đ«đ· Les prisons nâĂ©chappent pas au renseignement
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La mise en Ă©chec dâun projet dâattentat fomentĂ© par des dĂ©tenus de Fresnes a dĂ©montrĂ© lâefficacitĂ© des nouvelles mesures de surveillance et de renseignement derriĂšre les barreaux.
«Il y a urgence.» La ministre de la Justice, Nicole Belloubet, nâa pas cachĂ© son inquiĂ©tude, rĂ©agissant mardi matin Ă lâinterpellation de deux dĂ©tenus de Fresnes (Val-de-Marne), soupçonnĂ©s dâavoir fomentĂ© un projet dâattentat. Lâalerte initiale sur les projets terroristes des deux hommes, un Camerounais de 28 ans et un Français de 22 ans, Ă©manait de la Direction gĂ©nĂ©rale de la sĂ©curitĂ© intĂ©rieure (DGSI), selon nos informations. Le mode opĂ©ratoire et les cibles nâĂ©taient pas encore aboutis.
Ces arrestations ont remis en lumiĂšre le rĂŽle stratĂ©gique du renseignement pĂ©nitentiaire, qui a pris de lâampleur. Depuis la loi de 2016 et son entrĂ©e en vigueur en dĂ©but dâannĂ©e, les recrutements se sont enchaĂźnĂ©s et se poursuivent. 200 personnes y participent, dont une cinquantaine au Bureau central du renseignement pĂ©nitentiaire (BCRP). «Ăa reste encore un peu lâĂąge de pierre», relativise lâun de ses membres. «Avant, câĂ©tait le 118 712 !» souligne une source pĂ©nitentiaire, qui prĂ©fĂšre positiver : «DĂ©sormais, ces agents sont habilitĂ©s secret dĂ©fense. Ils font jeu Ă©gal avec les autres services de renseignement et utilisent les mĂȘmes techniques.» Autant dâĂ©lĂ©ments qui permettent une «circulation beaucoup plus fluide de lâinformation».
CĂŽtĂ© chiffre, sur 70 000 dĂ©tenus environ, 500 le sont dans le cadre de procĂ©dures antiterroristes et 1 150, purgeant une peine de droit commun, sont considĂ©rĂ©s comme radicalisĂ©s. «Une Ă©pidĂ©mie galopante au sein de la dĂ©tention, fustige le syndicat Ufap, avec des gens qui se baladent au milieu de tout le monde, quâil faudrait mettre en quarantaine.» Une volontĂ© dâun «Guantanamo Ă la française», selon ses dĂ©tracteurs. Câest quâen matiĂšre pĂ©nitentiaire, il y a eu «un avant et un aprĂšs Osny», relĂšve cette source, en rĂ©fĂ©rence Ă la tentative de meurtre perpĂ©trĂ©e en septembre 2016 par un dĂ©tenu radicalisĂ© sur un gardien de cette prison du Val-dâOise. Lâattaque avait sonnĂ© le glas des cinq unitĂ©s regroupant les dĂ©tenus islamistes les plus durs.
Le Parisien
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