Un détenu évoque “Jésus”, “Satan” et “Lucifer” aux assises de Quimper puis blesse sérieusement un surveillant de la prison de Brest
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Cour d’assises de Quimper, le 23 mai 2023 – Le procès d’un homme de 22 ans accusé de viol sur une jeune femme résidant dans un foyer pour jeunes travailleurs a débuté. Cependant, l’accusé a été expulsé de la salle d’audience en raison de son comportement extrêmement perturbateur. Ils ensuite grièvement blessé un surveillant pénitentiaire , une fois de retour en prison.
L’individu a refusé de divulguer son identité et a déclaré avec véhémence : “Oh non, Madame, la journée n’est pas bonne. Ça fait trois ans que je suis en prison. Trois ans, c’est 36 millions d’années devant mon Dieu ! Pourquoi la personne qui m’a mis en prison n’est pas là ?” Il a pointé du doigt l’absence de la victime.
La victime, une femme sans domicile fixe, aurait déménagé dans un pays étranger depuis les faits. Elle avait seulement 19 ans lorsqu’elle a porté plainte contre l’accusé, originaire du Libéria et âgé de 22 ans, pour viol.
Selon les témoignages, l’agression aurait eu lieu dans la nuit du 10 au 11 août 2020 à Quimper. Alors qu’elle rentrait d’un concert sur la place de la Résistance pour rejoindre son compagnon au foyer des jeunes travailleurs, la victime aurait rencontré son agresseur, un homme qu’elle connaissait de vue. Il était environ 1 heure du matin.
Après avoir consommé du whisky, fumé du cannabis et joué à des jeux vidéo, l’accusé aurait agressé la victime en la déshabillant de force tout en lui couvrant la bouche, puis l’aurait violée. L’accusé a affirmé : “Non, je ne la connais pas. Je ne l’ai jamais vue.” Cependant, les lunettes de la victime ont été retrouvées dans sa chambre et les analyses ont révélé la présence de l’ADN de l’accusé sur la victime. Des images de vidéosurveillance les montrent également tous les deux dans un ascenseur.
L’avocat de l’accusé, Me Franck Buors, a souligné la difficulté de la communication avec son client en raison de son état de santé. Il a déclaré : “Pour moi, en 22 ans de carrière, c’est un cas inédit. Il est impossible de discuter raisonnablement avec lui. Il tient des propos délirants, paranoïaques. Son seul guide, c’est Jésus.” Lors de sa plaidoirie, l’accusé semblait désintéressé, plongé dans la lecture de la Bible et effectuant des gestes étranges, parfois accompagnés de chansons ou d’incantations.
L’individu a explosé de colère en criant : “Moi, je vais vous lâcher Lucifer. Je prêche le feu. Si mon père était là, on vous tue tous. Vous êtes l’Antéchrist. Vous êtes la femme de Satan.” Ce comportement n’a pas surpris la cour d’assises. Au cours des trois dernières années, l’accusé a été incarcéré dans trois prisons différentes et a été impliqué dans près de quarante incidents et vingt procédures disciplinaires, y compris des tentatives d’incendie et des agressions envers le personnel pénitentiaire.
La présidente Aurore Carpentier a résumé l’accusé comme quelqu’un qui se considère “investi d’une mission divine visant à ramener ses codétenus sur le droit chemin”. Finalement, après seulement deux heures et demie de procès, l’accusé a été expulsé de la salle d’audience. Le verdict est attendu mercredi en fin de journée.
En rentrant à la prison de Brest après cette “longue journée” à la Cour d’Assises de Quimper, le détenu a été placé en prévention en raison de son comportement agressif, comprenant des insultes, des crachats et des menaces.
Étant donné son état d’excitation, il a été placé en cellule de protection d’urgence (CproU). Face à son refus de se dévêtir, les surveillants ont dû intervenir. Mais la situation a vite dégénéré. L’individu ne s’est pas laissé faire. Un surveillant a été sérieusement blessé. Souffrant d’une fracture de la main, il s’en sort avec 42 jours d’ITT. D’autres agents ont également été blessés dénonce dans un communiqué le Syndicat FO Justice.
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