Cette nuit, plus de 700 arrestations et de nombreux dégâts causés par les émeutes liées à la mort de Nahel
Montrez votre soutien aux forces de l’ordre en ajoutant notre média à vos favoris sur GoogleLa vague de violences qui a éclaté dans plusieurs villes de France à la suite du décès du jeune Nahel, neutralisé lors d’un contrôle routier à Nanterre, a connu un ralentissement dans la nuit de samedi à dimanche, peu de temps après les funérailles du jeune homme qui se sont déroulées à l’abri des caméras.
Selon le ministère de l’Intérieur, 719 personnes ont été interpellées, un bilan encore provisoire. À ce stade, on dénombre 45 policiers et gendarmes blessés, 577 véhicules incendiés, 74 bâtiments détruits et 871 incendies sur la voie publique.
Contrairement à la veille, les pillages ne se sont pas répétés, notamment à Marseille et à Lyon, les principales agglomérations touchées la veille. Sur la célèbre Canebière, des forces de l’ordre, assistées par les unités d’élite du Raid et du GIGN, ont réussi à disperser les groupes de jeunes qui avaient semé le chaos la veille. La préfecture de police des Bouches-du-Rhône a déclaré : “On n’assiste pas du tout aux scènes de pillage d’hier”, signalant 56 arrestations vers minuit.
À Paris, un important dispositif de sécurité a été déployé le long des Champs-Élysées, où des appels à se rassembler circulaient sur les réseaux sociaux depuis vendredi. Des petits groupes de jeunes vêtus de noir déambulaient devant les commerces, dont les devantures étaient protégées par des planches en bois. Le célèbre restaurant Le Fouquet’s a accueilli normalement ses clients pour le dîner. Les derniers groupes ont été dispersés avant 2 heures du matin.
Peu d’incidents sérieux ont été signalés en banlieue parisienne, d’où les émeutes ont débuté. Cependant, à Vigneux (Essonne), des policiers ont été la cible de tirs de mortiers d’artifice. Selon le ministère de l’Intérieur, 194 personnes avaient été interpellées à 2 h 30 dans Paris et sa banlieue.
Les violences déclenchées par la mort de Nahel ont suscité l’indignation et la colère des habitants, notamment en raison des destructions et des pillages de commerces. Plus de 1 350 véhicules ont été incendiés, 266 bâtiments ont été dégradés, dont 26 mairies et 24 écoles, et 2 560 feux ont été comptabilisés sur la voie publique dans la nuit de vendredi à samedi, selon le ministère de l’Intérieur. Des bâtiments de la police et de la gendarmerie ont été attaqués et 79 policiers et gendarmes ont été blessés. Le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, a averti : “La prochaine personne qui touche un policier ou un gendarme doit savoir qu’elle sera retrouvée”.
Ces émeutes rappellent celles de 2005, lorsque la France avait été secouée par des troubles suite à la mort de deux adolescents poursuivis par la police. Le policier de 38 ans qui a tiré sur Nahel a été mis en examen pour homicide volontaire et placé en détention provisoire jeudi après-midi.
Les répercussions de ces violences sont surveillées de près à l’étranger, notamment en raison de la Coupe du monde de rugby qui aura lieu en automne en France, suivie des Jeux olympiques à Paris à l’été 2024. De nombreux pays européens, dont la Grande-Bretagne, ont mis à jour leurs conseils aux voyageurs, les avertissant de ne pas se rendre dans les zones touchées par les violences.
La question de l’état d’urgence reste d’actualité, alors que de nombreuses communes ont instauré un couvre-feu et que les réseaux de transport en commun ont été fermés plus tôt que prévu, notamment les bus et les tramways d’Île-de-France à partir de 21 heures.
En cette journée de samedi, Nahel a été inhumé au cimetière du Mont-Valérien à Nanterre en présence de sa mère, de sa grand-mère et de plusieurs centaines de personnes lors d’une cérémonie empreinte de calme et de recueillement, sans débordement.
À lire également
Plus de 1 000 chevaux contrôlés lors de 24 perquisitions européennes dont sept en France pour une fraude d’identité
Séquestrations, enlèvements, violences : pourquoi les propriétaires de cryptomonnaies sont de plus en plus ciblés en France
Qui est « Lucky » ? La police d’Amsterdam cherche à identifier cet homme sans nom qui a tout oublié après un AVC