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đŸ‡«đŸ‡· La sexualitĂ© en prison de femmes: “Est-ce que je suis bi, lesbienne ? Est-ce que c’est la prison ?”

·La rĂ©daction ⏱ 14 min
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Comment se vit la sexualitĂ© en prison de femmes ? Myriam JoĂ«l, docteure en sociologie, a consacrĂ© sa thĂšse Ă  cette interrogation pas ou peu Ă©tudiĂ©e auparavant. L’ouvrage qui en dĂ©coule – “La sexualitĂ© en prison de femmes”.

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On dit que la prison est un miroir grossissant de ce qu’on peut observer dans le monde libre. Il en est de mĂȘme en ce qui concerne la sexualitĂ©. L’univers carcĂ©ral est un “puissant relais du modĂšle contemporain de sexualitĂ© fĂ©minine lĂ©gitime”, Ă©crit Myriam JoĂ«l.

Pendant deux ans, la docteure en sociologie a interrogĂ© de maniĂšres rĂ©guliĂšre 80 dĂ©tenues, rĂ©parties dans sept Ă©tablissements pĂ©nitentiaires. Des femmes de tous Ăąges, incarcĂ©rĂ©es depuis une semaine ou quinze ans, ont acceptĂ© de s’ouvrir Ă  elle sur ce sujet intime.

“Il y a celles qui balancent tout au premier entretien ; celles qui sont dans une optique de tĂ©moignage, de rĂ©bellion ou celles qui ont absolument voulu parler d’abord d’un sujet autre qui leur tenait Ă  cƓur”, se souvient  Myriam JoĂ«l. La sociologue est calĂ©e sur le conflit basque : c’est Ă  la quatriĂšme rencontre qu’une dĂ©tenue politique de l’ETA qu’elle suivait a fini par lui parler de sa vie personnelle.

Myriam Joël a aussi interviewé 70 professionnels et bénévoles travaillant dans le milieu carcéral féminin (surveillants, gradés, etc.) pour compléter son terrain. Entretien.

Rue89. Comment la sexualité est-elle encadrée en prison de femmes ?

Myriam JoĂ«l. D’un point de vue rĂ©glementaire, il y a un seul article du code de procĂ©dure pĂ©nal qui y fait rĂ©fĂ©rence. Il ne contient pas les termes “sexualitĂ©â€ ou “sexe”. Il est interdit “d’imposer Ă  la vue d’autrui des actes obscĂšnes ou susceptibles d’offenser la pudeur”.
AprĂšs, d’une prison Ă  l’autre, les rĂšglements intĂ©rieurs diffĂšrent et il peut y avoir marquĂ© explicitement dedans “les actes sexuels sont interdits au parloir”.

Le rĂšglement n’est pas Ă  mon sens ce qui contrĂŽle le plus la sexualitĂ© en prison, c’est plutĂŽt la façon dont les agents dĂ©cident de l’appliquer, au niveau individuel mais aussi au sein d’une Ă©quipe. Certains surveillants sont tatillons, d’autres dĂ©cident de laisser faire et cela peut parfois mener Ă  des frictions entre eux.

Je pense Ă  une prison oĂč l’on considĂ©rait que les dĂ©tenues avaient le droit Ă  leur sexualitĂ©. Les surveillants s’étaient mis d’accord pour leur laisser  le droit Ă  30 min ou 1 heure d’intimitĂ© dans les parloirs. C’était un choix d’équipe.

Un jour une jeune surveillante est arrivĂ©e et a commencĂ© Ă  faire des rondes et Ă  reprendre les dĂ©tenues, qui Ă©taient trĂšs surprises. Ce sont les collĂšgues de la surveillante qui sont allĂ©s la voir “ici, on te prĂ©vient, ce n’est pas comme ça”.

Il y a aussi des directeurs qui peuvent ne pas donner suite au rapport d’un surveillant trop zĂ©lĂ©. Je me souviens d’un directeur qui me disait “moi je trouve que mes agents sont trop durs, j’essaie toujours de leur dire de lĂącher un peu de mou”. Les surveillants le vivaient trĂšs mal parce qu’ils n’étaient pas soutenus par leur direction.

C’est pour ça que quand on dit “le monde pĂ©nitentiaire”, ça peut ĂȘtre trompeur, car les situations sont trĂšs disparates

Vous dites que dans les faits, la sexualitĂ© est tolĂ©rĂ©e si elle n’est pas montrĂ©e et vue.

Il y a une invisibilisation, oui. Tout simplement parce que quand il est question de sexe, les gens ne sont pas Ă  l’aise. La plupart des surveillants ou des gradĂ©s que j’ai rencontrĂ© trouvaient normal que les dĂ©tenus puissent avoir une sexualitĂ© en prison mais ils comptent sur les dĂ©tenues pour invisibiliser leurs pratiques.

Un gradĂ© me disait “imagine s’il y a des jurĂ©s d’assises en visite Ă  la prison et qu’ils voient les dĂ©tenus se bĂ©coter dans les couloirs, c’est juste impensable. Ils vont se dire ‘ils ont la tĂ©lĂ© et en plus ils se bĂ©cotent, ils font ce qu’ils veulent’.”

J’ai en tĂȘte un exemple emblĂ©matique de cette invisibilisation : deux femmes qui sont en couple et qui veulent partager une cellule en maison d’arrĂȘt n’ont pas intĂ©rĂȘt Ă  dire qu’elles sont ensemble, mais plutĂŽt “on s’entend trĂšs bien”, “c’est ma meilleure amie”
 On sait trĂšs bien qu’elles sont ensemble mais il ne faut pas le dire, ce qui me paraissait une hypocrisie totale.

Et comment la sexualité est-elle tolérée par les codétenues ?

Il y a moins de violence dans les actes, mais il y a Ă©normĂ©ment d’homophobie en prison pour femmes, y compris entre paires (des invectives, de la dĂ©lation
).

En prison, il y a aussi beaucoup de fantasmes. Deux dĂ©tenues se tiennent la main et tout le monde est persuadĂ© qu’elles sont en couple mais en fait ce n’est pas le cas. Il y a beaucoup de chaleur humaine, de tendresse dans les relations, qui sont beaucoup plus acceptĂ©es chez les femmes.

Les dĂ©tenues vous ont-elles parlĂ© spontanĂ©ment de dĂ©sir ? Ou est-ce que la prison l’anesthĂ©sie ?

Pour beaucoup de dĂ©tenues, les trajectoires biographiques sexuelles sont douloureuses et plaisir et dĂ©sir ne sont pas si Ă©vidents. Des femmes m’ont dit “je suis trop contente car en prison, plus personne m’emmerde”.

On peut penser que plus les annĂ©es passent, plus les dĂ©tenues vont ĂȘtre frustrĂ©es ou Ă  l’inverse qu’elles ne vont rien ressentir. Dans les rĂ©sultats de mon enquĂȘte on voit plutĂŽt que le dĂ©sir est trĂšs fluctuant, cyclique. Ça va dĂ©pendre de ce qu’elles vivent en prison.

Je pense Ă  une dĂ©tenue en particulier, qui me dĂ©crivait des phases trĂšs prĂ©cises. Lors de sa premiĂšre incarcĂ©ration, elle s’en voulait Ă©normĂ©ment d’avoir tuĂ© sa copine et m’a dit “je n’avais aucun dĂ©sir”. Elle a Ă©tĂ© incarcĂ©rĂ©e 8 ans et pendant 8 ans, rien du tout, alors que c’était hyper important pour elle Ă  l’extĂ©rieur. Puis, quand elle a Ă©tĂ© rĂ©-incarcĂ©rĂ©e, elle ne s’est pas privĂ©e – elle n’avait plus cette mĂȘme culpabilitĂ© Ă  ce moment-lĂ .

Le rapport Ă  l’infraction, le regard qu’elle portent sur leur acte, jouent beaucoup. Des femmes qui “culpabilisent Ă©normĂ©ment” ne vont pas se donner le droit Ă  avoir du plaisir et mĂȘme du dĂ©sir. Ça ne se voit pas seulement sur le sexe (sur la nourriture, entre autres).

La prison n’est pas quelque chose de linĂ©aire. Il y a la maladie d’un proche, la question des enfants
 Quand tu es sur le point de voir tes enfants, tu es dans une excitation telle que le cul, tu n’en as rien Ă  faire. Il y a le procĂšs, aussi. Beaucoup me disaient “quand j’ai Ă©tĂ© condamnĂ©e, lĂ , ça a recommencĂ© Ă  surgir”.

Le dĂ©sir et le plaisir, c’est aussi quelque chose qu’on investit quand on a les forces de le faire. Si elles sont toutes entiĂšres tournĂ©es vers le procĂšs, dans le rapport Ă  l’administration pĂ©nitentiaire, il ne reste plus de forces pour la sexualitĂ©.

Pour les dĂ©tenues en longues peines, beaucoup me disaient qu’au fil des annĂ©es, elles avaient la crainte de plus savoir faire. Parce que ça faisait longtemps qu’elles n’avaient pas pratiquĂ© ou parce qu’en prison, elles avaient pu dĂ©couvrir les relations homosexuelles, et se trouvaient dans l’indĂ©cision concernant la sortie.

“Je viens de me mettre avec une nana mais putain, c’est dur d’ĂȘtre lesbienne dehors.” En prison, c’est un petit milieu et tu es quelque part un petit peu protĂ©gĂ©e. Tu peux dĂ©noncer Ă  un gradĂ© une insulte homophobe, par exemple, alors que dehors


On lit dans le livre des tĂ©moignages de dĂ©tenues qui apprĂ©hendent les moments de permission. Pour celles qui sont en couple, le rapport physique avec l’autre se reconstruit dehors ?

Oui, certaines disaient “c’est une deuxiĂšme premiĂšre fois”. Elles le vivent comme ça. Parfois, ça ne fait pas objectivement si longtemps qu’elles sont incarcĂ©rĂ©es mais elles ont tellement vĂ©cues de choses en prison qu’elles ont un rapport au corps trĂšs diffĂ©rent


Elles se voient diffĂ©remment. Elles n’ont pas le maquillage qu’elles avaient Ă  l’extĂ©rieur, elles n’ont plus de tresses, de rajouts ou de perruque parce que c’est interdit en prison
 Il y a aussi la prise ou la perte de poids, la peau qui est diffĂ©rente. Le corps bouge Ă©normĂ©ment en prison.

Je m’en rendais compte car beaucoup me montraient des photos : “Tu me vois comme ça mais je suis beaucoup mieux en vraie.”

Beaucoup ne se reconnaissent vraiment pas et ça joue avec le conjoint. “Est-ce qu’il aura encore envie de moi ?” Il y a aussi le spectre de la tromperie qui est trĂšs, trĂšs prĂ©sent. La question du dĂ©sir est une espĂšce d’ombre qui plane au-dessus. Est-ce qu’on a envie de dĂ©sirer quelqu’un qu’on suspecte de tromper ? Ces angoisses de tromperie peuvent s’attĂ©nuer au fil du temps.

En dehors de celles qui sont vraiment en couple en prison, il y a une espÚce de baisse de désir, de baisse de libido assez général pour les détenues condamnées à de trÚs longues peines.

A cĂŽtĂ© de ça, il y a celles qui ont une vie sexuelle en prison, bien que contrainte. Il y avait deux dĂ©tenues que je suivais qui sont sorties ensemble en prison. Ça fait trois ans qu’elles sont en couple (et l’une va bientĂŽt sortir).

Il y a des histoires d’amour en prison ? Est-ce que pour certaines il peut y avoir un Ă©panouissement sexuel ?

Oui. C’est triste Ă  dire, et ça interroge. J’ai participĂ© Ă  un colloque au cours duquel j’évoquais la question des dĂ©tenues qui dĂ©couvrent le plaisir en prison, par l’homosexualitĂ© notamment. Je me suis fait incendier par un ancien dĂ©tenu qui trouvait trĂšs dur que je puisse dire que la prison pouvait avoir ce rĂŽle-lĂ .

Clairement oui, il y a des femmes qui découvrent le plaisir en prison.

Tu as des couples aussi qui peuvent se former et perdurer Ă  l’extĂ©rieur. Il peut y avoir des histoires d’amour. C’est compliquĂ© bien sĂ»r et certaines essaient de maintenir leur relation secrĂšte pour Ă©viter les ragots et les histoires
 Pour beaucoup de dĂ©tenues, la prison est un lieu trĂšs anxiogĂšne car l’intimitĂ© est sous une forme de contrĂŽle, de la part des agents comme des codĂ©tenues (voire plus par rapport Ă  ces derniĂšres). C’est dur Ă  gĂ©rer psychologiquement.

Il peut y avoir des histoires d’amour en prison mais aussi des dĂ©chirements. Cela peut ĂȘtre violent, et ça induit aussi une forme de contrĂŽle de la pĂ©nitentiaire.

“Il y en a une, elle s’est pris 30 coups de couteaux”, me disait une directrice. Elle prenait cet exemple pour justifier les contrĂŽles qu’ils peuvent exercer sur les couples. Les surveillants, surtout, sont trĂšs vigilants sur qui peut ĂȘtre avec qui, pour voir s’il y a une emprise d’une personne sur l’autre, des formes de pressions sexuelles, etc. Elles sont parfois trĂšs prĂ©sentes dans la relation, ce qui peut leur dĂ©plaire.

Il y a des femmes qui n’avaient jamais eu de relations homosexuelles à l’extĂ©rieur et qui dĂ©couvrent cette facette de leur sexualitĂ© en prison. Quand tu creuses dans leur vie prĂ©-carcĂ©rale, en gĂ©nĂ©ral, tu te rends compte qu’il y avait dĂ©jĂ  une attirance et que l’univers carcĂ©ral fonctionne comme un accĂ©lĂ©rateur. Il rend possible quelque chose qui Ă©tait parfois beaucoup plus difficile Ă  l’extĂ©rieur.

Pour certaines, les relations prennent d’abord la forme d’une amitiĂ©-amoureuse. Je pense Ă  une dĂ©tenue, qui me disait qu’elle n’avait jamais eu d’attirance pour les femmes avant. Elle avait vĂ©cu une longue histoire d’amitiĂ© avec une autre dĂ©tenue. Elles avaient quasiment une vie de couple, sans actes sexuels (la vie co-cellulaire est quasiment une vie de couple d’ailleurs).

Une fois, elle Ă©tait dans ses bras quand l’autre l’a embrassĂ©e. Elle n’était pas contre, ça s’est fait
 Il y a une sorte d’apprivoisement de l’idĂ©e. Cela entraine bien sĂ»r des questionnements : est-ce que je vais en parler Ă  ma famille au parloir ? La dĂ©tenue en question ne le voulait pas, de peur que sa famille lui dise que c’est la prison, qu’elle n’a pas pu rĂ©sister
 Il y a aussi les questionnements identitaires : “Est-ce que je suis bi, lesbienne ? Est-ce que c’est la prison ?”

Dans le livre, vous Ă©crivez que la grande majoritĂ© des dĂ©tenues interrogĂ©es ne sont pas favorables aux “parloirs intimes”, amĂ©nagĂ©s comme des chambres, contrairement Ă  d’autres acteurs pĂ©riphĂ©riques de la dĂ©tention.

Vous citez Maud : “Rien que d’en parler me dĂ©goĂ»te.”

Oui, ça m’a beaucoup surprise. En fait, elles trouvent ça dĂ©gradants, contrairement aux UVF (unitĂ©s de vie familiale). Une dĂ©tenue seulement m’a dit y ĂȘtre favorable – et encore, elle Ă©tait favorable pour les autres, pas pour elle.

Elles trouvent les parloirs intimes horribles dans la mesure oĂč on sait qu’elles vont avoir un acte sexuel Ă  tel moment de la journĂ©e, que le surveillant va arriver Ă  telle heure et qu’elles vont ĂȘtre obligĂ©es de chronomĂ©trer. Elles peuvent le faire par ailleurs en cellule, si elles ont une copine, mais Ă  partir du moment oĂč c’est inscrit dans la rĂšgle, ça leur pose problĂšme.

Vous rapportez aussi que la prison permet, pour certaines femmes, de s’affirmer comme sujet sexuel vis-à-vis du conjoint


C’est quelque chose de trĂšs Ă©tonnant, oui. Comme si le rĂŽle fort de l’administration pĂ©nitentiaire pouvait devenir un ressort de pouvoir dans une relation


Certaines dĂ©tenues me disait “heureusement que la surveillante est lĂ  car sinon il se jetterait sur moi”.

Lors de ma derniĂšre recherche, sur la prĂ©vention et la rĂ©duction des risques, j’ai retrouvĂ© exactement la mĂȘme chose. J’étais dans un centre pour femmes. Certaines se servaient du rĂšglement trĂšs strict sur les visites pour que leur compagnon ne vienne pas dans leur chambre.

Je pense Ă  une dĂ©tenue que je voyais, qui semblait vivre sous une grosse pression de la part de son mari. Je lui demandais, si lors des parloirs collectifs, son mari “essayait”. Elle m’a rĂ©pondu “il aura Ă  la maison”. “Il aura.” Cette formulation, comme une mise Ă  disposition de son corps


Cette recherche m’a beaucoup interrogĂ©e sur les formes de contrĂŽle et d’auto-contrĂŽle et de protection de quelque chose qui est dĂ©faillant par rapport Ă  la sexualitĂ© des femmes. Est-ce que c’est censĂ© ĂȘtre le rĂŽle de la prison de protĂ©ger sexuellement les femmes ? Ça montre certains dysfonctionnements Ă  l’extĂ©rieur.

Certaines femmes prennent conscience en prison de l’emprise de leur compagnon sur elles. Entre dĂ©tenues, elle se raconte leur histoire de vie dans l’intimitĂ© de la cellule. Il y a aussi ce que leur disent les surveillantes, les conseillers pĂ©nitentiaires, les soignants


Le travail, en prison, donne aussi Ă  certaines femmes l’envie de reprendre une activitĂ© professionnelle en sortant, pour gagner leur autonomie. “Je ne me laisserai plus marcher sur les pieds.”

Plusieurs m’ont dit aussi “la prison, ça m’a sauvĂ©e”. Sauver, c’est un grand terme
 Elles disent ça parce qu’en prison, elles ne se font plus violer, elles ne se font plus battre. Certaines disaient avoir portĂ© plainte plusieurs fois contre leur compagnon, mais n’avoir jamais Ă©tĂ© entendues
 En prison, elles ont la possibilitĂ© de divorcer, d’entreprendre des dĂ©marches, ce qu’elles ne pouvaient pas faire dehors par crainte de reprĂ©sailles.

Et quand elles sortent, que se passe-t-il ? 

Ça a Ă©tĂ© pour moi une grosse interrogation. J’ai revu trois ou quatre dĂ©tenues, pour des entretiens informels. Je ne peux pas gĂ©nĂ©raliser mais je sentais que le poids du milieu social, des parents, reprenaient vite le dessus
 Paradoxalement, j’avais l’impression que ces femmes avaient plus de ressort de pouvoir sur leur propre corps en prison qu’à l’extĂ©rieur.

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