Saint-Germain-Laval : Un Ivoirien jugé pour la mort d’un enfant de 10 ans battu à coups de ceinture
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Le procès de Gouassouh, un Ivoirien de 40 ans, s’est ouvert mardi devant la cour d’assises de Seine-et-Marne. L’homme est jugé pour « violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner » sur un enfant de 10 ans, Aboubakar, décédé en septembre 2017 à Saint-Germain-Laval après avoir été sévèrement battu.
Derrière les faits, une histoire familiale complexe. L’enfant, qui résidait avec ses parents à Bondy (Seine-Saint-Denis), avait été envoyé par sa mère chez un couple d’amis vivant en Seine-et-Marne. Selon elle, il fallait l’éloigner d’un environnement jugé néfaste : l’enfant aurait commencé à fréquenter des dealers et à tremper dans des affaires de stupéfiants relate Le Parisien.
Pour tenter de « redresser » son fils, la mère confie Aboubakar à ces proches, qu’elle présente comme son « oncle » et sa « tante », bien qu’aucun lien de parenté ne les unisse réellement.
Au sein de ce foyer, l’enfant est confronté à des méthodes éducatives violentes. L’accusé, hébergé depuis 2012 par ce couple, aurait à plusieurs reprises frappé Aboubakar à coups de ceinture, une pratique qualifiée de « chicotage » dans certains pays d’Afrique de l’Ouest. Selon l’instruction, la mère elle-même aurait autorisé ces corrections. Le frère aîné d’Aboubakar l’aurait même déjà frappé à l’aide de fils électriques à la demande de leur mère.
C’est à la suite d’une série de provocations verbales de l’enfant — des récits inventés mêlant trafic de drogue, aventures précoces et clips de rap — que Gouassouh décide de le punir. Le 4 septembre 2017, pendant l’absence de ses hébergeurs, il emmène le garçon dans le garage et le frappe avec sa ceinture « des épaules aux chevilles, toujours de dos », selon ses propres déclarations.
Deux jours plus tard, le drame survient. Le 6 septembre, après s’être cogné la tête dans la salle de bains, Aboubakar est retrouvé inconscient par l’accusé, qui tente de le ranimer en lui appliquant une crème et en lui administrant du paracétamol. Transporté d’urgence à l’hôpital de Montereau-Fault-Yonne, l’enfant décède peu après son admission. L’autopsie révèlera de nombreuses ecchymoses mesurant jusqu’à 25 centimètres.
Lors de l’audience, Gouassouh, en situation irrégulière sur le territoire français, a été confronté à de nombreuses zones d’ombre sur son rôle exact, mais aussi sur les responsabilités des parents biologiques de l’enfant. Son avocat, Me Romuald Sayagh, a demandé un supplément d’information visant notamment à obtenir le casier judiciaire des parents d’Aboubakar, laissant entendre que d’autres responsabilités auraient pu être mises en cause dans ce dossier.
L’accusé, qui encourt jusqu’à trente ans de réclusion criminelle, comparaît libre après un an de détention provisoire. Le verdict est attendu vendredi.
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