. Le fils aîné, a également témoigné n’avoir « rien remarqué » chez sa mère durant cette période.
Bien que le procureur ait requis une peine de cinq ans de prison dont deux avec sursis, la cour a jugé nécessaire de prononcer une condamnation plus lourde, tenant compte des responsabilités de la prévenue. Les deux ans et demi déjà passés en détention seront toutefois déduits de la peine prononcée. Les accusés disposent désormais de dix jours pour faire appel relate Le Figaro.
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