Naturalisation : Bruno Retailleau durcit le ton dans une nouvelle circulaire
Montrez votre soutien aux forces de l’ordre en ajoutant notre média à vos favoris sur GoogleLe ministre de l’Intérieur a diffusé une nouvelle circulaire aux préfets, imposant des critères plus stricts pour l’acquisition de la nationalité française, sans modifier en profondeur le cadre juridique existant.
Le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, a adopté une ligne plus restrictive en matière de naturalisation avec la publication d’une nouvelle circulaire, révélée par Le Figaro et consultée par l’AFP, ce dimanche 4 mai. Ce document de cinq pages, assorti de la charte des droits et des devoirs du citoyen français, doit être officiellement présenté lundi lors d’un déplacement à la préfecture du Val-de-Marne, à Créteil.
La circulaire, adressée à l’ensemble des préfets, souligne que « la jurisprudence établit la naturalisation non comme un droit, mais comme une décision souveraine du gouvernement ». Elle réaffirme ainsi une philosophie plus restrictive de l’accès à la nationalité, tout en s’inscrivant dans une continuité juridique.
Ce nouveau texte marque une étape supplémentaire dans la politique migratoire menée par Bruno Retailleau, candidat à la présidence du parti Les Républicains et partisan d’une ligne dure sur l’immigration.
Des critères d’intégration renforcés
Parmi les évolutions notables, les candidats à la naturalisation devront désormais démontrer une « insertion professionnelle » sur cinq années, un critère renforcé par rapport aux exigences précédentes. Le texte insiste également sur l’autonomie financière, précisant que les « ressources suffisantes et stables » requises devront être exclues des prestations sociales.
La circulaire impose par ailleurs un niveau plus élevé de maîtrise de la langue française et une adhésion claire aux valeurs de la République. Les préfets sont invités à apprécier « l’exemplarité du parcours du demandeur », notamment au regard d’éventuels séjours irréguliers passés.
Un contexte de hausse des naturalisations
En 2024, les acquisitions de nationalité française ont connu une hausse de 8,3 % par rapport à l’année précédente, atteignant 66 745 personnes. Ce rebond s’expliquerait par un effet de rattrapage après une année 2023 marquée par des difficultés techniques, selon la direction générale des étrangers en France.
Cette nouvelle circulaire intervient quelques mois après la révision, en janvier, de la circulaire Valls sur les régularisations des sans-papiers. Elle s’appuie sur des dispositions introduites par la loi Darmanin et s’inscrit dans une volonté affichée de reprise en main de la politique d’immigration au plus haut niveau de l’État.
Un bilan d’application de ces nouvelles directives devra être remis au ministre d’ici trois mois.
À lire également
Plus de 1 000 chevaux contrôlés lors de 24 perquisitions européennes dont sept en France pour une fraude d’identité
Séquestrations, enlèvements, violences : pourquoi les propriétaires de cryptomonnaies sont de plus en plus ciblés en France
Qui est « Lucky » ? La police d’Amsterdam cherche à identifier cet homme sans nom qui a tout oublié après un AVC
