Fin de la garde à vue de l’auteur de l’attaque au couteau à Annecy. L’assaillant refuse de coopérer
Montrez votre soutien aux forces de l’ordre en ajoutant notre média à vos favoris sur GoogleLa garde à vue d’Abdalmasih H., un réfugié syrien responsable de l’attaque au couteau qui a blessé six personnes, dont quatre jeunes enfants, dans un parc d’Annecy, prend fin ce samedi 10 juin 2023. Malgré les efforts des enquêteurs, le suspect reste muet et se comporte de manière agitée, se roulant par terre. La procureure d’Annecy, Line Bonnet-Mathis, tiendra une conférence de presse dans la journée pour discuter des développements judiciaires concernant l’affaire d’Abdalmasih H., dont l’état a été jugé compatible avec la garde à vue après une évaluation psychiatrique.
La veille, la magistrate avait déclaré que les motivations de l’attaquant semblaient dépourvues d’un mobile terroriste apparent et qu’il était impossible d’exclure un acte insensé à ce stade.
Depuis son arrestation, l’agresseur de 31 ans n’a fourni aucune explication et entrave la garde à vue en se comportant de manière agitée. Selon des sources proches de l’enquête, il est totalement mutique. Le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, a commenté en soulignant que la folie ne devait pas être une excuse facile et qu’il était important de l’interroger plutôt que de simplement le considérer comme délirant. Il a ajouté que les enquêteurs allaient tenter de comprendre les motivations de l’agresseur.
Les enquêtes se poursuivent malgré l’absence d’interrogatoire, notamment pour déterminer la personnalité de l’agresseur, son parcours et ce qu’il a fait depuis son arrivée en France, selon une source proche de l’enquête.
Le lendemain du drame, Emmanuel et Brigitte Macron se sont rendus auprès des victimes pour apporter leur soutien. Le chef de l’État a fait état de bonnes nouvelles concernant l’état de santé des victimes, parmi lesquelles une fillette néerlandaise hospitalisée à Genève, désormais hors de danger selon le ministre néerlandais des Affaires étrangères. Le couple présidentiel a également rencontré le personnel soignant et les familles des trois autres enfants hospitalisés à Grenoble.
Emmanuel Macron s’est ensuite rendu à Annecy, visitant l’hôpital puis la préfecture pour exprimer leur gratitude envers tous ceux qui ont apporté leur aide et leur soutien pendant cette tragédie qui a secoué la ville. Lors d’une cérémonie, le président a salué les policiers, les pompiers, les soignants et les citoyens qui ont tenté d’arrêter l’assaillant, déclarant que s’en prendre à des enfants était l’acte le plus barbare qui soit. Il a souligné qu’il ne fallait pas s’habituer à de tels actes de violence.
L’attaque, qui s’est produite en plein jour devant du public, a profondément traumatisé la ville généralement paisible d’Annecy. Des centaines de personnes choquées ont défilé toute la journée devant le petit terrain de jeu, lieu de l’attaque, pour rendre hommage aux victimes et déposer des fleurs.
Des habitants d’Annecy ont exprimé leurs émotions après l’attaque. Une jeune Annécienne de 22 ans, Emma Cluzel, a déclaré ressentir beaucoup de tristesse, de haine, de colère et d’incompréhension. Un commercial de 21 ans, Leo Ganassali, a confié qu’on n’était jamais préparé à de tels événements.
La journée d’hommage s’est terminée par une messe en mémoire des victimes à la cathédrale Saint-Pierre-aux-Liens d’Annecy. Mgr Yves Le Saux a déploré l’utilisation des mots « au nom de Jésus » par l’assaillant, qualifiant cet acte de perversion. Il a ajouté que tuer ou vouloir tuer au nom de Dieu était une perversion absolue, indépendamment de la religion.
Parmi les participants à la messe se trouvait Henri, un jeune catholique qui est devenu célèbre en quelques heures pour avoir tenté de s’interposer pendant l’attaque en utilisant son sac à dos. Avant la messe, il a déclaré ne pas aimer le terme de héros et a affirmé avoir agi comme n’importe quel Français aurait pu et aurait dû le faire. Il a également demandé au président Macron s’il pouvait assister à l’inauguration de la cathédrale Notre-Dame-de-Paris, une demande qui a été acceptée par le chef de l’État lors de leur rencontre.
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