đ«đ· La justice valide les fouilles Ă nu dâun dĂ©tenu
Montrez votre soutien aux forces de lâordre en ajoutant notre mĂ©dia Ă vos favoris sur GoogleLe tribunal administratif de Nantes a rejetĂ© le recours dâun ancien dĂ©tenu du centre pĂ©nitentiaire du Havre, qui a attaquĂ© lâĂtat pour lui avoir infligĂ© des « traitements inhumains et dĂ©gradants » lors de ses transferts dans les prisons de Nantes (Loire-Atlantique) et du Mans (Sarthe). Cyril Grard, 35 ans, estime en effet que les neuf fouilles Ă nu intĂ©grales quâil avait dĂ» subir en lâespace de quinze mois, entre mars 2015 et juillet 2016, Ă©taient « injustifiĂ©es ».
Le dĂ©tenu normand â qui purge une peine de dix ans de prison pour viol â rĂ©clamait donc 100 ⏠de dĂ©dommagements et 1 500 ⏠de frais de justice pour chacune dâentre elles.
Les fouilles intĂ©grales ne sont thĂ©oriquement possibles « que si les fouilles par palpation ou lâutilisation de moyens de dĂ©tection Ă©lectronique sont insuffisantes », stipule Ă ce sujet la loi pĂ©nitentiaire du 24 novembre 2009.
En lâoccurrence, « M. Grard a Ă©tĂ© incarcĂ©rĂ© au centre pĂ©nitentiaire du Havre le 1er dĂ©cembre 2013 puis dans plusieurs Ă©tablissements pĂ©nitentiaires, dont le centre pĂ©nitentiaire de Nantes et la maison dâarrĂȘt du Mans-Les Croisettes », rappelle le tribunal administratif de Nantes en prĂ©ambule de son jugement.
Les juges relĂšvent que lâadministration pĂ©nitentiaire a justifiĂ© ces fouilles Ă nu intĂ©grales par le « profil pĂ©nitentiaire » du requĂ©rant : il a Ă©tĂ© « sanctionnĂ© Ă plusieurs reprises pour des faits de violence Ă lâencontre du personnel pĂ©nitentiaire avec arme artisanale ». Cyril Grard sâest Ă©galement livrĂ© Ă des « violences sur des codĂ©tenus » et des « insultes et menaces Ă lâencontre des personnels et de leurs familles ».
« Dans ces conditions, eu Ă©gard Ă la nature de ces faits et au comportement de lâintĂ©ressĂ© en dĂ©tention, les mesures de fouilles intĂ©grales (âŠ) ne peuvent ĂȘtre regardĂ©es comme prĂ©sentant un caractĂšre disproportionnĂ© », conclut le tribunal administratif de Nantes.
Cyril Grard a en effet Ă©copĂ© le 8 juillet 2015 dâun an de prison supplĂ©mentaire par le tribunal correctionnel de Nantes, pour avoir menacĂ© de mort des surveillants et des magistrats qui lui refusaient son transfert dans une prison normande.
Il comparaissait Ă©galement pour des « dĂ©gradations » commises, toujours en dĂ©tention, sur la porte de sa cellule. Lâhomme, qui travaillait auparavant dans le domaine de la sĂ©curitĂ© et le secteur du bĂątiment, avait ainsi menacĂ© « dâenvoyer une Ă©quipe » Ă un juge sâil nâĂ©tait pas transfĂ©rĂ© Ă la maison dâarrĂȘt de Rouen ou au centre pĂ©nitentiaire du Havre, pour se rapprocher de sa mĂšre handicapĂ©e et de sa fille. « Je suis prĂȘt Ă tuer et Ă mourir pour voir ma famille », avait-il Ă©galement lancĂ© Ă ses victimes.
« Il a mĂȘme pris le temps dâĂ©crire un courrier au procureur de la RĂ©publique de Nantes, de coller un timbre et de lâaccompagner dâun joli dessin de tombe ! Câest inacceptable », avait alors fustigĂ© le substitut du procureur Ă lâaudience.
Paris-Normandie
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