Prison de Bordeaux-Gradignan : Les chiffres incroyables récupérés par une députée. 420 détenus sont étrangers, 30% sont récidivistes…
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Le débat sur l’immigration revient sur le devant de la scène politique française. Le 31 octobre prochain, le Rassemblement National (RN) profitera de sa niche parlementaire pour présenter une proposition de loi visant à « faciliter l’expulsion des étrangers constituant une menace grave pour l’ordre public ». Ce texte, cosigné par Marine Le Pen et Edwige Diaz, députée de Gironde, cherche à assouplir les conditions d’expulsion des étrangers ayant été condamnés à une peine d’au moins trois ans d’emprisonnement.
Pour préparer ce débat, Edwige Diaz a visité le 11 octobre dernier la prison de Bordeaux-Gradignan. L’objectif de cette visite était de recueillir des informations sur la présence de détenus étrangers dans cet établissement. Comme le relate Sud-Ouest, Arnaud Moumaneix, directeur du centre pénitentiaire, a révélé que sur un total de 1071 détenus, 420 sont étrangers, principalement des Algériens et des Marocains, représentant pas moins de 85 nationalités. Cependant, le directeur n’a pas précisé combien d’entre eux étaient en situation régulière ou irrégulière. En ce qui concerne la récidiviste chez ces détenus étrangers, près de 30 % d’entre eux sont concernés.
Edwige Diaz a souligné que ces chiffres illustrent la réalité de la délinquance étrangère. « Si je viens à la prison de Bordeaux-Gradignan, c’est pour montrer que cette délinquance n’est pas un mythe », a-t-elle affirmé. Pour renforcer son argumentaire, elle a également auditionné Claire Geronimi, une jeune femme violée en 2023 par un sans-abri sous le coup d’une obligation de quitter le territoire français (OQTF). « Je ne dis pas que tous les étrangers sont des délinquants, mais certains crimes pourraient être évités si les délinquants étrangers étaient expulsés », a-t-elle ajouté.
Cette visite a aussi mis en lumière la problématique de la surpopulation carcérale à Bordeaux-Gradignan. Malgré la récente construction d’un nouveau bâtiment, la prison compte désormais 1071 détenus pour seulement 682 places. Cette situation contraint de nombreux détenus à dormir sur des matelas au sol, une réalité qu’Edwige Diaz a pu constater lors de sa visite. « Nous avons 124 matelas au sol », a précisé le directeur. La surpopulation aggrave également les violences au sein de l’établissement, avec une à deux agressions hebdomadaires contre les surveillants.
Pour Edwige Diaz, l’expulsion des délinquants étrangers permettrait non seulement de protéger les citoyens, mais aussi de lutter contre cette surpopulation. Toutefois, cette position est contestée par Maître Delphine Meaude, présidente de l’Institut du droit des étrangers au barreau de Bordeaux. Selon elle, les étrangers sont souvent condamnés plus sévèrement que les Français pour des faits similaires. « Un étranger en situation irrégulière ira systématiquement en prison, même pour des faits ridicules », affirme-t-elle, soulignant une discrimination dans le traitement judiciaire.
Le débat sur l’expulsion des étrangers et la gestion de la surpopulation carcérale promet d’être au cœur des discussions à l’Assemblée nationale, alors qu’une nouvelle loi sur l’immigration est prévue pour début 2025.
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