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Procès de l’assassinat de Samuel Paty : Le témoignage glaçant des premiers policiers sur les lieux encore « hantés » par la scène de crime

·La rédaction ⏱ 3 min
Procès de l’assassinat de Samuel Paty : Le témoignage glaçant des premiers policiers sur les lieux encore « hantés » par la scène de crime Ajoutez Actu FDO en favori pour nous soutenir

Vendredi matin, au procès de l’assassinat de Samuel Paty, les récits des premiers intervenants sur la scène du crime ont fait frémir la cour d’assises spéciale. Trois fonctionnaires — deux policiers municipaux et un capitaine de la police nationale — ont partagé leur expérience de cette journée tragique du 16 octobre 2020, près du collège du Bois d’Aulne à Conflans-Sainte-Honorine, dans les Yvelines.

« Il est en train de lui couper la tête »

Cécile, policière municipale chevronnée, patrouillait ce jour-là avec un jeune collègue, Cédric. Arrivés près du collège, ils observent un groupe d’adolescents, mais la présence d’un homme vêtu de noir attire leur attention. Comme le relate TF1 Info, alors qu’ils perdent brièvement de vue le groupe, un véhicule s’arrête près d’eux et des passagers paniqués crient : « Il est en train de lui couper la tête ». Devant eux, la scène surréaliste : un corps au sol, un homme noir de rage, déterminé dans son acte macabre. Cédric, pensant d’abord à une mise en scène pour Halloween, réalise l’atrocité de la scène.

Une fuite désespérée pour protéger les témoins

Sans armes pour intervenir, Cécile et Cédric décident de protéger les passants et surtout les adolescents du collège. « Il fallait que personne ne puisse voir cette horreur », a expliqué Cécile, qui tenta sans succès de joindre ses collègues par radio. Les policiers nationaux finissent par arriver, et Cécile leur indique l’emplacement du terroriste.

« Impacté de plusieurs balles », le terroriste « se relève »

L’arrivée de la police nationale marque une nouvelle étape dans l’horreur. Jérôme, capitaine de police, évoque le sentiment d’impuissance lorsqu’ils découvrent la scène. Ils retrouvent le terroriste, Abdoullakh Anzorov, et lui ordonnent à maintes reprises de lâcher ses armes. Mais Anzorov résiste, les visant même avec une arme. « J’ai eu la peur de ma vie », a confié Jérôme. Après avoir tiré pour le neutraliser, ils s’approchent du terroriste qui, malgré ses blessures, tente de se relever.

Les séquelles d’un traumatisme indélébile

Depuis ce drame, les trois fonctionnaires peinent à retrouver une vie normale. Cécile a déménagé et lutte contre des idées noires. Cédric, lui, est en mi-temps thérapeutique et évite les interventions de terrain. Quant à Jérôme, il a demandé à changer de commissariat en raison des tensions post-attentat. Chacun porte encore le poids de cette journée tragique, hanté par les images qui ne s’effacent pas.

« On n’a pas pu le sauver » : un sentiment de culpabilité

Cédric, en larmes, exprime un sentiment de culpabilité. « On n’a pas pu le sauver… il y a un petit garçon qui a perdu son papa », a-t-il confié, une douleur profonde partagée par les trois témoins. Le procès se poursuit, mais les séquelles de ce drame marqueront durablement la vie de ces fonctionnaires, témoins involontaires de l’innommable.

La rédaction

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