Sécurité Pénitentiaire : Une détenue radicalisée escortée de Strasbourg à Paris pour un simple examen médical
Montrez votre soutien aux forces de l’ordre en ajoutant notre média à vos favoris sur GoogleUn aller-retour de 1.000 kilomètres, mobilisant trois véhicules et quatre agents du pôle de rattachement des extractions judiciaires (PREJ) de Strasbourg, pour une consultation médicale de moins de quinze minutes à Paris : c’est la mission aussi étonnante qu’inquiétante qui a été confiée lundi à des agents pénitentiaires, chargés d’escorter une détenue radicalisée.
Incarcérée depuis mai 2024 à la maison d’arrêt de Strasbourg, après avoir été évaluée au quartier d’évaluation de la radicalisation (Q.E.R) de Fresnes, cette détenue a été extraite le 7 avril pour se rendre dans un centre d’imagerie médicale situé au cœur de la capitale. Une décision qui suscite aujourd’hui l’indignation du syndicat UFAP UNSa Justice, dénonçant un « véritable scandale » et un « déplacement incohérent ».
« Ce n’était pas pour une audience ni une convocation du parquet antiterroriste… mais pour un examen médical ! », s’insurge le syndicat dans un communiqué.
« Onze mois après Incarville, quelles leçons nos dirigeants ont-ils tirées de ce drame ? »Un déplacement à haut risque, onze mois après Incarville
Ce transfert intervient dans un contexte de forte tension : le souvenir de l’attaque du fourgon pénitentiaire à Incarville, survenue en mai 2024, reste vif. Lors de cette attaque, deux agents avaient été tués et le détenu Mohamed Amra, figure du narcotrafic, avait réussi à prendre la fuite avant d’être retrouvé en Roumanie.
Dans la foulée, le ministère de la Justice avait promis une série de mesures pour renforcer la sécurité : nouveaux véhicules, armement accru, développement de la visioconférence, et déplacement des magistrats dans les prisons pour limiter les extractions à risque.
Pourtant, malgré ces dispositifs, certaines décisions semblent aller à contre-courant des engagements pris. L’UFAP UNSa Justice pointe ainsi « un oubli manifeste » dans le cas de cette extraction, qualifiée de « dangereux aller-retour de dix heures à travers six départements »
Des risques pour une simple IRM ?
La consultation à Paris aurait duré moins d’un quart d’heure, selon le syndicat. Une durée qui questionne l’intérêt d’un tel déplacement, alors que nombre d’établissements hospitaliers en région disposent aujourd’hui d’équipements d’imagerie médicale performants. Pourquoi ne pas avoir opté pour une solution locale, ou envisagé une consultation par télé-expertise ?
« Nous ne remettons pas en cause la nécessité de soigner les détenus. Mais pourquoi exposer inutilement les agents ? », interroge le syndicat.
« Il est incompréhensible qu’en 2025, on en soit encore à mettre en danger la vie de fonctionnaires pour un rendez-vous qui aurait pu être évité. »
Une alerte de plus pour les syndicats pénitentiaires
Ce nouvel épisode illustre, selon les représentants syndicaux, un décalage persistant entre les réalités du terrain et certaines décisions administratives. Ils dénoncent « l’aveuglement » et « le manque de pragmatisme » de certains responsables, appelant à une réévaluation urgente des procédures d’extraction judiciaire pour les détenus les plus sensibles.
« Tant que des décisions déconnectées continueront d’être prises, nous courrons le risque de revivre un drame comme celui d’Incarville. »
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