Projet d’accueil de demandeurs d’asile à Saint-Brevin-les-Pins : Après l’incendie de sa maison, le maire démissionne
Montrez votre soutien aux forces de l’ordre en ajoutant notre média à vos favoris sur GoogleLe maire de Saint-Brevin-les-Pins, Yannick Morez, a annoncé sa démission mercredi dernier. Cette décision intervient alors qu’un projet de centre d’accueil pour demandeurs d’asile suscite une vive opposition dans sa commune en Loire-Atlantique.
Cette opposition a été particulièrement forte depuis que le domicile de M. Morez a été incendié en mars dernier. L’incendie a détruit deux véhicules et endommagé une partie de la maison du maire. Une enquête criminelle est en cours.
Yannick Morez a expliqué dans un courrier adressé au préfet de Loire-Atlantique qu’il démissionnait pour des raisons personnelles, notamment à la suite de l’incendie criminel perpétré à son domicile et au manque de soutien de l’État.
Il a également souligné qu’il avait longuement réfléchi à cette décision avec sa famille. Malgré tout, il a exprimé sa confiance envers son équipe compétente et a conclu qu’après quinze ans de présence dans le conseil municipal, dont six ans en tant que maire, il partait confiant dans l’avenir de la commune.
Depuis plusieurs mois, la commune de Saint-Brevin-les-Pins est le théâtre de tensions liées à un projet de déplacement du Centre d’accueil de demandeurs d’asile (Cada) près d’une école élémentaire. Ce centre avait été ouvert dans la station balnéaire en 2016 après le démantèlement de la « jungle de Calais ».
Des manifestations contre ce projet ont été organisées, en particulier par l’extrême droite, notamment le parti de Reconquête d’Éric Zemmour. Malgré les pressions, la municipalité de Callac avait finalement renoncé à son projet en janvier dernier, porté par une fondation privée, contrairement à Saint-Brevin où le projet contesté est porté par l’État.
Interrogé par l’AFP fin mars, le maire de Saint-Brevin avait rappelé que 400 demandeurs d’asile ont été accueillis sur la commune depuis l’ouverture du Cada il y a sept ans, sans qu’aucun incident ne se soit produit.
Face à cette situation, des personnalités politiques ont exprimé leur soutien à M. Morez, tel que le maire PS de Saint-Nazaire, David Samzun, qui a déploré que « pour avoir servi la République et soutenu les peuples en détresse, il a été contraint de démissionner pour protéger sa famille ».
Sarah El Haïry, la secrétaire d’État chargée de la Jeunesse et élue (MoDem) nantaise, a également exprimé son soutien amical et républicain envers le maire démissionnaire. Enfin, l’Assemblée nationale s’est penchée mercredi soir sur la création d’une commission d’enquête sur les groupuscules violents.
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