Avec des résultats spectaculaires, le président du Salvador, Nayib Bukele, justifie sa guerre contre la criminalité : « Je me fiche qu’on me traite de dictateur »
Montrez votre soutien aux forces de l’ordre en ajoutant notre média à vos favoris sur GoogleLors d’un discours à la nation prononcé ce dimanche au Théâtre national de San Salvador, le président Nayib Bukele a fermement défendu sa politique sécuritaire et réfuté les accusations d’arrestations arbitraires visant des militants des droits humains. Sous les applaudissements nourris de ses partisans, le chef de l’État a balayé les critiques croissantes venues d’ONG locales et internationales.
« On dit que nous emprisonnons des défenseurs des droits humains, des dissidents, des opposants au régime, » a-t-il déclaré, avant d’interroger : « Comment pouvons-nous lutter contre la corruption si toute l’opposition bénéficie d’une impunité garantie ? » Comme le relate Le Figaro, une référence directe à l’arrestation en mai de Ruth Lopez, figure de proue d’une organisation de défense des droits humains. Comme le relate Le Figaro, cette dernière était notamment engagée auprès des familles de 252 migrants vénézuéliens emprisonnés au Salvador après leur expulsion des États-Unis.
Bukele a vigoureusement nié toute persécution politique, s’en prenant au statut protégé que conféreraient, selon lui, les ONG à certains individus. « Travailler dans une ONG est aujourd’hui synonyme d’impunité », a-t-il fustigé, réaffirmant que les opposants n’étaient pas au-dessus des lois.
Connu pour son style provocateur et son image autoproclamée de « dictateur cool », le président salvadorien assume pleinement sa stratégie de choc contre la criminalité organisée. Depuis son arrivée au pouvoir en 2019, il a mis en œuvre une offensive implacable contre les gangs et les narcotrafiquants. Les résultats sont spectaculaires : alors que le pays affichait un taux d’homicide de 87 pour 100.000 habitants en 2019, ce chiffre est tombé à 2,41 fin 2023.
Mais ce bilan, largement salué dans l’opinion publique, ne va pas sans critiques. ONG et observateurs internationaux dénoncent une dérive autoritaire, illustrée notamment par la construction de méga-prisons et les atteintes aux droits fondamentaux. « Je me fiche qu’on me traite de dictateur. Je préfère qu’on me traite de dictateur plutôt que de les voir tuer des Salvadoriens dans les rues », a lancé Bukele, suscitant une ovation dans la salle.
Alors que la popularité du président reste élevée, ses propos confirment une ligne de plus en plus intransigeante face à l’insécurité quitte à choquer avec des décisions radicales.
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