đ«đ· Baumettes, des voitures de surveillants incendiĂ©es
Montrez votre soutien aux forces de lâordre en ajoutant notre mĂ©dia Ă vos favoris sur GoogleDeux voitures qui partent en fumĂ©e en pleine nuit. Des incendies dâorigine criminelle ont catĂ©goriquement conclu policiers et pompiers dĂ©pĂȘchĂ©s sur les lieux, chemin de Morgiou, Ă Marseille (9e). Une intervention rĂ©alisĂ©e dans lâurgence : dĂ©clarĂ© vers les 3 heures, le sinistre sâĂ©tait propagĂ© sur la pinĂšde et menaçait une habitation mitoyenne.
![]()
Certes contrariants pour les victimes, les faits nâont rien de vraiment originaux. La profession des propriĂ©taires des vĂ©hicules calcinĂ©s, elle, est plus Ă©vocatrice : deux surveillants des Baumettes. âNous sommes directement visĂ©sâ, est convaincu Cyril Antolin, du Syndicat pĂ©nitentiaire des surveillant(e) s (SPN). Pour preuve, lâhomme tient Ă jour une fĂącheuse comptabilitĂ© : âEn deux ans, cela fait dix vĂ©hicules de surveillants qui brĂ»lentâ, rĂąle-t-il. Une Ă©pidĂ©mie attribuĂ©e, sans aucun doute, Ă un cycle pressions-reprĂ©sailles qui se joue au quotidien Ă lâintĂ©rieur dâun centre pĂ©nitentiaire en surchauffe.
âNous avons surpris Ă plusieurs reprises des familles de dĂ©tenus en train de filmer les gardiens jusquâĂ leurs voitures pour pouvoir leur mettre la pressionâ, confie Cyril Antolin. âEnsuite, dans les couloirs, des prisonniers nous menacent de reprĂ©sailles si on ne leur accorde pas des facilitĂ©s ou si lâon se montre trop stricte avec le rĂšglement. Par exemple, si on trouve un portable pendant une fouille.â Un double incendie dâautant plus rageant pour le personnel quâil sâinscrit dans une longue sĂ©rie dâincidents, plus ou moins graves, rĂ©pertoriĂ©s ces derniers mois.
Déjà plusieurs débordements
Dans lâordre : deux gardiens agressĂ©s au couteau, en juin, par un dĂ©tenu qui exigeait de changer de cellule, suivi, quelques jours plus tard, dâun jet dâurine en pleine face. DĂ©but juillet, une tentative dâĂ©vasion nocturne qui a Ă©chouĂ© in extremis. Enfin, il y a une dizaine de jours, un surveillant lourdement frappĂ© alors quâil fermait la porte de la douche⊠Selon les syndicats, reçus en prĂ©fecture peu avant lâĂ©tĂ©, cette succession de faits est la consĂ©quence directe de conditions de travail et de dĂ©tention âen constante dĂ©gradationâ. âCâest le bĂątiment des Baumettes historique qui pose problĂšme depuis lâouverture de Baumettes 2â, indique Cyril Antolin. En cause, une Ă©quation gĂ©nĂ©ratrice de tensions : surpopulation carcĂ©rale et Ă©quipes en sous-effectif. âAu niveau de Baumettes 2, pour lâinstant, ça se passe bien. Le bĂątiment est neuf, les cellules sont Ă©quipĂ©es de doucheâŠ, observe le SPN. Mais dans la prison dite historique, en revanche, ça se gĂąte. Nos collĂšgues sont prĂšs du burn-out. Ă lâappel, on se retrouve certains jours Ă gĂ©rer le bĂątiment Ă deux.â
Pour tenter de rĂ©gler dĂ©jĂ la question de voitures incendiĂ©es ou vandalisĂ©es, Cyril Antolin et ses troupes ont Ă©tĂ© reçus par le maire du 9-10, Lionel Royer-Perreaut (LR), Ă qui ils ont rĂ©clamĂ© lâinstallation de la vidĂ©osurveillance sur la route qui longe les Baumettes. Une revendication qui devrait ĂȘtre satisfaite dĂ©but 2018. En attendant, les syndicats ont rĂ©itĂ©rĂ©, hier, leur demande de âpatrouilles de police municipale et nationale aux heures dâentrĂ©es et de sorties des personnelsâ.
La provence
à lire également
Deux surveillants blessĂ©s par un dĂ©tenu lors d’un changement de cellule Ă Saint-Brieuc, une enquĂȘte ouverte
262 dĂ©tenus et 55 matelas au sol Ă la prison de Pau, les syndicats menacent dâun blocage total
Trois dĂ©tenus transfĂ©rĂ©s de Domenjod vers lâHexagone aprĂšs la bagarre gĂ©nĂ©rale, une premiĂšre Ă La RĂ©union