Inédit en France : Les prisons de Vendin-le-Vieil et Condé-sur-Sarthe accueilleront les plus grands narcotrafiquants
Montrez votre soutien aux forces de l’ordre en ajoutant notre média à vos favoris sur GoogleLe ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a annoncé ce jeudi soir que les prisons de Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais) et de Condé-sur-Sarthe (Sarthe) accueilleront d’ici à la fin du mois de juillet les 200 narcotrafiquants les plus dangereux du pays.
Cette décision s’inscrit dans le cadre d’un nouveau régime carcéral d’isolement extrêmement strict, inspiré des mesures anti-mafia en Italie.
Une politique de fermeté affirmée
Lors de son intervention au journal télévisé de France 2, Gérald Darmanin a déclaré : « J’ai décidé de taper fort », mettant en avant la volonté de l’État d’affirmer sa fermeté face à la criminalité organisée. Cette décision intervient après l’affaire Mohamed Amra, dont l’évasion en mai 2024 avait entraîné la mort de deux agents pénitentiaires.
Selon le ministre, ces établissements recevront en premier lieu 100 prisonniers à Vendin-le-Vieil le 31 juillet, suivis de 100 autres à Condé-sur-Sarthe le 15 octobre. Ces détenus seront majoritairement des narcotrafiquants, mais aussi des individus jugés dangereux, tels que des terroristes islamistes.
Les prisons de Saint-Maur (Indre) et d’Arles (Bouches-du-Rhône), initialement envisagées, n’ont finalement pas été retenues après les visites du ministre. Il a également précisé qu’un mois et demi de travaux seraient nécessaires pour renforcer la sécurité des établissements choisis, notamment en y installant des dispositifs anti-communication avec l’extérieur.
Un régime carcéral strict et controversé
Le nouveau régime de détention mis en place pour ces prisonniers comprend plusieurs mesures drastiques :
- Fouilles intégrales systématiques après tout contact avec l’extérieur,
- Parloirs équipés d’hygiaphones pour limiter les contacts physiques,
- Accès au téléphone strictement encadré.
Ces nouvelles mesures ont été adoptées sous forme d’amendement à la proposition de loi sur la lutte contre le narcotrafic, validé mercredi par la commission des lois de l’Assemblée nationale. Selon le ministre, elles permettront un contrôle renforcé des détenus les plus dangereux pour prévenir toute tentative de corruption ou d’intimidation depuis leur cellule.
Toutefois, ces dispositions ne font pas l’unanimité. L’Observatoire international des prisons a vivement critiqué ces mesures, les qualifiant d’ « attentatoires aux droits fondamentaux ». De son côté, le Syndicat de la magistrature a refusé de participer à une réunion organisée mercredi par Gérald Darmanin à la Chancellerie, déplorant l’absence de consultation des organisations représentatives avant l’annonce du plan « narcoprison ».
Une première mise à l’épreuve
Le cas de Mohamed Amra illustre déjà la mise en application de ces nouvelles mesures. Arrêté en Roumanie et extradé vers la France, il est actuellement incarcéré dans le centre ultra-sécurisé de Condé-sur-Sarthe. Ce transfert marque le début de la stratégie gouvernementale visant à isoler les détenus les plus influents et dangereux.
Reste à voir si ce durcissement du régime carcéral permettra de réduire l’emprise des narcotrafiquants sur les réseaux criminels, ou s’il ne fera qu’alimenter le débat sur les limites de la politique pénitentiaire en France.
À lire également
Deux surveillants blessés par un détenu lors d’un changement de cellule à Saint-Brieuc, une enquête ouverte
262 détenus et 55 matelas au sol à la prison de Pau, les syndicats menacent d’un blocage total
Trois détenus transférés de Domenjod vers l’Hexagone après la bagarre générale, une première à La Réunion