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Attentat de Condé-sur-Sarthe : Les coaccusés de Michaël Chiolo clament leur innocence au procès

·La rédaction ⏱ 3 min
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Le procès de l’attentat perpétré en 2019 à la prison de Condé-sur-Sarthe entre dans une phase cruciale. Devant la cour d’assises spéciale de Paris, les anciens codétenus de Michaël Chiolo, figure radicalisée de la mouvance jihadiste, continuent de nier toute implication dans l’attaque au cours de laquelle deux surveillants pénitentiaires avaient été grièvement blessés. Jugés pour association de malfaiteurs terroriste (AMT), Yassine Merai, Jérémy Bailly et Nabil Ganned affirment n’avoir « rien vu venir ».

Le 5 mars 2019, Michaël Chiolo, incarcéré pour des faits de terrorisme, et sa compagne Hanane Aboulhana avaient agressé violemment deux agents au sein de l’unité de vie familiale (UVF) de la prison de Condé-sur-Sarthe (Orne), à l’aide de couteaux en céramique introduits en détention. L’attaque avait été préméditée, visant, selon Chiolo, à « tuer un maximum de victimes ». Les surveillants, malgré de graves blessures au cou, à la tête et au torse, étaient parvenus à enfermer le couple. L’assaut mené par les forces de l’ordre avait blessé Chiolo et coûté la vie à sa compagne.

Trois coaccusés sur le banc des accusés

Si l’instruction avait initialement conclu à un non-lieu pour les codétenus de Chiolo, le Parquet national antiterroriste (Pnat), en désaccord, avait fait appel. Résultat : trois anciens détenus comparaissent à Paris, poursuivis pour AMT et encourant la réclusion criminelle à perpétuité, tous en état de récidive.

Yassine Merai, ancien trafiquant de drogue converti à l’islam radical et actuellement en fuite à l’étranger, est jugé par défaut. Son avocat, Me Martin Méchin, affirme que son client est « terrorisé à l’idée de retourner en prison ». Durant l’audience de samedi, la présidente a lu les déclarations qu’il avait faites en garde à vue. Il y affirme n’avoir hébergé, à Alençon, les épouses de détenus — dont Hanane Aboulhana — que par « générosité », réfutant toute proximité avec Chiolo. Un argument battu en brèche par l’accusation, qui le place parmi les habitués de la « salle de convivialité » où aurait été élaboré le projet d’attentat.


« J’étais proche de tous les barbus »

Jérémy Bailly, lui, n’est pas un inconnu des services antiterroristes. Condamné à 28 ans de réclusion en 2017 pour son rôle dans l’attentat à la grenade contre une épicerie casher à Sarcelles en 2012, il faisait partie de la cellule jihadiste « Cannes-Torcy ». À l’audience, crâne rasé, élocution rapide et confuse, il ne cache pas ses liens avec Chiolo relate Le Parisien : « J’étais proche de tous les barbus », affirme-t-il. Mais il jure n’avoir rien su du projet d’attentat : « Je n’ai rien vu venir. J’ai été surpris. »

Tout au long des échanges, Chiolo et Bailly multiplient les plaisanteries dans le box, semblant presque heureux de leurs retrouvailles, en dépit de la gravité du procès.

Dernier coaccusé : regrets, mais pas d’aveux

Nabil Ganned, 35 ans, également poursuivi, nie lui aussi toute connaissance du plan. « J’ai dit parfois des choses méchantes contre les surveillants, je les ai insultés… mais je le regrette », confesse-t-il à la barre. À la question directe de la présidente : « Michaël Chiolo vous a parlé de son projet d’attentat ? », il répond catégoriquement : « Non. Je n’étais au courant de rien. »

Michaël Chiolo, principal accusé, soutient d’ailleurs cette version : selon lui, il aurait volontairement caché ses intentions à ses codétenus.

Un procès qui s’éternise

Les débats doivent se poursuivre lundi et mardi. La fin du procès, initialement prévue pour le 4 juillet, pourrait être repoussée au 7 juillet, a indiqué la présidente de la cour samedi.

Ce procès met une nouvelle fois en lumière les tensions sécuritaires dans les établissements pénitentiaires français, et pose la question sensible de la radicalisation et de ses complicités, explicites ou tacites, derrière les barreaux.

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