« Je me suis vu mourir » : Un père de famille brestois témoigne après une violente agression
Montrez votre soutien aux forces de l’ordre en ajoutant notre média à vos favoris sur GoogleCe qui devait être un dimanche soir ordinaire s’est transformé en cauchemar pour Yann (*), un père de famille brestois. Pris à partie par un groupe de jeunes devant chez lui, il livre un témoignage poignant sur la violence qu’il a subie, mais aussi un message d’humanité à ses agresseurs.
Il était environ 22 h 30 lorsque Yann, installé dans son salon avec son épouse pour regarder un film, entend un vacarme à l’extérieur. Dans sa rue, habituellement paisible, un groupe d’une dizaine à une quinzaine de jeunes s’en prend à des voitures, dont la sienne. Hors de lui, il décide de sortir pour comprendre, et finit par les suivre. Avec le recul, il admet au Télégramme : « C’était idiot. »
Très impliqué dans les mouvements scouts et père de six enfants, Yann espérait pouvoir dialoguer avec ces jeunes. Mais ses intentions pacifiques sont rapidement balayées par une violence inattendue. « Quatre d’entre eux se sont cachés et m’ont attaqué par-derrière. Un coup à la cuisse m’a mis au sol. Ensuite, les autres se sont jetés sur moi. »
Il se protège tant bien que mal, recroquevillé sur lui-même. « Ils frappaient pour tuer. Peut-être sans en avoir conscience, mais quand on donne des coups de pied à la tête, le risque est là. » Ce passage à tabac dure ce qui lui semble une éternité, jusqu’à ce qu’un voisin allume sa lumière extérieure, provoquant la fuite des assaillants.
La police, prévenue par son épouse, arrive quelques instants plus tard. Yann est gravement contusionné : œil tuméfié, hématomes sur les bras, les mains, la cuisse. Le diagnostic médical lui prescrit dix jours d’incapacité totale de travail (ITT). « Une semaine plus tard, physiquement, ça va un peu mieux. Psychologiquement, c’est autre chose. »
Sur les conseils de sa psychologue et de sa femme, Yann décide de briser le silence. Il publie un message sur LinkedIn, un réseau qu’il utilise régulièrement : « Je voulais que ceux qui m’ont frappé sachent qui je suis. Ils m’ont vu comme une cible, un obstacle à leur sortie pour tout casser. Au final, je les plains plus que je ne leur en veux. »
Le soir de l’agression, quatre mineurs sont interpellés. Ils seront relâchés 24 heures plus tard, faute de preuves suffisantes. Yann en est conscient : « On m’a dit qu’il n’était pas possible de leur parler. Je comprends. Mais j’avais besoin de leur adresser ce message pour pouvoir avancer. »
Une enquête est en cours, notamment pour les dégradations matérielles, et le parquet a été saisi. Pour Yann, ce témoignage public est aussi une façon de se reconstruire, et d’affirmer une volonté de dialogue malgré la violence.
(*) Le prénom a été modifié.
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