đ«đ· Sequedin: Les projections de colis continuent, malgrĂ© le grand fossĂ© Ă 300 000âŹ
Montrez votre soutien aux forces de lâordre en ajoutant notre mĂ©dia Ă vos favoris sur GoogleFace au grand fossĂ© qui entoure la maison dâarrĂȘt de Sequedin, BenoĂźt Normand, dĂ©lĂ©guĂ© syndical UFAP-UNSA-Justice, cite Coluche : « Câest toujours mieux que si câĂ©tait pire. » Comprendre : avant que la pĂ©nitentiaire ne dĂ©cide de creuser ce trou, large dâenviron 4 mĂštres et dâune profondeur que nous avons estimĂ©e Ă prĂšs de 3 mĂštres en moyenne, il y avait davantage de colis projetĂ©s.
« On a dĂ©jĂ eu des journĂ©es Ă cent, cent vingt projections », indique le surveillant. Ăa, câĂ©tait avant la fin du mois de septembre 2016, lorsque la terre autour de la prison Ă©tait encore plate. Mais si le grand fossĂ©, qui a coĂ»tĂ© quelque 300 000 âŹ, a freinĂ© les vellĂ©itĂ©s des livreurs illĂ©gaux, il ne les a pas non plus complĂštement stoppĂ©es. « Depuis le dĂ©but de lâĂ©tĂ©, on est repartis Ă 30 Ă 50 colis par week-end ! »
Mais comment font-ils ? Tout dâabord, certains, rares, tentent le saut en longueur au-dessus du fossĂ© ; un surveillant postĂ© au mirador atteste lâavoir dĂ©jĂ constatĂ©. Ensuite, ils dĂ©coupent le grillage, et lancent. Un manĂšge qui est davantage nocturne, depuis que les douves existent. Il leur faut tout de mĂȘme dĂ©sormais plus de temps avant dâarriver Ă leur but.
Les colis, sur lesquels sont souvent Ă©crits les surnoms des dĂ©tenus « livrĂ©s », sont empaquetĂ©s Ă lâaide de gros scotch, et balancĂ©s dans la cour de promenade des hommes. Les femmes incarcĂ©rĂ©es ne se livrent pas Ă ce passe-temps illĂ©gal. Aux heures de promenade, deux fois par jour, les rĂŽles sont bien rĂ©partis. Un dĂ©tenu ramasse les colis et les envoie rapidement Ă dâautres prisonniers, restĂ©s eux dans leurs cellules. Ces derniers les font remonter dans les Ă©tages grĂące Ă un systĂšme de yo-yo. Tout cela en moins de temps quâil nâen faut pour le dire. Autre mode opĂ©ratoire constatĂ© rĂ©cemment par les surveillants : les lanceurs visent lâespace entre les deux bĂątiments. Les colis sont parfois enveloppĂ©s dans des sacs Ă patates afin dâĂȘtre plus facilement « accrochables » pour ĂȘtre « pĂȘchĂ©s » depuis les cellules. Par ailleurs, des « petites livraisons » sont placĂ©es dans des balles de tennis, faciles Ă jeter.
Une vingtaine de téléphones portables
Les surveillants parviennent Ă en intercepter une bonne partie. Le week-end dernier, se trouvaient dans les colis une vingtaine de tĂ©lĂ©phones portables (interdits en dĂ©tention). BenoĂźt Normand craint que le terrain de football Ă lâintĂ©rieur de la prison, qui doit ĂȘtre remis en Ă©tat Ă la rentrĂ©e, ne soit une nouvelle piste dâatterrissage pour colis. Dâautant que, selon lui, le mirador chargĂ© de le surveiller « est tellement en mauvais Ă©tat que tu ne vois pas Ă travers la fenĂȘtre ». Sâil est important que les dĂ©tenus puissent se dĂ©penser, pour leur rĂ©insertion, BenoĂźt Normand pointe une « question de prioritĂ©s ».
Quây a-t-il dans un colis ?
Les lanceurs de colis se garent en « warnings » sur la bretelle de lâA25 qui longe la prison de Sequedin, descendent et, le plus souvent, visent la cour de promenade des hommes. Les colis sont utilisĂ©s pour « livrer » des marchandises ou des objets illĂ©gaux, quâil est impossible de faire entrer par les parloirs : cannabis, alcool, tĂ©lĂ©phones portables, et parfois de la viande. En gĂ©nĂ©ral, cette viande est halal, puisquâil nây en a pas en dĂ©tention. Certains prisonniers se sont mĂȘme dĂ©jĂ fait lancer des kebabs ! Plus grave, il est dĂ©jĂ arrivĂ© que les surveillants trouvent dans un colis un couteau.
Des lanceurs incarcérés⊠à Sequedin
Lorsque lâagent postĂ© au mirador voit un lanceur, il a pour mission dâalerter la police. Parfois, les dĂ©linquants sont arrĂȘtĂ©s : sâils sont majeurs, on les croise dans les comparutions immĂ©diates au tribunal correctionnel de Lille. « Sâils prennent de la prison ferme, devinez oĂč ils atterrissent : ici, Ă Sequedin, oĂč ils sont accueillis comme des hĂ©ros ! », rĂąle BenoĂźt Normand, dĂ©lĂ©guĂ© syndical UFAP. Les surveillants nâont pas le droit dâintervenir en-dehors de lâenceinte de la prison. Des Ă©quipes de sĂ©curitĂ© pĂ©nitentiaires sont en projet, dans ce but-lĂ prĂ©cisĂ©ment.
La voix du nord
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