Procès du meurtre du policier Éric Masson : Ilias Akoudad condamné à 30 ans de prison
Montrez votre soutien aux forces de l’ordre en ajoutant notre média à vos favoris sur GoogleLe principal accusé dans l’affaire du meurtre d’Éric Masson, qui a été abattu sur un point de deal dans le centre-ville d’Avignon, a été condamné ce vendredi à 30 ans de réclusion criminelle, avec une période de sûreté de 20 ans, par la cour d’assises du Vaucluse.
Après deux semaines d’audience, les jurés ont mis plus de six heures pour parvenir à un verdict. Trois ans après le meurtre du brigadier Éric Masson, abattu dans le centre d’Avignon, le principal accusé, Ilias Akoudad, a été condamné à 30 ans de réclusion criminelle avec une période de sûreté des deux tiers, soit 20 ans, par la cour d’assises du Vaucluse.
Dans la matinée, avant que le jury ne se retire pour délibérer, celui qui a avoué en plein procès avoir tué le brigadier avait demandé “pardon à toute la famille de Monsieur Masson”. La cour a retenu la circonstance aggravante de meurtre sur personne dépositaire de l’autorité publique, point qui avait occupé une grande partie des débats.
Akoudad a également été condamné pour tentative de meurtre sur le collègue d’Éric Masson, alors que les deux policiers participaient le 5 mai 2021 à une banale opération de contrôle d’un point de deal. Comme le relate France Bleu, dans le box, Ilias Akoudad est resté comme interdit à l’annonce de sa peine, se mordant les lèvres pour ne pas réagir. Le père d’Éric Masson, a dit en sortant sa satisfaction que la circonstance aggravante ait été retenue : “La qualité de policier de mon fils a été reconnue”, mais a reconnu : “Il n’y a pas de gagnant, je reste un père qui a perdu son fils…”
Les deux autres accusés, Ayoub Abdi et Ismaël Boujti, écopent respectivement de trois et deux ans de prison. Tous trois ont 10 jours pour faire appel. Cette peine est cependant inférieure à celle requise jeudi par l’avocate générale, qui avait réclamé la perpétuité avec une période de sûreté de 22 ans. Elle avait estimé qu’Eric Masson a été “exécuté sans sommation, par un individu ivre de violence, fier du geste accompli”. Pour elle, les aveux partiels du jeune homme, en plein procès, avaient été “parfaitement orchestrés” et il était “absolument impossible” de prendre ces deux policiers pour des dealers concurrents.
La défense, représentée par Me Elise Arfi et Me Frank Berton, avait de son côté fait part de sa “trouille” que leur jeune client soit “emmuré vivant”. Depuis son interpellation, leur client avait toujours nié, mais lundi, Ilias Akoudad avait enfin reconnu qu’il avait bien tiré sur le brigadier, sans savoir que l’homme de 36 ans était un policier. Pour les avocats de la partie civile, la qualification pénale était plus attendue que la peine. “Nous voulons que cette qualité de policier soit reconnue”, avait martelé mercredi Me Philippe Expert dans sa plaidoirie.
Le 5 mai 2021, Eric Masson avait été tué en plein jour à Avignon alors qu’il effectuait une opération de surveillance de deal de rue avec son coéquipier Romain. Les deux policiers étaient en civil. Ce drame avait suscité une immense émotion, déclenché un hommage national et ravivé le malaise policier, déclenchant de nombreuses manifestations. Et la loi avait ensuite changé : désormais le meurtre d’un policier est passible de la peine maximale, la perpétuité assortie d’une période de sûreté de 30 ans.
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