Mort de deux surveillants pénitentiaires au péage d’Incarville : L’avocat de Mohamed Amra dépose plainte pour… « traitement inhumain et dégradant » en prison
Montrez votre soutien aux forces de l’ordre en ajoutant notre média à vos favoris sur GoogleMohamed Amra, surnommé « la Mouche », a déposé plainte contre X pour violences, dénonçant les conditions de sa détention dans la prison de Condé-sur-Sarthe, où il est incarcéré depuis son arrestation en Roumanie à la fin du mois de février. Une plainte qui suscite la polémique, dans un contexte toujours marqué par l’émotion et l’indignation provoquées par son évasion meurtrière de mai 2024.
Condamné dans plusieurs affaires, dont des faits de vol avec effraction et mis en examen pour enlèvement et séquestration ayant entraîné la mort ainsi que tentative d’homicide en bande organisée, Mohamed Amra avait fui lors d’une opération spectaculaire au péage d’Incarville (Eure), le 14 mai 2024. L’attaque de son convoi avait coûté la vie à deux agents pénitentiaires et blessé trois autres. Comme le relate Le Parisien, la cavale aura duré neuf mois, jusqu’à son arrestation en Roumanie.
Aujourd’hui, son avocat, Me Benoît David, dénonce les conditions dans lesquelles il est détenu. Interrogé ce mardi matin sur franceinfo, il évoque des actes de violence de la part de surveillants et décrit un régime de détention particulièrement dur : « Mon client est réveillé toutes les deux heures, avec fouille intégrale systématique », affirme-t-il. Pour l’avocat, ce traitement va au-delà de la seule privation de liberté : « Dès lors que vous ajoutez des mesures extrêmement contraignantes, vous provoquez un traitement inhumain et dégradant. »
Une plainte déposée dans un climat sensible, qui interroge sur la manière dont l’État de droit doit être appliqué, y compris pour les détenus les plus dangereux. « Si vous commencez à être violent et à faire subir des conditions contraires à la dignité humaine, vous perdez toute crédibilité dans un système judiciaire », insiste Me David. Et de rappeler : « Toute personne détenue, quel que soit le crime qui lui est reproché, doit être traitée avec dignité. C’est ça l’État de droit. »
Alors que la société reste marquée par la brutalité de l’évasion d’Amra et la mort de deux agents, ce recours en justice relance un débat délicat sur les limites entre sécurité et respect des droits fondamentaux.
À lire également
Deux surveillants blessés par un détenu lors d’un changement de cellule à Saint-Brieuc, une enquête ouverte
262 détenus et 55 matelas au sol à la prison de Pau, les syndicats menacent d’un blocage total
Trois détenus transférés de Domenjod vers l’Hexagone après la bagarre générale, une première à La Réunion