Domenjod : Un agent pénitentiaire blessé après une attaque sanglante d’un détenu armé d’une lame de rasoir
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Saint-Denis, le 7 juin 2023, un agent pénitentiaire de la prison de Domenjod a été violemment agressé par un détenu armé d’une lame de rasoir. La victime a été blessée à la main et a dû être opérée en urgence au Centre Hospitalier Universitaire de Bellepierre. Cette escalade de violence, fréquente dans les prisons surpeuplées, a conduit le syndicat FO et les agents pénitentiaires de Saint-Denis à décider d’un débrayage ce jeudi matin.
L’incident s’est produit mercredi matin vers 9 heures pendant la promenade des détenus. Selon Vincent Pardoux, responsable de FO Justice, l’un des détenus a réussi à passer une grille pour récupérer un objet projeté depuis l’extérieur. Les agents lui ont demandé de quitter la cour, mais il a refusé de coopérer.
Aux alentours de 9h15, la promenade s’est terminée et chaque détenu devait regagner sa cellule. “Lorsque l’agent est allé vers le détenu qui traînait les pieds, ce dernier a sorti une lame de rasoir et a porté un coup violent à la main de l’agent”, explique Vincent Pardoux, provoquant ainsi une importante hémorragie.
Le détenu a immédiatement été placé en quartier disciplinaire. Il avait déjà été condamné à 10 mois de prison pour “outrage et rébellion envers une personne dépositaire de l’autorité publique”.
Quant à l’agent pénitentiaire blessé, il a été pris en charge par l’unité sanitaire de la prison gérée par le CHU. En raison de la gravité de sa blessure, il a été conduit à l’hôpital afin de subir une opération.
En signe de solidarité et de protestation, les agents pénitentiaires du centre de Saint-Denis ont décidé d’effectuer un débrayage ce matin devant l’établissement. Vincent Pardoux souligne qu’il s’agit d’un débrayage symbolique avec un décalage dans la prise de service. “Nous avons franchi un palier”, déclare-t-il.
Le syndicaliste, qui exprime la colère de ses collègues, se dit très préoccupé par la situation. “Nous constatons une montée en puissance de la tension parmi les détenus à Saint-Denis, avec un taux d’occupation élevé”, explique-t-il.
Selon les chiffres de FO, la surpopulation carcérale à La Réunion atteint environ 120%. Les professionnels sont particulièrement exaspérés par le fait que les détenus parviennent facilement à enfreindre les règles et à passer par-dessus les cours de promenade pour récupérer des objets projetés. Des travaux sont pourtant nécessaires, mais le matériel n’a pas encore été livré.
Vincent Pardoux demande un renforcement des équipes locales de sécurité pénitentiaire. À Saint-Denis, seulement 10 agents sont affectés à l’ensemble de l’établissement, mais ils travaillent généralement en groupes de 5 voire 3 à 4 personnes. “Ces agents sont souvent mobilisés pour des extractions médicales”, précise-t-il.
Au Port également, lors d’un précédent débrayage, une demande similaire avait été formulée pour renforcer l’équipe locale de sécurité, qui n’est pas présente dans l’établissement pénitentiaire de l’Ouest.
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