đ«đ· Dans une ferme de Picardie, des dĂ©tenus en fin de peine retrouvent la lumiĂšre
Montrez votre soutien aux forces de lâordre en ajoutant notre mĂ©dia Ă vos favoris sur GoogleâCâest unique en France ce qui se passe ici!â, clame Eric de VillerochĂ©, prĂ©sident de lâassociation de la ferme de Moyembrie dans lâAisne, oĂč des dĂ©tenus sâadonnent aux travaux agricoles, un âsasâ prĂ©parant au choc de leur rĂ©insertion.Â
Sous un soleil de plomb en cette fin aoĂ»t, une vingtaine de personnes ramassent des pommes de terre: sur le champ, des dĂ©tenus dâhumeur joyeuse cĂŽtoient des encadrants et leurs jeunes enfants. Olivier, ancien agriculteur qui purge les derniers mois de sa peine de sept ans, raccompagne les bambins Ă la ferme en tracteur, fier comme Artaban.
âLa prison, câest un endroit qui broie. Ces hommes ont payĂ© leur faute, maintenant la meilleure chose que la sociĂ©tĂ© puisse faire est de les aider Ă se reconstruire pour quâils soient bien intĂ©grĂ©s et quâils aient une vie normaleâ, explique M. De VillerochĂ©, dont lâassociation est rattachĂ©e Ă EmmaĂŒs.
Les dĂ©tenus de Coucy viennent majoritairement dâĂ©tablissements des Hauts-de-France, aprĂšs validation de leur demande par lâAdministration pĂ©nitentiaire et le juge dâapplication des peines (JAP).Â
Sur place, ils bĂ©nĂ©ficient dâun contrat dâinsertion Ă mi-temps de 21 heures de travail, payĂ© 680 euros, dont ils reversent 280 Ă la structure qui les loge et les nourrit. Libre Ă eux de choisir entre maraichage, Ă©levage, travaux de rĂ©fection des bĂątiments ou en cuisine.
âOn ne fait pas du maraichage pour sâoccuper, mais parce quâon a 120 paniers Ă livrer par semaine, il faut que ça envoie!â, fait remarquer Simon Yverneau, 34 ans, un des sept salariĂ©s de lâencadrement, alors que la moitiĂ© de la production, Ă©tiquetĂ©e âbioâ, est vendue Ă Montreuil, prĂšs de Paris.
12h15, lâheure du dĂ©jeuner. Au bout de la grande tablĂ©e, un dĂ©tenu demande de faire silence. Ils sâagit dâaccueillir dignement un nouveau venu, JoĂ«l. Celui-ci se lĂšve: âje viens de la prison de Bapaume et je suis bien content dâĂȘtre ici, ça va me changer!â. Difficile de connaĂźtre les crimes commis par les dĂ©tenus: âpas dâĂ©vocation du passĂ©â lit-on sur la grande affiche dictant les rĂšgles de vie.
âRegardez le cadre de vie, câest magnifique!â sâenthousiasme Ali, 33 ans, condamnĂ© Ă six ans de prison ferme, ouvrant les volets de sa chambre, avec vue sur les chĂšvres lui offrant le lait pour le fromage quâil a appris Ă confectionner.
âIci, câest mon espace intime, il nây a pas de fouilles ou les bruits de la prisonâ, remarque-t-il, lui qui dispose des clefs de sa chambre et peut recevoir femme et enfants le week-end.
Mais la libertĂ© nâest pas totale: en cas de dĂ©passement de la limites des 25 hectares de la propriĂ©tĂ©, âcâest considĂ©rĂ© comme une Ă©vasionâ, rappelle M. De VillerochĂ©.
Environ 10% des dĂ©tenus passĂ©s par Moyembrie retournent aussi Ă la case prison pendant leur sĂ©jour, certains ne parvenant pas Ă sâhabituer aux rĂšgles de la vie en collectivitĂ©.
Cet environnement apaisant nâempĂȘche pas non plus la crainte de lâaprĂšs: âle plus marquant ici est le calme et la beautĂ© du lieu. La sortie et la fin du contrat me font peur, jâai une boule dâangoisse tous les matins au rĂ©veil en y pensantâ, confie Michel, 51 ans, visage marquĂ© par la rue, profitant du silence quasi absolu aprĂšs avoir travaillĂ© toute la matinĂ©e dans les serres.Â
France 3
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