Isère : Quand des dealers distribuent leurs publicités dans les boîtes aux lettres
Montrez votre soutien aux forces de l’ordre en ajoutant notre média à vos favoris sur GoogleUne méthode de marketing choc. Mardi matin, les habitants de Poisat, Saint-Martin-d’Hères et Eybens, dans l’Isère, ont découvert une surprenante distribution publicitaire : des flyers vantant des produits stupéfiants et leurs tarifs.
Ce phénomène, bien que déjà observé dans la métropole grenobloise, est une première à Poisat, une commune habituellement paisible de 2.300 habitants.
Une stratégie commerciale assumée
Les flyers, imprimés sur du papier cartonné, détaillent une gamme de drogues incluant cocaïne, cannabis, drogues de synthèse et protoxyde d’azote, mais aussi des cigarettes de contrebande. Le message se veut rassurant : « Des produits de confiance, un service à la hauteur de vos attentes » ou encore « Nous nous engageons à vous fournir des produits de la plus haute qualité, à consommer en toute sécurité ».
Si aucune zone de deal officielle n’est recensée à Poisat, cette opération commerciale traduit une volonté d’expansion du marché illégal. Le maire de la commune, Ludovic Bustos, se dit « sidéré » par cette initiative. « En même temps, je suis aussi réaliste puisque c’est réellement arrivé », confie-t-il au journal France Bleu. L’édile souligne que tous les quartiers n’ont pas été ciblés, mais certains de ses collègues élus ont bien reçu ces tracts.
« Uber Shit » : la démocratisation du deal 2.0
Cette stratégie marketing rappelle les services de livraison modernes, d’où le surnom « Uber Shit » attribué à ces méthodes. Le fonctionnement est simple : une liste de produits, des prix, des horaires de livraison, et un QR code permettant d’accéder à des réseaux de contact avec les dealers.
Face à cette réalité, les habitants réagissent diversement. « Je trouve ça inadmissible, cela ne devrait même pas exister », s’insurge une résidente. « Nos enfants sont touchés directement. » D’autres, en revanche, ne se disent pas surpris par cette nouvelle manière de prospecter.
Une enquête ouverte
Alertée, la mairie de Poisat a rapidement signalé les faits aux gendarmes de la brigade d’Eybens, qui ont ouvert une enquête. La municipalité a également averti la population via une boucle Whatsapp pour la sensibiliser à ces démarches illégales.
Alors que les dealers modernisent leurs modes de diffusion, les autorités, elles, doivent redoubler d’efforts pour contrer ces pratiques qui bousculent les cadres traditionnels de la lutte contre le trafic de stupéfiants
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