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La justice annule l’OQTF de l’influenceur algérien Doualemn : Le ministère de l’intérieur annonce faire appel de cette décision

·La rédaction ⏱ 3 min
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Le tribunal administratif de Melun (Seine-et-Marne) a annulé ce jeudi l’obligation de quitter le territoire français (OQTF) visant Boualem Naman, alias « Doualemn », ouvrant ainsi la voie à sa sortie du centre de rétention administrative (CRA). Cette décision intervient après plusieurs rebondissements judiciaires et diplomatiques concernant ce ressortissant algérien de 59 ans.

Une expulsion avortée et un retour en France

Boualem Naman, résidant à Montpellier (Hérault), avait été expulsé vers l’Algérie le 9 janvier dernier après avoir été placé en garde à vue à la suite de la diffusion sur TikTok d’une vidéo controversée. Comme le relate Actu17, ses propos, initialement qualifiés d’ »appel au meurtre » par les autorités françaises, avaient finalement été interprétés par la justice comme une incitation à « attraper » un opposant au régime algérien et à lui infliger une « correction sévère ». Relâché après sa garde à vue, il avait été convoqué pour un procès prévu le 24 février.

Toutefois, l’Algérie avait immédiatement refusé son retour, le renvoyant en France et provoquant une crise diplomatique. Le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau avait alors dénoncé une volonté « d’humilier la France ». Le 29 janvier, le tribunal administratif de Paris avait suspendu son expulsion, estimant que la procédure d’urgence engagée par le ministère de l’Intérieur n’était pas justifiée. Malgré cela, la préfecture de l’Hérault avait pris de nouveaux arrêtés visant à éloigner Boualem Naman du territoire français, mesures aujourd’hui annulées par la justice.

Une décision contestée par l’État

Dans son jugement, le tribunal administratif de Melun a ordonné à la préfecture de « réexaminer la situation de l’intéressé dans un délai de trois mois et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour durant le temps de ce réexamen ». Cependant, le ministère de l’Intérieur a d’ores et déjà annoncé son intention de faire appel de cette décision, bien que cet appel ne soit pas suspensif. Par ailleurs, la Commission départementale d’expulsion des étrangers (COMEX) se réunira le 19 février pour examiner son dossier et statuer sur une éventuelle expulsion.

La défense dénonce un « acharnement »

Les avocates de Boualem Naman, Mes Marie David-Bellouard et Julie Gonidec, ont vivement réagi à cette décision. « Doualem sort de rétention. Le tribunal administratif vient d’annuler les décisions d’obligations de quitter le territoire, fondement du placement en rétention de Doualem. Ces décisions prises le 29 janvier, quelques heures seulement après la suspension de la décision d’expulsion initiale, avaient pour unique objectif de le maintenir enfermé », ont-elles déclaré. Elles dénoncent un « acharnement féroce et aveugle, aujourd’hui sanctionné », et considèrent que « le ministère a joué son va-tout et a perdu ».

Un dossier toujours en suspens

Si cette décision permet à Boualem Naman de quitter le CRA, son avenir sur le sol français reste incertain. La préfecture doit désormais statuer sur sa situation dans les trois mois à venir, tandis que l’État pourrait multiplier les recours pour obtenir son éloignement définitif. La réunion de la COMEX le 19 février pourrait être un nouvel épisode clé dans cette affaire à forte charge politique et diplomatique.

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