« Je veux mourir belle » : le choix courageux de Muriel, 37 ans, face à la maladie
Montrez votre soutien aux forces de l’ordre en ajoutant notre média à vos favoris sur GoogleTémoignage – Atteinte de la maladie de Crohn et ayant combattu quatre cancers, Muriel Roccaserra, 37 ans, vient d’apprendre qu’elle est atteinte d’une tumeur incurable. Déterminée à partir dignement, elle entame des démarches pour recourir à l’aide médicale à mourir en Belgique.
Depuis l’enfance, Muriel Roccaserra lutte contre la maladie. Diagnostiquée de la maladie de Crohn à seulement 11 ans, elle a ensuite affronté quatre cancers : au côlon, à la vésicule biliaire, au rectum et au foie. En janvier 2025, un cinquième cancer, cette fois incurable, a été découvert au niveau de son pancréas. Consciente que ses jours sont comptés et pesant désormais seulement 38 kg, elle a pris une décision radicale : se rendre en Belgique pour bénéficier d’une aide à mourir, un droit encore interdit en France.
« Je veux être actrice de ma fin de vie »
Dans un entretien accordé à France Bleu, Muriel explique son choix avec une lucidité bouleversante. « Je refuse aujourd’hui de continuer comme ça. J’ai toute ma tête, je sais que je n’ai plus de côlon, plus de rectum, et que mon foie est malade. Je veux mourir dans la dignité, être actrice de moi-même jusqu’au bout. » Pour elle, il est essentiel de pouvoir dire au revoir à ses proches en toute conscience et sérénité. « Je souhaite mourir belle, me faire maquiller et porter ma plus jolie tenue. Je veux que mon dernier souffle soit à mon image. »
Une décision longuement mûrie
Muriel confie que cette idée de partir en Belgique lui trottait en tête depuis plusieurs années, sans pour autant qu’elle ne l’ait approfondie. « J’aime trop la vie pour avoir franchi ce cap auparavant. Mais aujourd’hui, je sais que mon cancer est incurable. Je suis plus que déterminée. Je ne veux pas finir dans la souffrance sur un lit d’hôpital. »
L’annonce de cette décision à ses proches n’a pas été facile. « J’avais peur qu’ils me disent de continuer à me battre, mais au contraire, ils m’ont soutenue. Ils savent ce que j’endure depuis toujours. » Parmi eux, sa fille de 12 ans, à qui elle a dû expliquer l’inexplicable. « Elle me voit souffrir chaque jour. Depuis sa naissance, je suis malade. Mais cette fois, il fallait lui dire que ce cancer-là, il ne se soigne pas. »
« Je n’ai pas peur de mourir, j’ai peur d’arrêter de vivre »
Malgré ce choix, Muriel insiste sur un point : elle ne renonce pas à se battre. « Je ne veux pas que l’on pense que je fais ça parce que j’en ai marre de vivre. Si je pouvais vivre sans souffrir, je le ferais. Mais je n’ai pas peur de mourir, j’ai peur d’arrêter de vivre. »
Pour réaliser son souhait, elle doit quitter la France. Malgré un projet de loi sur l’aide à mourir qui devait être présenté en 2024, la dissolution de l’Assemblée nationale a mis fin aux débats. « J’espère que mon histoire aidera à faire bouger les choses. Que mon combat servira à ouvrir les yeux sur la nécessité de mourir dignement en France. »
En attendant, Muriel prépare son dernier voyage avec une force admirable. Son ultime victoire, dit-elle, serait de partir en laissant une empreinte, pour que d’autres puissent un jour choisir leur fin de vie sans devoir s’exiler.
Une cagnotte pour concrétiser ses derniers souhaits
Depuis plus de 15 ans, Muriel ne peut plus travailler et vit avec de faibles aides. Financer ces derniers voyages est un défi. « Lancer une cagnotte, c’est difficile, on a l’impression de quémander », confie Sandrine, l’une de ses amies proches.
Mais il n’y a pas d’autre solution : 10 000 euros sont nécessaires pour offrir à Muriel ces derniers instants de sérénité. Cette somme permettra de couvrir les frais de déplacement, d’hébergement et d’accompagnement dans cette épreuve. Un élan de solidarité s’organise autour d’elle, porté par ceux qui veulent lui offrir la dignité qu’elle réclame jusqu’au bout. Participez facilement à la cagnotte en clinquant ici.
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