đ«đ·Villefranche-sur-saĂŽne: Une enquĂȘte Ă charge publiĂ©e sur la prison, les surveillants rĂ©pliquent
Montrez votre soutien aux forces de lâordre en ajoutant notre mĂ©dia Ă vos favoris sur GoogleCâest une enquĂȘte jugĂ©e polĂ©mique par certains. Ă peine publiĂ©e, lâenquĂȘte de lâOIP Villefranche-sur-SaĂŽne : lâomerta, fait dĂ©jĂ dĂ©bat. MenĂ©e par Amid Khallouf, coordinateur inter-rĂ©gional Sud-Est de la section française de lâOIP, le document nâest pas tendre avec lâadministration et les surveillants de la prison de Villefranche.
âSâil est une maison dâarrĂȘt que les prĂ©venus et condamnĂ©s de la rĂ©gion lyonnaise redoutent, câest bien celle de Villefranche.â Câest ainsi que dĂ©bute lâenquĂȘte. La prison est mise en cause sur plusieurs points. âCet Ă©tablissement pĂ©nitentiaire est connu pour la duretĂ© de son rĂ©gimeâ, peut-on ainsi lire. Ici, câest un certain extrĂ©misme dans lâapplication du rĂšglement intĂ©rieur qui est abordĂ©. Une application apparemment âbĂȘte et mĂ©chanteâ.
LâenquĂȘte revient aussi sur un rapport du ContrĂŽleur gĂ©nĂ©ral des lieux de privation de libertĂ© (CGLPL) datant de 2012. Ă cette date dĂ©jĂ , âle CGLPL souligne des relations entre dĂ©tenus et surveillants empreintes dâune forte tensionâ. Un constat qui serait encore dâactualitĂ©, avec des fouilles Ă nu jugĂ©es abusives par lâOIP, des violences physiques ou encore des pressions. âLes personnes dĂ©tenues et leurs proches tĂ©moignent de leur indignation face Ă ces mĂ©thodes, quâils perçoivent comme une stratĂ©gie pour les faire craquer et les pousser Ă la fauteâ, dĂ©taille Amid Khallouf.
Certains surveillants confondraient âautoritĂ© et autoritarismeâ, selon un maton qui, en 2006, avait alertĂ© sur la situation dans une lettre anonyme. Pour autant, âces violences, brimades et provocations ne concernent heureusement pas la majoritĂ© du personnel de surveillance de la maison dâarrĂȘtâ, modĂšre Amid Khallouf dans son enquĂȘte.
LâenquĂȘte pointe Ă©galement du doigt âle mode de fonctionnement diffĂ©renciĂ©â de la prison, considĂ©rĂ© comme Ă©tant un ârĂ©gime discriminatoireâ. En fonction de son lieu dâincarcĂ©ration dans lâĂ©tablissement, certains dĂ©tenus ont plus ou moins de droits, notamment en ce qui concerne la participation aux activitĂ©s.
De son cĂŽtĂ©, le syndicat UFAP-UNSA Justice envoie une lourde charge contre lâOIP. âLa stratĂ©gie aujourdâhui, câest de retourner les chosesâ, explique Dominique VerriĂšre, secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral du syndicat pĂ©nitentiaire Ă Lyon. Et dâajouter qu’âil faut arrĂȘter un peu le cirqueâ.
Lâhomme ne mĂąche pas ses mots, quand il en vient Ă lâOIP. âLâOIP se fait surtout le porte-parole des plus casses-couillesâ explose-t-il, visiblement exaspĂ©rĂ© par les mĂ©thodes de lâObservatoire. âRien nâest tout blanc, rien nâest tout noir. Ă un moment il faut bien se poser les bonnes questionsâ ajoute-t-il.
Dominique VerriĂšre ne nie pas les violences. Ce qui le met en rage, câest lâĂ©cho que peuvent trouver certains actes isolĂ©s, au travers des mĂ©dias ou de lâOIP, jugĂ©s partiaux. âIl faut arrĂȘter de regarder par le petit bout de la lorgnette, selon lui. Ceux [les dĂ©tenus] qui veulent faire leur peine tranquillement, câest pas les surveillants leur plus grand problĂšme (âŠ). Certains subissent des violences de leurs codĂ©tenus et ça, je lâentends jamais de la part de lâOIPâ.
Lâattaque est lancĂ©e : lâOIP manquerait dâobjectivitĂ©. Et pour Ă©tayer son propos, Dominique VerriĂšre avance que la âla majoritĂ© des membres de lâOIP sont dâanciens dĂ©tenusâ. Et la consĂ©quence de ce manque dâobjectivitĂ© supposĂ© est la dĂ©valorisation du difficile travail des surveillants. âQuand on voit ce quâon essaie de mettre en Ćuvre pour les protĂ©ger entre eux, on peut avoir un petit sentiment dâinjusticeâ, dĂ©plore Dominique VerriĂšre.
Sur les violences des surveillants, le syndicaliste assure quâil est rare de voir des dĂ©tenus revenir avec des certificats mĂ©dicaux, alors que lui âa de trĂšs nombreux collĂšgues qui vont rĂ©guliĂšrement aux urgencesâ. Enfin, sur la question du fonctionnement diffĂ©renciĂ©, Dominique VerriĂšre balaye la critique dâun revers de la main. Il rappelle quâil sâagit dâune volontĂ© du ministĂšre de la Justice, destinĂ©e Ă âgarantir le principe dâindividualisation de la peine tout en assurant le respect de la rĂšgle de droit et la sĂ©curitĂ© des personnes.â
On sait que les relations entre lâadministration pĂ©nitentiaire, les dĂ©tenus, lâOIP, les surveillants et mĂȘme lâopinion publique sont souvent compliquĂ©es. En France, la situation carcĂ©rale demeure, quoiquâil en soit, particuliĂšrement tendue. Et ces prises de positions respectives pourraient venir ajouter de lâhuile sur le feu.
Lyon mag
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