đ«đ· La sexualitĂ© en prison de femmes: âEst-ce que je suis bi, lesbienne ? Est-ce que câest la prison ?â
Montrez votre soutien aux forces de lâordre en ajoutant notre mĂ©dia Ă vos favoris sur GoogleComment se vit la sexualitĂ© en prison de femmes ? Myriam JoĂ«l, docteure en sociologie, a consacrĂ© sa thĂšse Ă cette interrogation pas ou peu Ă©tudiĂ©e auparavant. Lâouvrage qui en dĂ©coule â âLa sexualitĂ© en prison de femmesâ.
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On dit que la prison est un miroir grossissant de ce quâon peut observer dans le monde libre. Il en est de mĂȘme en ce qui concerne la sexualitĂ©. Lâunivers carcĂ©ral est un âpuissant relais du modĂšle contemporain de sexualitĂ© fĂ©minine lĂ©gitimeâ, Ă©crit Myriam JoĂ«l.
Pendant deux ans, la docteure en sociologie a interrogĂ© de maniĂšres rĂ©guliĂšre 80 dĂ©tenues, rĂ©parties dans sept Ă©tablissements pĂ©nitentiaires. Des femmes de tous Ăąges, incarcĂ©rĂ©es depuis une semaine ou quinze ans, ont acceptĂ© de sâouvrir Ă elle sur ce sujet intime.
âIl y a celles qui balancent tout au premier entretien ; celles qui sont dans une optique de tĂ©moignage, de rĂ©bellion ou celles qui ont absolument voulu parler dâabord dâun sujet autre qui leur tenait Ă cĆurâ, se souvient Myriam JoĂ«l. La sociologue est calĂ©e sur le conflit basque : câest Ă la quatriĂšme rencontre quâune dĂ©tenue politique de lâETA quâelle suivait a fini par lui parler de sa vie personnelle.
Myriam Joël a aussi interviewé 70 professionnels et bénévoles travaillant dans le milieu carcéral féminin (surveillants, gradés, etc.) pour compléter son terrain. Entretien.
Rue89. Comment la sexualité est-elle encadrée en prison de femmes ?
Myriam JoĂ«l. Dâun point de vue rĂ©glementaire, il y a un seul article du code de procĂ©dure pĂ©nal qui y fait rĂ©fĂ©rence. Il ne contient pas les termes âsexualitĂ©â ou âsexeâ. Il est interdit âdâimposer Ă la vue dâautrui des actes obscĂšnes ou susceptibles dâoffenser la pudeurâ.
AprĂšs, dâune prison Ă lâautre, les rĂšglements intĂ©rieurs diffĂšrent et il peut y avoir marquĂ© explicitement dedans âles actes sexuels sont interdits au parloirâ.
Le rĂšglement nâest pas Ă mon sens ce qui contrĂŽle le plus la sexualitĂ© en prison, câest plutĂŽt la façon dont les agents dĂ©cident de lâappliquer, au niveau individuel mais aussi au sein dâune Ă©quipe. Certains surveillants sont tatillons, dâautres dĂ©cident de laisser faire et cela peut parfois mener Ă des frictions entre eux.
Je pense Ă une prison oĂč lâon considĂ©rait que les dĂ©tenues avaient le droit Ă leur sexualitĂ©. Les surveillants sâĂ©taient mis dâaccord pour leur laisser le droit Ă 30 min ou 1 heure dâintimitĂ© dans les parloirs. CâĂ©tait un choix dâĂ©quipe.
Un jour une jeune surveillante est arrivĂ©e et a commencĂ© Ă faire des rondes et Ă reprendre les dĂ©tenues, qui Ă©taient trĂšs surprises. Ce sont les collĂšgues de la surveillante qui sont allĂ©s la voir âici, on te prĂ©vient, ce nâest pas comme çaâ.
Il y a aussi des directeurs qui peuvent ne pas donner suite au rapport dâun surveillant trop zĂ©lĂ©. Je me souviens dâun directeur qui me disait âmoi je trouve que mes agents sont trop durs, jâessaie toujours de leur dire de lĂącher un peu de mouâ. Les surveillants le vivaient trĂšs mal parce quâils nâĂ©taient pas soutenus par leur direction.
Câest pour ça que quand on dit âle monde pĂ©nitentiaireâ, ça peut ĂȘtre trompeur, car les situations sont trĂšs disparates
Vous dites que dans les faits, la sexualitĂ© est tolĂ©rĂ©e si elle nâest pas montrĂ©e et vue.
Il y a une invisibilisation, oui. Tout simplement parce que quand il est question de sexe, les gens ne sont pas Ă lâaise. La plupart des surveillants ou des gradĂ©s que jâai rencontrĂ© trouvaient normal que les dĂ©tenus puissent avoir une sexualitĂ© en prison mais ils comptent sur les dĂ©tenues pour invisibiliser leurs pratiques.
Un gradĂ© me disait âimagine sâil y a des jurĂ©s dâassises en visite Ă la prison et quâils voient les dĂ©tenus se bĂ©coter dans les couloirs, câest juste impensable. Ils vont se dire âils ont la tĂ©lĂ© et en plus ils se bĂ©cotent, ils font ce quâils veulentâ.â
Jâai en tĂȘte un exemple emblĂ©matique de cette invisibilisation : deux femmes qui sont en couple et qui veulent partager une cellule en maison dâarrĂȘt nâont pas intĂ©rĂȘt Ă dire quâelles sont ensemble, mais plutĂŽt âon sâentend trĂšs bienâ, âcâest ma meilleure amieâ⊠On sait trĂšs bien quâelles sont ensemble mais il ne faut pas le dire, ce qui me paraissait une hypocrisie totale.
Et comment la sexualité est-elle tolérée par les codétenues ?
Il y a moins de violence dans les actes, mais il y a Ă©normĂ©ment dâhomophobie en prison pour femmes, y compris entre paires (des invectives, de la dĂ©lationâŠ).
En prison, il y a aussi beaucoup de fantasmes. Deux dĂ©tenues se tiennent la main et tout le monde est persuadĂ© quâelles sont en couple mais en fait ce nâest pas le cas. Il y a beaucoup de chaleur humaine, de tendresse dans les relations, qui sont beaucoup plus acceptĂ©es chez les femmes.
Les dĂ©tenues vous ont-elles parlĂ© spontanĂ©ment de dĂ©sir ? Ou est-ce que la prison lâanesthĂ©sie ?
Pour beaucoup de dĂ©tenues, les trajectoires biographiques sexuelles sont douloureuses et plaisir et dĂ©sir ne sont pas si Ă©vidents. Des femmes mâont dit âje suis trop contente car en prison, plus personne mâemmerdeâ.
On peut penser que plus les annĂ©es passent, plus les dĂ©tenues vont ĂȘtre frustrĂ©es ou Ă lâinverse quâelles ne vont rien ressentir. Dans les rĂ©sultats de mon enquĂȘte on voit plutĂŽt que le dĂ©sir est trĂšs fluctuant, cyclique. Ăa va dĂ©pendre de ce quâelles vivent en prison.
Je pense Ă une dĂ©tenue en particulier, qui me dĂ©crivait des phases trĂšs prĂ©cises. Lors de sa premiĂšre incarcĂ©ration, elle sâen voulait Ă©normĂ©ment dâavoir tuĂ© sa copine et mâa dit âje nâavais aucun dĂ©sirâ. Elle a Ă©tĂ© incarcĂ©rĂ©e 8 ans et pendant 8 ans, rien du tout, alors que câĂ©tait hyper important pour elle Ă lâextĂ©rieur. Puis, quand elle a Ă©tĂ© rĂ©-incarcĂ©rĂ©e, elle ne sâest pas privĂ©e â elle nâavait plus cette mĂȘme culpabilitĂ© Ă ce moment-lĂ .
Le rapport Ă lâinfraction, le regard quâelle portent sur leur acte, jouent beaucoup. Des femmes qui âculpabilisent Ă©normĂ©mentâ ne vont pas se donner le droit Ă avoir du plaisir et mĂȘme du dĂ©sir. Ăa ne se voit pas seulement sur le sexe (sur la nourriture, entre autres).
La prison nâest pas quelque chose de linĂ©aire. Il y a la maladie dâun proche, la question des enfants⊠Quand tu es sur le point de voir tes enfants, tu es dans une excitation telle que le cul, tu nâen as rien Ă faire. Il y a le procĂšs, aussi. Beaucoup me disaient âquand jâai Ă©tĂ© condamnĂ©e, lĂ , ça a recommencĂ© Ă surgirâ.
Le dĂ©sir et le plaisir, câest aussi quelque chose quâon investit quand on a les forces de le faire. Si elles sont toutes entiĂšres tournĂ©es vers le procĂšs, dans le rapport Ă lâadministration pĂ©nitentiaire, il ne reste plus de forces pour la sexualitĂ©.
Pour les dĂ©tenues en longues peines, beaucoup me disaient quâau fil des annĂ©es, elles avaient la crainte de plus savoir faire. Parce que ça faisait longtemps quâelles nâavaient pas pratiquĂ© ou parce quâen prison, elles avaient pu dĂ©couvrir les relations homosexuelles, et se trouvaient dans lâindĂ©cision concernant la sortie.
âJe viens de me mettre avec une nana mais putain, câest dur dâĂȘtre lesbienne dehors.â En prison, câest un petit milieu et tu es quelque part un petit peu protĂ©gĂ©e. Tu peux dĂ©noncer Ă un gradĂ© une insulte homophobe, par exemple, alors que dehorsâŠ
On lit dans le livre des tĂ©moignages de dĂ©tenues qui apprĂ©hendent les moments de permission. Pour celles qui sont en couple, le rapport physique avec lâautre se reconstruit dehors ?
Oui, certaines disaient âcâest une deuxiĂšme premiĂšre foisâ. Elles le vivent comme ça. Parfois, ça ne fait pas objectivement si longtemps quâelles sont incarcĂ©rĂ©es mais elles ont tellement vĂ©cues de choses en prison quâelles ont un rapport au corps trĂšs diffĂ©rentâŠ
Elles se voient diffĂ©remment. Elles nâont pas le maquillage quâelles avaient Ă lâextĂ©rieur, elles nâont plus de tresses, de rajouts ou de perruque parce que câest interdit en prison⊠Il y a aussi la prise ou la perte de poids, la peau qui est diffĂ©rente. Le corps bouge Ă©normĂ©ment en prison.
Je mâen rendais compte car beaucoup me montraient des photos : âTu me vois comme ça mais je suis beaucoup mieux en vraie.â
Beaucoup ne se reconnaissent vraiment pas et ça joue avec le conjoint. âEst-ce quâil aura encore envie de moi ?â Il y a aussi le spectre de la tromperie qui est trĂšs, trĂšs prĂ©sent. La question du dĂ©sir est une espĂšce dâombre qui plane au-dessus. Est-ce quâon a envie de dĂ©sirer quelquâun quâon suspecte de tromper ? Ces angoisses de tromperie peuvent sâattĂ©nuer au fil du temps.
En dehors de celles qui sont vraiment en couple en prison, il y a une espÚce de baisse de désir, de baisse de libido assez général pour les détenues condamnées à de trÚs longues peines.
A cĂŽtĂ© de ça, il y a celles qui ont une vie sexuelle en prison, bien que contrainte. Il y avait deux dĂ©tenues que je suivais qui sont sorties ensemble en prison. Ăa fait trois ans quâelles sont en couple (et lâune va bientĂŽt sortir).
Il y a des histoires dâamour en prison ? Est-ce que pour certaines il peut y avoir un Ă©panouissement sexuel ?
Oui. Câest triste Ă dire, et ça interroge. Jâai participĂ© Ă un colloque au cours duquel jâĂ©voquais la question des dĂ©tenues qui dĂ©couvrent le plaisir en prison, par lâhomosexualitĂ© notamment. Je me suis fait incendier par un ancien dĂ©tenu qui trouvait trĂšs dur que je puisse dire que la prison pouvait avoir ce rĂŽle-lĂ .
Clairement oui, il y a des femmes qui découvrent le plaisir en prison.
Tu as des couples aussi qui peuvent se former et perdurer Ă lâextĂ©rieur. Il peut y avoir des histoires dâamour. Câest compliquĂ© bien sĂ»r et certaines essaient de maintenir leur relation secrĂšte pour Ă©viter les ragots et les histoiresâŠÂ Pour beaucoup de dĂ©tenues, la prison est un lieu trĂšs anxiogĂšne car lâintimitĂ© est sous une forme de contrĂŽle, de la part des agents comme des codĂ©tenues (voire plus par rapport Ă ces derniĂšres). Câest dur Ă gĂ©rer psychologiquement.
Il peut y avoir des histoires dâamour en prison mais aussi des dĂ©chirements. Cela peut ĂȘtre violent, et ça induit aussi une forme de contrĂŽle de la pĂ©nitentiaire.
âIl y en a une, elle sâest pris 30 coups de couteauxâ, me disait une directrice. Elle prenait cet exemple pour justifier les contrĂŽles quâils peuvent exercer sur les couples. Les surveillants, surtout, sont trĂšs vigilants sur qui peut ĂȘtre avec qui, pour voir sâil y a une emprise dâune personne sur lâautre, des formes de pressions sexuelles, etc. Elles sont parfois trĂšs prĂ©sentes dans la relation, ce qui peut leur dĂ©plaire.
Il y a des femmes qui nâavaient jamais eu de relations homosexuelles à lâextĂ©rieur et qui dĂ©couvrent cette facette de leur sexualitĂ© en prison. Quand tu creuses dans leur vie prĂ©-carcĂ©rale, en gĂ©nĂ©ral, tu te rends compte quâil y avait dĂ©jĂ une attirance et que lâunivers carcĂ©ral fonctionne comme un accĂ©lĂ©rateur. Il rend possible quelque chose qui Ă©tait parfois beaucoup plus difficile Ă lâextĂ©rieur.
Pour certaines, les relations prennent dâabord la forme dâune amitiĂ©-amoureuse. Je pense Ă une dĂ©tenue, qui me disait quâelle nâavait jamais eu dâattirance pour les femmes avant. Elle avait vĂ©cu une longue histoire dâamitiĂ© avec une autre dĂ©tenue. Elles avaient quasiment une vie de couple, sans actes sexuels (la vie co-cellulaire est quasiment une vie de couple dâailleurs).
Une fois, elle Ă©tait dans ses bras quand lâautre lâa embrassĂ©e. Elle nâĂ©tait pas contre, ça sâest fait⊠Il y a une sorte dâapprivoisement de lâidĂ©e. Cela entraine bien sĂ»r des questionnements : est-ce que je vais en parler Ă ma famille au parloir ? La dĂ©tenue en question ne le voulait pas, de peur que sa famille lui dise que câest la prison, quâelle nâa pas pu rĂ©sister⊠Il y a aussi les questionnements identitaires : âEst-ce que je suis bi, lesbienne ? Est-ce que câest la prison ?â
Dans le livre, vous Ă©crivez que la grande majoritĂ© des dĂ©tenues interrogĂ©es ne sont pas favorables aux âparloirs intimesâ, amĂ©nagĂ©s comme des chambres, contrairement Ă dâautres acteurs pĂ©riphĂ©riques de la dĂ©tention.
Vous citez Maud : âRien que dâen parler me dĂ©goĂ»te.â
Oui, ça mâa beaucoup surprise. En fait, elles trouvent ça dĂ©gradants, contrairement aux UVF (unitĂ©s de vie familiale). Une dĂ©tenue seulement mâa dit y ĂȘtre favorable â et encore, elle Ă©tait favorable pour les autres, pas pour elle.
Elles trouvent les parloirs intimes horribles dans la mesure oĂč on sait quâelles vont avoir un acte sexuel Ă tel moment de la journĂ©e, que le surveillant va arriver Ă telle heure et quâelles vont ĂȘtre obligĂ©es de chronomĂ©trer. Elles peuvent le faire par ailleurs en cellule, si elles ont une copine, mais Ă partir du moment oĂč câest inscrit dans la rĂšgle, ça leur pose problĂšme.
Vous rapportez aussi que la prison permet, pour certaines femmes, de sâaffirmer comme sujet sexuel vis-Ă -vis du conjointâŠ
Câest quelque chose de trĂšs Ă©tonnant, oui. Comme si le rĂŽle fort de lâadministration pĂ©nitentiaire pouvait devenir un ressort de pouvoir dans une relationâŠ
Certaines dĂ©tenues me disait âheureusement que la surveillante est lĂ car sinon il se jetterait sur moiâ.
Lors de ma derniĂšre recherche, sur la prĂ©vention et la rĂ©duction des risques, jâai retrouvĂ© exactement la mĂȘme chose. JâĂ©tais dans un centre pour femmes. Certaines se servaient du rĂšglement trĂšs strict sur les visites pour que leur compagnon ne vienne pas dans leur chambre.
Je pense Ă une dĂ©tenue que je voyais, qui semblait vivre sous une grosse pression de la part de son mari. Je lui demandais, si lors des parloirs collectifs, son mari âessayaitâ. Elle mâa rĂ©pondu âil aura Ă la maisonâ. âIl aura.â Cette formulation, comme une mise Ă disposition de son corpsâŠ
Cette recherche mâa beaucoup interrogĂ©e sur les formes de contrĂŽle et dâauto-contrĂŽle et de protection de quelque chose qui est dĂ©faillant par rapport Ă la sexualitĂ© des femmes. Est-ce que câest censĂ© ĂȘtre le rĂŽle de la prison de protĂ©ger sexuellement les femmes ? Ăa montre certains dysfonctionnements Ă lâextĂ©rieur.
Certaines femmes prennent conscience en prison de lâemprise de leur compagnon sur elles. Entre dĂ©tenues, elle se raconte leur histoire de vie dans lâintimitĂ© de la cellule. Il y a aussi ce que leur disent les surveillantes, les conseillers pĂ©nitentiaires, les soignantsâŠ
Le travail, en prison, donne aussi Ă certaines femmes lâenvie de reprendre une activitĂ© professionnelle en sortant, pour gagner leur autonomie. âJe ne me laisserai plus marcher sur les pieds.â
Plusieurs mâont dit aussi âla prison, ça mâa sauvĂ©eâ. Sauver, câest un grand terme⊠Elles disent ça parce quâen prison, elles ne se font plus violer, elles ne se font plus battre. Certaines disaient avoir portĂ© plainte plusieurs fois contre leur compagnon, mais nâavoir jamais Ă©tĂ© entendues⊠En prison, elles ont la possibilitĂ© de divorcer, dâentreprendre des dĂ©marches, ce quâelles ne pouvaient pas faire dehors par crainte de reprĂ©sailles.
Et quand elles sortent, que se passe-t-il ?Â
Ăa a Ă©tĂ© pour moi une grosse interrogation. Jâai revu trois ou quatre dĂ©tenues, pour des entretiens informels. Je ne peux pas gĂ©nĂ©raliser mais je sentais que le poids du milieu social, des parents, reprenaient vite le dessus⊠Paradoxalement, jâavais lâimpression que ces femmes avaient plus de ressort de pouvoir sur leur propre corps en prison quâĂ lâextĂ©rieur.
lâObservateur
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