Guyane : Gérald Darmanin frappe fort contre le narcotrafic avec une prison ultrasécurisée en pleine jungle amazonienne
Montrez votre soutien aux forces de l’ordre en ajoutant notre média à vos favoris sur GoogleÀ Saint-Laurent-du-Maroni, le ministre de la Justice annonce la construction d’un établissement pénitentiaire inédit, isolé au cœur de la forêt tropicale, pour neutraliser les barons de la drogue et les détenus radicalisés.
C’est une annonce qui résonne comme un coup de tonnerre dans la moiteur tropicale de la Guyane. Gérald Darmanin, en déplacement à Saint-Laurent-du-Maroni, a révélé dans les colonnes du Journal du dimanche un projet spectaculaire : la construction d’une prison de haute sécurité, littéralement enfouie dans la jungle amazonienne. Ce complexe pénitentiaire, d’un coût estimé à 400 millions d’euros, se veut un verrou stratégique dans la guerre que le ministre de la Justice mène contre le narcotrafic et le terrorisme.
Une forteresse au bout du monde
À 300 kilomètres de Cayenne, accessible uniquement par avion ou pirogue, la future prison accueillera jusqu’à 500 détenus, dont une soixantaine dans un quartier de haute sécurité et une quinzaine classés radicalisés ou fichés S. « J’ai décidé d’implanter en Guyane la troisième prison de haute sécurité de France. Un régime carcéral extrêmement strict, et un objectif : mettre hors d’état de nuire les profils les plus dangereux du narcotrafic », martèle Darmanin.
Sur les plans dévoilés, le site surgit de la canopée comme un bastion hors du temps. Bâtie volontairement loin de tout, cette prison s’ancre dans un isolement total, à la fois géographique et sécuritaire. Loin des pressions extérieures, des complicités potentielles, des relais criminels. Une stratégie assumée par le garde des Sceaux : « Ce ne sera pas une prison de plus, mais une ligne de front. »
Un clin d’œil à l’histoire… sans nostalgie
Difficile de ne pas voir, dans le choix de Saint-Laurent-du-Maroni, un écho amer au passé pénitentiaire du territoire. L’ancien port du bagne, où des milliers de forçats ont été envoyés entre 1850 et 1938, reste chargé de symboles. Mais le ministre réfute toute provocation : « Cette prison n’a rien d’un camp disciplinaire. C’est un outil de souveraineté. »
Souveraineté, le mot revient comme un leitmotiv dans le discours de Darmanin. Car en Guyane, territoire ultra-marin stratégique et fragile, les trafics se sont enracinés. Cocaïne, orpaillage illégal, immigration clandestine : la région est devenue une plaque tournante de réseaux transnationaux. « Ce n’est pas seulement une question de justice, c’est une question de contrôle du territoire », insiste-t-il.
Une justice au bord de la rupture
La situation locale est critique. Le centre pénitentiaire de Rémire-Montjoly est saturé, les services judiciaires débordés, la violence endémique. À l’aéroport de Cayenne, un passager sur trois transportant de la drogue : telle est l’estimation glaçante des autorités. Face à cette réalité, la prison de Saint-Laurent apparaît comme une réponse forte – mais aussi comme un symbole politique. « L’État est de retour », affirme Darmanin. Et cette fois, il entend le prouver par les actes.
Une doctrine assumée : frapper fort, frapper juste
Depuis son arrivée Place Vendôme, Gérald Darmanin n’a cessé de durcir le ton face au narcotrafic. Il entend briser la chaîne à tous les niveaux : des mules locales aux têtes de réseau internationales. Son plan repose sur trois piliers : l’isolement carcéral des trafiquants les plus influents, l’expulsion des détenus étrangers, et la coopération renforcée avec les pays d’origine des cartels.
Après le Brésil, où il a récemment négocié un traité de transfèrement avec son homologue Ricardo Lewandowski, Darmanin se rendra au Pérou et en Colombie. Objectif : élargir l’alliance anti-drogue à l’ensemble du continent sud-américain. « Le Brésil et la France font face aux mêmes réseaux. C’est une guerre que nous devons mener ensemble », plaide-t-il.
Vers une révolution carcérale
Le projet guyanais s’inscrit dans une politique pénitentiaire plus vaste. Face à l’engorgement du système, le ministre relance la construction de nouvelles places, notamment via des prisons modulaires. L’appel d’offres pour 1 500 premières places sera lancé lundi, un second suivra en juin.
Mais au-delà des chiffres, c’est une philosophie que Darmanin défend : celle d’un État réactif, ferme, capable de rétablir l’autorité jusqu’à ses confins. En Guyane, cette prison incarne plus qu’un mur. Elle trace une frontière. Entre la République et les cartels. Entre l’ordre et le chaos.
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