đ«đ· Sarreguemines :Un surveillant condamnĂ© pour violence envers un dĂ©tenu
Montrez votre soutien aux forces de lâordre en ajoutant notre mĂ©dia Ă vos favoris sur GoogleLâancien directeur de la maison dâarrĂȘt de Sarreguemines avait jugĂ© le geste de son surveillant envers un dĂ©tenu disproportionnĂ©. Il avait lui-mĂȘme saisi le parquet alors que la victime ne souhaitait pas porter plainte. Le fonctionnaire Ă©tait jugĂ©, hier, au tribunal correctionnel de Sarreguemines pour âviolence par une personne dĂ©positaire de lâautoritĂ© publiqueâ. Une quinzaine de ses collĂšgues Ă©taient prĂ©sents Ă lâaudience, en soutien.
Versions contradictoires
Les faits remontent au 3 mars dernier. Durant une demi-heure, un dĂ©tenu fait du tapage, voulant sortir de sa cellule. Comme le chef de dĂ©tention demande Ă le voir, le surveillant va le chercher. Les versions diffĂšrent alors. Le gardien affirme que le dĂ©tenu ne voulait pas sortir : « Je ne voulais pas quâil se retranche dans la cellule. Par rĂ©flexe, je lâai pris par le bras pour le sortir. Il est tombĂ© Ă terre et sâest heurtĂ© la tĂȘte. Pour moi, câest accidentel. » Le dĂ©tenu dĂ©ment : « JâĂ©tais en train de mettre mes chaussures pour le suivre. Je ne comprends pas pourquoi il mâa chopĂ© et projetĂ© contre le mur. » La victime souffre dâune plaie superficielle sur lâavant du crĂąne. « Je ne voulais pas le blesser », maintient le surveillant. « Pourtant, vous pouviez prĂ©voir que ce geste pouvait ĂȘtre dangereux. Vous ne pouviez pas attendre et le faire sortir plus tard ? », rĂ©torque le juge Burckel. « Il Ă©tait excitĂ©, nous Ă©tions dĂ©jĂ intervenus », rĂ©pond le prĂ©venu.
VidĂ©o Ă lâaudience
« Il savait quâen lâempoignant comme cela, il pouvait le blesser, dĂ©nonce lâavocate de la victime. Il y avait du tapage avant, mais quand ils sont venus le chercher, il Ă©tait calme. Le mĂ©tier de surveillant pĂ©nitentiaire est difficile mais ça nâexcuse pas ce quâil sâest passĂ©. » Elle sâappuie sur la vidĂ©o de la coursive, diffusĂ©e Ă lâaudience : « Les faits sont minimisĂ©s : son crĂąne Ă©tait plein de sang et il est restĂ© longtemps Ă terre. »
Pour le procureur Jean-Luc Jaeg, il y a bien un acte volontaire en le tirant de façon si Ă©nergique. « Le surveillant pouvait prĂ©voir un dommage corporel. Le recours Ă la force est autorisĂ© lorsquâil y a rĂ©sistance par inertie Ă lâordre donnĂ©. Ici, les choses sont allĂ©es si vite, que le dĂ©tenu nâa pas eu le temps de refuser de sortir. » Il requiert trois mois avec sursis.
Encadré mais autorisé
« Il ne faut pas oublier que câest un surveillant pĂ©nitentiaire face Ă un dĂ©tenu rĂ©calcitrant. Le recours Ă la force est encadrĂ©, mais autorisé », plaide Me Gagneux, avocat de la dĂ©fense. « Cette poursuite est juridiquement infondĂ©e et politiquement malvenue. Pour mon client et ses collĂšgues, câest une marque de dĂ©fiance qui leur est adressĂ©e. » Il ajoute que tout surveillant apprend Ă ne jamais laisser un dĂ©tenu reclus dans sa cellule. « Mon client applique mĂ©caniquement ce quâon lui a appris Ă faire : il le sort, car il est plus facile de le gĂ©rer sur la coursive que dans la cellule. » Il demande la relaxe : « Si vous le condamnez, plus aucun surveillant ne voudra user de la force. »
Le tribunal considĂšre que le temps est trop bref entre le moment oĂč le surveillant entre dans la cellule et celui oĂč il sort le dĂ©tenu. Il condamne le quinquagĂ©naire Ă quatre mois de prison avec sursis. Le surveillant devra en outre verser 800 ⏠de dommages et intĂ©rĂȘts Ă la victime. Me Gagneux a indiquĂ© que son client ferait appel.
Le Républicain-Lorrain
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