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Attentat de la Basilique de Nice : Trois victimes, un procès, et une « amnésie fictive » au cœur des débats

·La rédaction ⏱ 3 min
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Paris, le 10 février 2025 – Quatre ans après l’attentat de la basilique Notre-Dame de l’Assomption à Nice, le procès de Brahim Aouissaoui, principal accusé de cette attaque terroriste, s’ouvre aujourd’hui devant la cour d’assises spéciale de Paris.

Cet attentat, perpétré le 29 octobre 2020, avait coûté la vie à trois personnes. L’accusé encourt la réclusion criminelle à perpétuité.

Une audience sous haute tension

Le début du procès était prévu à 10 heures, dans une salle composée uniquement de magistrats professionnels. Brahim Aouissaoui, Tunisien de 25 ans, est jugé pour assassinats et tentatives d’assassinat en relation avec une entreprise terroriste. Son interrogatoire sur les faits est programmé pour le 24 février. Le procès devrait se tenir jusqu’au 26 février.

Une « amnésie fictive » contestée

Gravement blessé lors de son interpellation par la police, Brahim Aouissaoui affirme depuis ne plus se souvenir de l’attaque. Toutefois, les expertises médicales et psychiatriques n’ont décelé aucune lésion cérébrale ni trouble mental altérant son discernement.

Selon l’accusation, des écoutes téléphoniques en prison révèlent que son amnésie serait une supercherie. Plusieurs avocats des parties civiles, dont Me Philippe Soussi, dénoncent une stratégie de défense fondée sur le mensonge et rappellent que « sa radicalisation est ancienne et profonde ».

Son avocat, Me Martin Méchin, souligne quant à lui l’importance d’évaluer son état psychologique après quatre années de détention à l’isolement total, afin de garantir un procès équitable.

Une radicalisation avérée

D’après le parquet antiterroriste, Aouissaoui aurait préparé son attentat bien avant son arrivée en France. Son téléphone et son compte Facebook attestent de ses consultations répétées de sites islamistes radicaux, ainsi que de son intérêt pour la décapitation du professeur Samuel Paty, survenue quelques jours avant l’attaque.

Avant de quitter la Tunisie, il échangeait avec des individus impliqués dans des dossiers terroristes. La veille de l’attentat, il confiait à un compatriote en France avoir « un autre programme » en tête, précisant : « Que Dieu le facilite. »

Le récit glaçant de l’attaque

Le matin du 29 octobre 2020, Brahim Aouissaoui fait irruption dans la basilique Notre-Dame de l’Assomption à Nice, armé d’un couteau de cuisine. Il s’en prend violemment aux fidèles présents :

  • Nadine Vincent, 60 ans, est quasi-décapitée.
  • Simone Barreto Silva, 44 ans, poignardée 24 fois, réussit à fuir mais succombe à ses blessures.
  • Vincent Loquès, 55 ans, sacristain et père de famille, est égorgé.

L’attaque s’inscrit dans une vague de violences djihadistes ayant marqué l’automne 2020, notamment après la republication par Charlie Hebdo des caricatures du prophète Mahomet.

Un procès attendu par les victimes

Une trentaine d’avocats représentent les parties civiles, incluant les familles des victimes et l’Association française des victimes du terrorisme (AFVT). Contrairement à d’autres grands procès terroristes, cette audience ne se tiendra pas dans la salle des « grands procès » du palais de justice, en raison de sa fermeture imminente.

L’ouverture de ce procès marque une étape cruciale pour les proches des victimes et les parties civiles, en quête de justice et de vérité.

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