Évasion de Mohamed Amra : Ce que les surveillants avaient signalé avant le drame
Montrez votre soutien aux forces de l’ordre en ajoutant notre média à vos favoris sur GoogleNeuf mois après son évasion spectaculaire qui a coûté la vie à deux surveillants pénitentiaires au péage d’Incarville, Mohamed Amra reste introuvable.
Des documents révélés par RTL mettent en lumière les alertes lancées par les surveillants de la maison d’arrêt d’Évreux quelques jours avant les faits, pointant la dangerosité du détenu et son comportement suspect.
Des signes précurseurs ignorés
Le 12 mai 2024, deux jours avant l’évasion, un surveillant signale dans ses observations qu’Amra possède un téléphone portable et prend des photos des barreaux de sa cellule. Le lendemain, un autre agent rapporte qu’à 22 heures, il a entendu Amra demander à un codétenu de contacter une personne à l’extérieur pour lui envoyer un téléphone.
Le 14 mai, à 10 heures, alors que Mohamed Amra est présent au bureau de la juge d’instruction de Rouen, un téléphone est finalement retrouvé dans sa cellule. À midi, après l’évasion sanglante, deux détenus confient à un surveillant qu’Amra s’était vanté d’attendre un colis contenant de l’explosif. Ces indices auraient pu alerter sur la préparation d’une évasion imminente.
Un environnement carcéral inadapté
Arrivé à la maison d’arrêt d’Évreux en avril 2024 en provenance des Baumettes à Marseille, Mohamed Amra a passé un mois dans un établissement dépourvu de mirador, de quartier d’isolement et de glacis de sécurité.
Son comportement y a suscité des inquiétudes, avec plusieurs incidents et demandes particulières. Il réclame sa propre couette, prétendant souffrir d’allergies, et son parloir avec sa mère est interrompu prématurément, celle-ci paraissant « apeurée et perdue ».
Dès le 5 mai, les agents pénitentiaires reçoivent pour consigne de rédiger des observations sur son comportement à chaque service. La direction semble donc consciente du risque qu’il représente, mais aucune mesure stricte n’est prise.
Un manque de vigilance fatal
Malgré un profil jugé « à risque », la dangerosité de Mohamed Amra est sous-estimée. Un rapport de la Direction interrégionale des services pénitentiaires de Rennes, daté du 30 avril 2024, préconisait une escorte pénitentiaire de niveau 3 renforcée, estimant le détenu susceptible de bénéficier de complicités extérieures.
Pourtant, le 13 mai, la veille de l’évasion, l’Autorité de régulation des extractions judiciaires de Rennes rejette la demande d’escorte supplémentaire, arguant que Mohamed Amra n’est pas un « détenu particulièrement signalé ».
Ce manque de vigilance s’avère dramatique. Le lendemain, lors de son transfert de Rouen à Évreux, un commando armé attaque le convoi au péage d’Incarville. Deux surveillants sont tués, trois autres grièvement blessés. Mohamed Amra, lui, disparaît dans la nature.
Une cavale qui interroge
Neuf mois plus tard, la traque se poursuit, sans succès. Les dernières informations disponibles indiquent qu’il pourrait bénéficier d’un soutien logistique important. Ce fiasco suscite de nombreuses interrogations sur la gestion des détenus à haut risque et la coordination entre les services pénitentiaires et les forces de l’ordre.
L’évasion de Mohamed Amra rappelle cruellement les failles de la sécurité carcérale en France.
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