‘‘Prenez leurs armes et butez-les, ces sales flics’’ : Deux balles sont tirées dans ses jambes, quatre dans le corps de son collègue…
Montrez votre soutien aux forces de l’ordre en ajoutant notre média à vos favoris sur GoogleLe 7 octobre 2020, deux policiers du groupe de répression du banditisme de la police judiciaire de Cergy ont été violemment agressés dans le Val-d’Oise. Enquêtant ce jour-là sur la séquestration d’un homme, gérant d’un entrepôt à Herblay, ils décident, avant de rentrer chez eux, de vérifier à bord d’une Renault Megane banalisée l’adresse de l’entrepôt. Sur place, ils rencontrent Lyess S., Stanley C. et Bakary D., aujourd’hui dans le box des accusés. Leur vie va basculer.
Selon le directeur d’enquête, les trois hommes sont des “malfaiteurs chevronnés, liés au trafic de stupéfiants”. Comme le relate La Dépêche, prenant les policiers pour des membres de la communauté des gens du voyage, les trois individus leur disent grossièrement de s’en aller.
Les policiers énoncent alors leur qualité de policiers à plusieurs reprises, et montrent leurs cartes professionnelles et leurs armes avant que l’altercation ne dégénère en violente bagarre. L’un des policiers, major de police de 48 ans, a témoigné devant la cour d’assises, décrivant comment il a cru mourir pendant l’attaque.
“J’ai pris un violent coup de poing dans le visage, j’ai vacillé. J’ai pris un coup de poing par-dessus. Au moment où je reprends connaissance, il est en train de m’étrangler. Je me dis ‘‘réagis parce que tu vas mourir’‘. Et là, cette phrase qui résonne en moi tous les jours : ‘‘prenez leurs armes et butez-les, ces sales flics’’. On se saisit de mon arme. Je l’implore pour qu’il ne commette pas…” chuchote-t-il.
Comme l’explique le quotidien régional, deux balles sont tirées dans ses jambes, quatre dans le corps de son collègue. “Ce qui me fait revenir à moi, c’est les râles” de ce dernier. Il parvient à composer le 17. “Je ne comprendrai jamais pourquoi on a subi ce tel déchaînement de violence, ma vie a volé en éclats”, explique-t-il en repliant sa jambe droite, dont le talon ne touche jamais le sol, l’une des séquelles physiques visibles.
Ses conséquences, également psychologiques de l’agression, ont été détaillées lors du témoignage. Les deux policiers souffrent de séquelles physiques et psychologiques graves, et leur vie personnelle et professionnelle est profondément affectée. La femme du major, également fonctionnaire de police, a partagé le quotidien difficile de son conjoint marqué par l’hypervigilance, même après leur déménagement. Leur fils de 10 ans, qui se rêvait un temps policier, a changé de vocation car “c’est un métier dangereux, on peut se faire tuer comme papa”.
Le major de police culpabilise “J’ai pas su protéger mon collègue […] Comment je vais réussir à protéger mon fils, mon épouse ?”. Son collègue réagit, “C’est un héros, il m’a sauvé la vie”. Pour ce gardien de la paix de 33 ans, major de promo, il y a également un avant et un après cette agression. Victime d’amnésie traumatique, il explique les conséquences de ce lynchage et de ses huit opérations : “Je vis chez mes parents, je me sens diminué, j’ai du mal à supporter mon corps. Je n’ai plus de vie sociale, un projet de vie privée est inenvisageable”.
Après ce témoignage, l’un des accusés, Bakary D. se lève et demande la parole. “Après avoir entendu Monsieur, j’ai un devoir : faire mes excuses. J’ai reconnu avoir porté des coups. Je tiens à lui demander pardon à lui, à sa famille et à ses proches”. La présidente de la cour en profite alors pour lui demander “Est-ce que vous dites pour autant que vous avez tiré ?”, celui-ci répond “Non”. En effet, s’ils ont reconnu leur présence sur les lieux, les trois accusés contestent avoir tiré, sans s’accuser entre eux.
Le verdict est attendu pour le 1er décembre.
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