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Nordahl Lelandais en prison : Un ancien codétenu raconte son quotidien

·La rédaction ⏱ 3 min
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Depuis son incarcération au centre pénitentiaire de Saint-Quentin-Fallavier, en Isère, Nordahl Lelandais, suspecté des meurtres de la petite Maëlys de Araujo et du caporal Arthur Noyer, vit dans un isolement quasi total. Un ancien codétenu, Mathieu (1), témoigne du quotidien de l’ancien maître-chien de l’armée pour Midi Libre.

Une incarcération sous haute surveillance

En juillet 2018, Nordahl Lelandais a été transféré à Saint-Quentin-Fallavier sous une escorte impressionnante, susciant la curiosité des détenus-travailleurs. « Il devait y avoir une dizaine de surveillants autour de lui », raconte Mathieu. Ce déploiement inhabituel a rapidement attiré l’attention. Dès son arrivée, il a été placé à l’isolement, une mesure rarement appliquée aussi strictement.

Une vie coupée du reste des détenus

Contrairement à certaines rumeurs, Lelandais n’a jamais partagé sa cellule avec d’autres prisonniers. Les portes étaient systématiquement fermées lorsqu’il circulait, et il n’apparaissait jamais dans les lieux de vie collectifs. « C’est un quartier à part dans la prison, où les détenus sont enfermés dans des cellules individuelles », explique l’ancien détenu.

Le régime carcéral du suspect repose sur une sécurité stricte pour éviter les représailles. « En prison, les violeurs ne sont pas bien vus. Ils se font insulter, on les appelle les pointeurs ou les pointus. Certains détenus promettaient de s’occuper de lui s’ils le croisaient », confie Mathieu. La prison de Saint-Quentin-Fallavier accueille des détenus aux profils très variés, allant des meurtriers aux trafiquants en passant par les violeurs.

Entre isolement et tensions avec les surveillants

Le rapport de Lelandais avec le personnel pénitentiaire était contrasté. « Certains le traitaient comme n’importe quel autre détenu, d’autres cherchaient à le fragiliser psychologiquement en lui refusant des douches ou en retenant son courrier plusieurs jours », raconte Mathieu. Parfois, il était privé de téléphone ou soumis à des retards volontaires dans son emploi du temps, autant de petites brimades qui finissent par peser sur le moral d’un détenu isolé. Un quotidien pesant, qui aurait eu des conséquences visibles sur son apparence : « Il avait pris entre 30 et 40 kg et s’était laissé pousser une barbe poivre et sel ».

Un suivi médical strict

Lelandais recevait un traitement médicamenteux à base de Tercian, de Valium et parfois de Subutex, des substances couramment administrées aux détenus souffrant de troubles du sommeil, d’anxiété ou de toxicomanie. « Avec ces médicaments, ils sont assommés toute la journée », précise Mathieu, laissant entendre un état psychologique dégradé.

Des visites sous haute protection

Si Nordahl Lelandais recevait régulièrement la visite de son avocat, c’est surtout la présence de sa mère qui a marqué les esprits. « Elle venait souvent et était convaincue de l’innocence de son fils, au point de venir avec des fillettes de la famille », s’insurge Mathieu. Le parloir lui-même était aménagé pour lui éviter tout contact avec les autres détenus, en utilisant des cabines hygiaphones séparées par une vitre.

Une détention marquée par l’isolement

Son quotidien en prison se limite à quelques activités restreintes : enfermé dans une cellule de 9 m² avec un lit, un lavabo, des toilettes et une télévision, il sort une heure par jour dans une petite cour grillagée de 5 m². « Il tourne en rond, sans contact avec personne. C’est un régime austère comparé aux autres prisonniers qui peuvent aller à la bibliothèque ou faire du sport s’ils se tiennent bien », précise Mathieu.

Quant aux rumeurs sur ses aveux depuis sa cellule, l’ancien détenu reste sceptique : « Difficile d’imaginer qu’il ait pu parler de ce qu’il a fait par une simple fenêtre, au risque d’être entendu par d’autres ». Toutefois, certains codétenus affirment avoir recueilli des confidences par ce biais, alimentant les discussions et les suspicions.

(1) Pour des raisons de sécurité, le prénom a été changé.

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