Fraude aux retraites : jusqu’à 80 millions d’euros indûment versés en Algérie selon la Cour des comptes
Montrez votre soutien aux forces de l’ordre en ajoutant notre média à vos favoris sur GoogleLa Cour des comptes lève le voile sur un sujet sensible et longtemps resté flou : la fraude aux retraites françaises versées à l’étranger.
Dans un rapport publié ce lundi, l’institution évalue entre 40 et 80 millions d’euros le montant des pensions indûment versées en 2023 en Algérie, principal pays bénéficiaire hors de France relate le JDD.
Sur un total de 1,1 milliard d’euros de pensions versées à ce pays, la fraude représenterait ainsi jusqu’à 7 % du montant global. Le Maroc, également ciblé, affiche une estimation plus contenue mais significative : 12 millions d’euros de pensions versées à tort sur les 400 millions d’euros alloués.
Décès non déclarés et anomalies
La principale cause de ces versements indus ? Des décès non déclarés de retraités, qui continuent à percevoir indûment une pension française. Depuis 2022, grâce à des agents spécialisés en fraude documentaire, des contrôles ont permis d’identifier entre 2 et 5 % de cas de décès non signalés dans les échantillons étudiés, notamment en Algérie, au Maroc et en Turquie.
Le rapport pointe également un chiffre souvent brandi dans le débat public : le nombre anormalement élevé de centenaires percevant une pension depuis l’étranger. Si leur proportion est légèrement supérieure à celle observée en France (0,23 % contre 0,19 %), la Cour appelle à la prudence. Elle explique ce phénomène par des facteurs démographiques, et non nécessairement par des fraudes. Les retraités vivant à l’étranger sont souvent nés avant ou pendant la Première Guerre mondiale, dans des zones moins impactées par la chute de natalité de l’époque. Au total, 2 445 centenaires vivant à l’étranger reçoivent une retraite française.
Des contrôles renforcés hors d’Europe
Depuis 2017, les contrôles ont été intensifiés, notamment en Europe, où les échanges informatisés avec les caisses de retraite locales facilitent la détection des anomalies. Hors Europe, la tâche s’avère plus complexe. Pour y remédier, la France prévoit, dès 2025, de renforcer les contrôles physiques sur place, en s’appuyant sur des partenaires locaux, sous surveillance étroite des autorités françaises.
Une vigilance nécessaire
Ce rapport souligne l’enjeu financier et politique de la lutte contre la fraude aux retraites versées à l’étranger. Si des progrès ont été réalisés, la surveillance reste cruciale pour éviter les dérives, tout en distinguant clairement les anomalies statistiques des cas avérés de fraude.
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