« Je voulais aider, pas être un héros » : l’acte de bravoure de Sidjy Sablon, jeune gendarme à Fumel
Montrez votre soutien aux forces de l’ordre en ajoutant notre média à vos favoris sur GoogleFumel – Dans le calme apparent du Lot-et-Garonne, une scène de courage et de sang-froid a marqué les esprits. Sidjy Sablon, 27 ans, gendarme adjoint-volontaire, a été cité pour acte de bravoure à la suite d’une intervention périlleuse en juillet 2024.
Un parcours atypique pour ce jeune homme originaire de Paris, élevé en Guadeloupe, aujourd’hui pleinement engagé au service des autres.
À première vue, rien ne prédestinait Sidjy Sablon à l’uniforme. Étudiant en sociologie à Toulouse, il s’intéressait déjà à la compréhension des comportements humains. « J’aimais le contact avec les gens, comprendre leurs problèmes, les aider. J’hésitais entre ambulancier et militaire », confie-t-il à La Dépêche.
C’est finalement une rencontre, alors qu’il était surveillant dans un collège, qui change sa trajectoire : des membres du PSIG (Peloton de Surveillance et d’Intervention de la Gendarmerie) lui parlent de leur métier. L’étincelle est là.
Affecté à Fumel en novembre 2023, Sidjy découvre un quotidien bien différent de ce qu’il imaginait. « Au début, je me suis dit : c’est la campagne, il ne va rien se passer. Mais on ne s’ennuie jamais ici », sourit-il. Un constat confirmé par une journée qui aurait pu tourner au drame : le 6 juillet 2024.
Ce jour-là, Sidjy seconde une adjudante-chef au bureau lorsque le téléphone sonne. Une femme affolée décrit une tentative de vol suivie d’un accident. L’individu aurait tenté de lui dérober son sac, puis sa voiture, avant de prendre la fuite. Rapidement, Sidjy alerte les patrouilles et se rend sur les lieux. Commence alors une course-poursuite à travers champs, entre Fumel et Bourlens.
Dans une zone industrielle, la situation s’aggrave : le suspect tente de voler un nouveau véhicule. Sommations, refus d’obtempérer, puis violence. Le fuyard renverse un gendarme et fonce sur Sidjy. « Je fais mes sommations, je sors mon arme. J’ai une seconde pour décider. J’ai sauté sur un bloc de béton. Il m’a frôlé à quelques centimètres. » Le choc avec le bloc arrête net la progression du véhicule. L’homme est finalement maîtrisé, grâce notamment à un entrepreneur local qui intervient avec son tractopelle.
Le bilan aurait pu être lourd. Par miracle, le gendarme renversé s’en sort avec une dent cassée et quelques hématomes. Sidjy, indemne mais marqué par l’intensité de l’événement, est cité pour acte de bravoure le 8 mai dernier, lors de la cérémonie de l’Armistice.
Avec une modestie touchante, il relativise : « Je ne m’y attendais pas. Ce n’est pas pour ça qu’on fait ce métier. Mais ça fait plaisir. » Aujourd’hui, il poursuit sa mission à Fumel avec la même énergie et une conviction intacte : « Je voulais aider, pas être un héros. »
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