đ«đ· Un an de prison pour les dĂ©tenus qui ont tabassĂ© le «dĂ©peceur» en Seine-et-Marne
Montrez votre soutien aux forces de lâordre en ajoutant notre mĂ©dia Ă vos favoris sur Google«Cette personne me fait peur. Je me suis senti en danger.» Bilal S. cherche ses mots. Ce prisonnier du centre pĂ©nitentiaire de Meaux-Chauconin (Seine-et-Marne) et son codĂ©tenu Ă©taient jugĂ©s ce lundi pour des violences aggravĂ©es commises au sein de lâĂ©tablissement.
ĂgĂ©s de 19 et 20 ans, les deux hommes sont en dĂ©tention provisoire pour des affaires de complicitĂ© de tentative de meurtre pour lâun et dâassassinat pour lâautre. Debout dans le box, Bilal a expliquĂ© son geste par la crainte que lui inspirait lâidentitĂ© de sa victime. Le 3 juillet, lui et Ruben M. ont violemment frappĂ© FrĂ©dĂ©ric Tribout dans la cour de la prison. Ce trentenaire avait Ă©tĂ© condamnĂ© trois jours plus tĂŽt Ă trente ans de rĂ©clusion par la cour dâassises de Seine-Saint-Denis. Il a Ă©tĂ© reconnu coupable dâavoir tuĂ©, dĂ©membrĂ© et brĂ»lĂ© le corps de la compagne de son frĂšre en octobre 2013.
Lâagression a Ă©tĂ© filmĂ©e par les camĂ©ras de surveillance de la prison. Elle dĂ©coulerait en premier lieu dâune histoire de changement de cellule. Selon Bilal, la victime lui aurait donnĂ© lâassurance de lui cĂ©der la sienne. «Elle est un peu plus grande que la mienne et jâaurais pu parler avec mes potes Ă la fenĂȘtre», explique-t-il. Las, FrĂ©dĂ©ric Tribout aurait changĂ© dâavis.
Un refus auquel le prĂ©venu a rĂ©pondu par des coups de poing, avant que son codĂ©tenu accoure et assĂšne un violent croc-en-jambe Ă la victime. Celle-ci souffre dâune double facture tibia-pĂ©ronĂ© Ă la jambe droite. Une incapacitĂ© totale de travail de 45 jours lui a Ă©tĂ© notifiĂ©e, lâunitĂ© judiciaire qui mesure la gravitĂ© de blessures.
FrĂ©dĂ©ric Tribout Ă©tait absent lors de lâaudience
«Je lâai mal pris, confirme Bilal en Ă©voquant la discussion avec FrĂ©dĂ©ric Tribout. Jâai eu peur pour moi parce que son histoire me fait peur. Je nâallais pas attendre le premier coup.» La peur semblait Ă©quitablement rĂ©partie dans ce procĂšs puisque FrĂ©dĂ©ric Tribout a invoquĂ© la crainte de reprĂ©sailles pour refuser dây assister.
Ruben, le codĂ©tenu de Bilal, a quant Ă lui assurĂ© quâil souhaitait sĂ©parer les deux dĂ©tenus. «Vous vouliez le protĂ©ger (NDLR : FrĂ©dĂ©ric Tribout) mais vous lui avez cassĂ© la jambe», a soulignĂ© la prĂ©sidente. «Je lâai fait tomber mais je ne voulais pas lui faire du mal», a rĂ©pondu le prĂ©venu. La substitute de la procureure a appuyĂ© son rĂ©quisitoire sur les circonstances aggravantes des faits, en lâoccurrence des violences commises en rĂ©union et dans lâenceinte de la prison.
Me Boghossian, le conseil des deux dĂ©tenus, a dâabord listĂ© les trois coups qui ont Ă©tĂ© assĂ©nĂ©s en direction de la victime. «Nous sommes loin du dĂ©chaĂźnement de violences, a-t-il plaidĂ©. Il nây a pas eu de lynchage.» Puis lâavocat a Ă©voquĂ© la surpopulation carcĂ©rale Ă Meaux-Chauconin : «Tout cela créé des tensions qui nâexistaient pas Ă un tel niveau auparavant.» Les deux prĂ©venus ont Ă©tĂ© condamnĂ©s Ă un an dâemprisonnement avec maintien en dĂ©tention, soit la moitiĂ© de la peine requise par le ministĂšre public.
Le parisien
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