Exhibition sur le quai de la gare : Six mois de prison avec sursis pour un jeune Guinéen en « détresse psychologique »
Montrez votre soutien aux forces de l’ordre en ajoutant notre média à vos favoris sur GoogleJugé en comparution immédiate au tribunal correctionnel de Meaux, un jeune Guinéen d’une vingtaine d’années a été condamné à six mois de prison avec sursis pour des faits d’exhibition sexuelle survenus le 24 mai à la gare de Saâcy-sur-Marne. Derrière cet acte choquant, l’audience a révélé une histoire personnelle marquée par un lourd traumatisme.
Ce samedi-là, alors qu’il attendait un train sur la ligne P, le jeune homme a été submergé par une pulsion irrépressible. Pendant près d’une heure et demie, il s’est masturbé sur le quai, d’abord à travers son pantalon, avant de baisser ce dernier relate Le Parisien. Conscient de la présence de voyageurs, il a changé de voie pour éviter les regards. Deux femmes témoins, bien qu’absentes à l’audience, ont confirmé ses tentatives de se dissimuler.
Un passé d’abus révélateur
Interrogé par la présidente du tribunal, l’homme ne nie pas les faits. Au contraire, il tente de les expliquer : « Je n’ai pas eu d’enfance heureuse. Ma tante, qui m’a élevé, m’obligeait à me masturber devant elle. » Un abus répété durant plusieurs années, qui a laissé de profondes séquelles psychiques. « J’ai été formaté à faire ça », dit-il avec calme, contrastant avec la gravité des faits.
Il affirme aujourd’hui être suivi par une psychiatre, mais la distance (plusieurs heures de transport) complique la régularité des consultations. Un stress chronique déclenche chez lui des crises incontrôlables : « Ce n’est pas une volonté de nuire, mais un mécanisme que je ne contrôle pas. »
Un profil qui interroge la justice
La juge, surprise par le contraste entre l’attitude posée du prévenu et les faits, note : « Vous me paraissez extrêmement réfléchi et raisonné. » Pour autant, elle rappelle les risques : « Vous vous rendez compte s’il y avait eu des enfants ? »
L’expertise psychiatrique confirme un stress post-traumatique complexe, une absence de dangerosité au sens clinique, mais un risque élevé de récidive. Il avait déjà été condamné pour des faits similaires en décembre par le tribunal de Soissons. Une autre procédure est en cours.
Des moyens psychiatriques insuffisants
Son avocat, Me Thierry Benkimoun, a tenu à souligner que son client ne cherche pas à s’exhiber aux autres pour en retirer du plaisir, mais tente plutôt de fuir le regard, dans une logique opposée à celle de l’exhibitionnisme habituel. Il dénonce le manque de moyens dans la prise en charge psychiatrique : « Mon client se débat avec la pauvreté des soins disponibles. Il voudrait voir un psy plus souvent, mais les distances et les délais rendent cela presque impossible. »
La substitute du procureur avait requis six mois de prison ferme avec aménagement de peine. Le tribunal a finalement prononcé six mois avec sursis, tenant compte de la fragilité du prévenu, mais aussi de la gravité des faits.
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