Le “tueur de Twitter” exécuté au Japon : Il avait piégé neuf personnes dont huit femmes sur le réseau social
Montrez votre soutien aux forces de l’ordre en ajoutant notre média à vos favoris sur GoogleTakahiro Shiraishi, tristement surnommé « le tueur de Twitter », a été exécuté par pendaison ce vendredi matin au Japon. Âgé de 34 ans, il avait été condamné à mort en 2020 pour le meurtre de neuf personnes, dont huit jeunes femmes, qu’il avait piégées via le réseau social aujourd’hui appelé X.
L’affaire avait bouleversé le pays tout entier par son horreur et sa cruauté. En 2017, Shiraishi repérait ses victimes en ligne, ciblant particulièrement les personnes exprimant des idées suicidaires. Comme le relate Le Parisien, se faisant passer pour un homme prêt à « mourir à leurs côtés », il attirait ces jeunes femmes dans son appartement de Zama, en banlieue sud-ouest de Tokyo. Là, il les battait, les étranglait, les mutilait. Le ministre japonais de la Justice, Keisuke Suzuki, a rappelé ce vendredi lors d’une conférence de presse : « Les neuf victimes ont été battues et étranglées, tuées, volées, puis mutilées. Des parties de leurs corps ont été dissimulées dans des boîtes, d’autres jetées dans une décharge. »
Le 31 octobre 2017, la police avait découvert l’horreur dans le logement du tueur : 240 morceaux de restes humains soigneusement rangés dans des glacières et des boîtes à outils, saupoudrés de litière pour chat pour masquer les odeurs de décomposition. L’enquête avait été déclenchée après la disparition d’une jeune femme de 23 ans. Son frère, inquiet, avait accédé à son compte Twitter et identifié des échanges troublants avec un utilisateur suspect. Ce compte appartenait à Shiraishi, qui se présentait comme un « bourreau professionnel ».
Le procès de Shiraishi en 2020 avait été très médiatisé. Ses avocats avaient tenté de plaider la perpétuité, estimant que les victimes, exprimant des pensées suicidaires, avaient consenti à leur mort. Mais le tribunal avait balayé cet argument, considérant que le tueur avait exploité la vulnérabilité psychologique de ses proies « pour satisfaire égoïstement ses désirs sexuels et financiers ». « La dignité des victimes a été piétinée », avait déclaré le juge, justifiant la peine capitale.
L’exécution de Shiraishi marque la première application de la peine de mort au Japon depuis juillet 2022, date à laquelle Tomohiro Kato avait été pendu pour un massacre à Akihabara en 2008. Le Japon, avec les États-Unis, est l’un des deux seuls pays du G7 à maintenir la peine capitale, soutenue par une majorité de la population malgré les critiques internationales.
Environ 100 condamnés à mort sont actuellement incarcérés dans le pays, dont 49 ont demandé un nouveau procès. Officiellement, les exécutions doivent avoir lieu dans les six mois suivant l’épuisement des recours, mais en pratique, les prisonniers peuvent attendre des années dans un isolement quasi total.
Cette affaire, qualifiée de « choc national », avait relancé de nombreux débats au Japon, notamment sur la régulation des réseaux sociaux, la prévention du suicide – fléau persistant dans le pays – et la vulnérabilité des plus jeunes face aux prédateurs en ligne.
Takahiro Shiraishi est désormais mort, mais les cicatrices laissées par ses crimes, elles, resteront longtemps vivantes dans la mémoire collective japonaise.
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