Airbus et Saab se rapprochent pour développer un avion de combat de 6e génération, et cela se précise
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Dans les couloirs feutrés des ministères à Berlin comme sur les tarmacs balayés par l’odeur de kérosène, une idée s’impose peu à peu : et si la solution pour l’aviation de combat européenne passait par un rapprochement suédo-allemand, en dehors de l’axe franco-allemand traditionnel ? Découvrez comment Airbus et Saab se rapprochent, pourquoi cette piste séduit Berlin, et ce que cela implique pour le SCAF, le NGF et l’équilibre industriel européen. La raison surprenante de cette accélération ? Un compte à rebours discret, mais très réel, pour disposer d’un chasseur de 6e génération avant les années 2040.
Un projet franco-allemand à l’arrêt discret, une fenêtre d’opportunité qui se referme
Le Système de combat aérien du futur (SCAF) devait incarner le renouveau de l’Europe de la défense : un écosystème connecté combinant un avion de combat de nouvelle génération (NGF), des drones d’accompagnement (CCA), un “cloud de combat”, des capteurs distribués et une architecture collaborative. Pourtant, malgré une médiation menée au printemps, la relance n’a pas eu lieu. Pourquoi ? Parce que les points de blocage ne sont pas accessoires : ils touchent au cœur même de la gouvernance industrielle, de la propriété intellectuelle et des besoins opérationnels nationaux.
Dans ce bras de fer, Dassault Aviation réclame une gouvernance conforme à son rôle de maître d’œuvre sur l’avion piloté, citant son expérience unique en Europe sur la conception intégrée d’un chasseur (Rafale). Côté allemand, l’idée de rééquilibrer le pilotage au profit du Français ne passe pas. En toile de fond, un autre élément a crispé les positions : l’Allemagne a publiquement questionné sa participation au SCAF, rappelant que les besoins français (capacité nucléaire aéroportée, opérations depuis un porte-avions) ne sont pas ceux de la Bundeswehr. Faut-il s’en étonner ? Non. Mais la conséquence est lourde : la “colonne vertébrale” du SCAF — la feuille de route du NGF — est devenue incertaine.
Le pivot stratégique d’Airbus : préserver le “cloud de combat”, même sans NGF commun
Face à l’impasse, Airbus Defence & Space met en avant une solution pragmatique : dissocier les trajectoires de l’avion piloté, tout en sauvegardant le cœur du système — le cloud de combat, cette couche numérisée qui connecte avions, drones, senseurs et effecteurs dans une bulle de données temps réel. L’idée ? Accepter qu’il y ait “deux avions” plutôt qu’un, mais un même réseau unificateur.
Concrètement, cette option ouvre la voie à un duo parallèle : un chasseur porté par la France (évolution orpheline du NGF ou renforcement du Rafale de prochaine génération) ; un autre porté par l’écosystème Airbus, potentiellement avec Saab. Les deux plateformes seraient interopérables via des normes d’échange et un cloud commun, tandis que les drones, capteurs et logiciels resteraient en grande partie mutualisés. Ingénieusement, cela préserve une part significative de la valeur industrielle et technologique, tout en contournant la querelle sur le leadership du chasseur piloté.
Berlin regarde vers le Nord : pourquoi Saab s’impose comme partenaire “naturel”
La Suède a bâti une réputation singulière : cycles de développement courts, coûts maîtrisés, architecture ouverte. Le Gripen E/F en est l’illustration — une plateforme agile, pensée pour des opérations distribuées, dotée d’une chaîne d’approvisionnement en grande partie européenne. Politiquement, Stockholm a la culture des coopérations flexibles et ciblées. Industriellement, Saab protège jalousement ses compétences cœur, ce qui rassure… et pose des conditions claires.
Ces dernières années, des signaux faibles se sont multipliés : échanges entre gouvernements, coopération Saab-Airbus sur les drones de combat collaboratif, et mandat donné par l’agence suédoise FMV à Saab pour étudier un démonstrateur de chasseur de nouvelle génération. Lorsqu’Airbus explique être “en discussions productives” avec l’Allemagne et la Suède, un message se dessine : si l’architecture SCAF ne s’assainit pas rapidement, Berlin est prêt à emmener Airbus sur une trajectoire alternative, en misant sur l’agilité suédoise.
Ce que vous devez savoir sur les motivations allemandes
L’Allemagne fait face à une équation exigeante : assurer le renouvellement de ses capacités aériennes à l’ère des menaces A2/AD, tout en sécurisant un rôle industriel de premier plan pour Airbus Defence & Space. Trois leviers guident ses choix :
- Calendrier et autonomie d’accès : disposer d’un chasseur de 6e génération avant 2040 impose des décisions dès maintenant. Attendre une hypothétique résolution des différends SCAF ferait courir le risque d’un trou capacitaire.
- Poids industriel : Airbus veut demeurer architecte-système majeur, notamment sur les couches numériques (cloud, capteurs, intégration). Un partenariat avec Saab permettrait d’asseoir ce rôle, sans se heurter à l’exigence française d’un maître d’œuvre unique sur l’avion.
- Pragmatisme budgétaire : la Suède apporte une approche frugale et modulaire, attractive dans un contexte où chaque euro de défense doit produire des effets rapides et mesurables.
La vision d’Airbus : deux avions, une même “cerveau” numérique
Airbus défend un principe clé : l’important n’est pas que toute l’Europe vole le même avion, mais que toutes les plateformes partagent la même “intelligence” de combat. Ce cerveau ? Un cloud sécurisé, résilient, souverain, alimenté par une constellation de capteurs, capable de distribuer la bonne donnée au bon acteur au bon moment. Dans cette logique, un chasseur suédo-allemand et un avion français pourraient coopérer sans contrainte, entourés des mêmes drones loyal wingmen, manœuvrant au sein de la même bulle de supériorité informationnelle.
Est-ce réaliste ? Oui, si trois conditions sont réunies : des standards ouverts, une gouvernance claire des interfaces, et une discipline d’intégration logicielle digne des meilleurs programmes civils et militaires. L’Europe sait le faire dans l’aéronautique civile ; la question est d’aligner les mêmes exigences dans le militaire.
Le projet vu de Stockholm : ouverture à coopérer, mais sans diluer l’ADN Saab
Le patron de Saab a posé deux lignes rouges : un engagement politique net et la protection des compétences clés. En clair : pas question de devenir un sous-traitant sans voix. Cette position, loin de freiner les discussions, rassure sur la solidité du cadre : si la coopération se fait, elle sera structurée, lisible et propice aux transferts équilibrés. Pour Airbus et Berlin, c’est l’assurance d’un partenaire techniquement crédible, habitué à livrer des chasseurs « exportables » et configurables.
À quoi ressemble un chasseur de 6e génération “made in Europe” ?
Le terme “6e génération” n’est pas une norme, mais une ambition. Elle recouvre plusieurs briques technologiques appelées à fonctionner ensemble. En voici les piliers les plus probables dans une trajectoire suédo-allemande :
- Furtivité multi-spectrale pragmatique : signatures radar, infrarouge et électromagnétique optimisées, mais pensées pour l’entretien et les coûts de cycle de vie. Objectif : survivre dans des bulles A2/AD modernes sans “s’enfermer” dans des choix de maintenance prohibitifs.
- Capteurs distribués et fusion avancée : radar AESA nouvelle génération, IRST longue portée, guerre électronique cognitive, fusion à bord connectée à une fusion hors-bord via le cloud.
- Propulsion efficiente et gestion thermique : un cœur de poussée moderne, éventuellement prêt pour des évolutions hybrides énergétiques à l’horizon lointain, avec une attention particulière au refroidissement des calculateurs.
- Architecture logicielle ouverte : “app store” militaire contrôlé, intégration rapide de nouvelles capacités (armes, algorithmes, interfaces homme-machine).
- Manned-Unmanned Teaming (MUM-T) : coopération native avec des drones d’escorte, délégation de missions à haut risque (SEAD/DEAD, brouillage, décoying, reconnaissance profonde).
- Survivabilité par la manœuvre et la déception : combiner furtivité, brouillage actif, leurres, routes dynamiques et signatures gérées.
- Cybersécurité et souveraineté numérique : chaînes de logiciels certifiées, durcissement anti-intrusion, options sans dépendance ITAR sur les couches critiques.
Ce mix, historiquement dans les cordes de Saab (agilité, architecture ouverte) et d’Airbus DS (intégration systèmes, réseaux, EW), confère de la crédibilité à un programme conjoint. Reste la contrainte cardinale : tenir un calendrier pertinent.
Le temps long de l’aéronautique militaire contre la pression de 2040
Un chasseur de nouvelle génération prend 15 à 20 ans entre la phase conceptuelle et l’entrée en service à pleine capacité. Pour viser le début des années 2040, il faut verrouiller l’architecture, le partage industriel et le financement dès maintenant. C’est la source de l’urgence exprimée publiquement par Airbus : si les politiques ne tranchent pas d’ici la fin de l’année, l’Europe risque de se rabattre sur des achats sur étagère non-européens, comme elle l’a fait pour la “5e génération”.
La Suède, via la FMV, a déjà mandaté des études de démonstrateur : c’est précisément ce jalon qui fait la différence. Un démonstrateur volant en milieu de décennie permettrait de dé-risquer les choix furtifs, les interfaces cloud et le MUM-T. Côté Airbus, le socle drone collaboratif et cloud pourrait maturer en parallèle, mutualisé avec d’autres plateformes européennes (Eurofighter, Gripen E/F, Rafale si interfaçage ultérieur).
Et la France dans tout ça ? Entre impératif stratégique et liberté de manœuvre
Paris ne peut pas sacrifier deux exigences non négociables : la capacité aéroportée nucléaire (ASMPA puis successeur) et l’aptitude à opérer depuis un porte-avions. Ces contraintes façonnent le design de l’avion : résistance aux environnements maritimes, catapultage/arrestation, renforts structuraux, intégration de missions stratégiques. Elles renchérissent le coût et complexifient la gouvernance.
Dans un scénario à “deux avions”, la France pourrait :
- Accélérer un Rafale de nouvelle génération (F5/F6) avec une architecture plus ouverte, des capacités MUM-T, un cloud interopérable et des briques furtives augmentées.
- Poursuivre un démonstrateur NGF souverain pour sécuriser les savoir-faire critiques (aéro, lois de pilotage, intégration nucléaire/PA) tout en gardant des passerelles avec le cloud européen.
- Converger sur les couches communes (drones, normes de données, fusion multisenseurs) pour limiter la duplication et préserver l’exportabilité.
Politiquement, ce n’est pas un renoncement à l’Europe : c’est une redéfinition fonctionnelle. Techniquement, cela permettrait d’éviter un “grand soir” risqué, au profit d’itérations plus rapides et d’une interopérabilité réelle sur le champ de bataille.
Une cohabitation avec le GCAP Royaume-Uni–Italie–Japon est-elle envisageable ?
L’Europe élargie verrait alors deux écosystèmes majeurs de 6e génération : le GCAP, d’un côté, et un axe suédo-allemand (Airbus–Saab) potentiellement interfaçable avec un axe français de l’autre. Inévitablement, cela pose des questions : doublonnons-nous ? Pouvons-nous converger sur les standards d’échange de données, l’IA embarquée, les liaisons souveraines ? La réponse rationnelle est oui, si les États s’engagent à des normes communes et à une gouvernance claire des interfaces. À défaut, l’Europe multipliera les “silos” coûteux et fragilisera son autonomie stratégique.
Le risque à éviter : l’illusion de la compatibilité
Deux avions différents peuvent parler le même “langage”, mais seulement si ce langage est normalisé, testé en conditions dégradées, et gouverné politiquement. Sans cela, chaque programme refermera ses couches logicielles et la coopération restera un slogan. Les armées ont besoin de preuves : exercices conjoints, essais croisés, campagnes EW partagées. C’est le véritable baromètre d’une Europe de l’air de combat.
Ce que disent les signaux du marché export
Au-delà des considérations souveraines, l’équilibre financier d’un chasseur moderne dépend de l’export. Sur ce terrain, une offre suédo-allemande pourrait aligner plusieurs atouts :
- Coût de possession compétitif : ADN Saab sur l’efficience, chaînes de soutien allégées, opérations depuis des bases dispersées.
- Moins de dépendance ITAR : composantes critiques européennes, offrant une marge de manœuvre diplomatique à l’export.
- Architecture ouverte : personnalisation pour des clients aux doctrines variées, rythme d’upgrade logiciel élevé.
Reste l’obstacle classique : sans commande domestique forte et calendrier crédible, l’export ne suit pas. D’où l’importance d’une décision politique rapide en Allemagne et en Suède, assortie d’une feuille de route lisible.
Gouvernance et partage industriel : le nœud gordien à trancher
Tout rapprochement Airbus–Saab devra résoudre tôt deux sujets sensibles :
- Répartition des responsabilités : qui tient l’architecture générale ? Quel pays porte la certification ? Qui dirige le cloud, qui dirige l’avion, qui dirige le MUM-T ?
- Propriété intellectuelle et accès au code : quelles couches restent “boîtes noires” ? Quels modules sont partageables sans fragiliser la sécurité ? Quel modèle pour l’“app store” militaire ?
Le retour d’expérience européen est clair : mieux vaut contractualiser tôt, avec des jalons mesurables, qu’espérer résoudre plus tard des contentieux qui figent les équipes. C’est précisément ce qui a grippé le SCAF côté NGF.
Scénarios à 12–24 mois : ce qui pourrait se passer, concrètement
- Scénario 1 – Décision politique allemande et suédoise : annonce d’un cadre de coopération, lancement d’un démonstrateur commun, partage avion/cloud clarifié. Airbus ancre son leadership système, Saab garde des briques clés du design avion.
- Scénario 2 – SCAF recentré sur le cloud : préservation de la brique “combat cloud” à l’échelle multinationale, interopérable avec deux trajectoires avion. Calendrier partagé sur les drones collaboratifs.
- Scénario 3 – Avancée française sur voie souveraine : accélération Rafale F5/F6 + démonstrateur NGF, avec offres d’interfaces standardisées pour coopérer avec le cloud européen et les drones.
- Scénario 4 – Inertie et fragmentation : pas de décision d’ici fin d’année, retards accumulés, tentations d’achats “sur étagère” de 5e génération, perte de compétences et dépendance accrue.
Indicateurs à surveiller pour anticiper la trajectoire
- Signaux budgétaires : crédits d’étude et de démonstration votés côté Berlin et Stockholm, visibilité pluriannuelle.
- Annonces industrielles : consortiums, feuilles de route techniques, choix de motoristes, calendrier des premiers vols d’un démonstrateur.
- Normes d’interopérabilité : publication (même partielle) de standards d’échange de données, bancs d’essai conjoints cloud + MUM-T.
- Exercices conjoints : vols mixtes Eurofighter/Gripen avec relais par un cloud expérimental, intégration de drones d’escorte en environnement contrôlé.
- Position française : clarification de la trajectoire Rafale NG/Rafale F6, posture sur la mutualisation des couches cloud et drones.
Un avantage stratégique rarement dit : l’Europe peut miser sur l’agilité
Face aux programmes tentaculaires, l’approche “modulaire et incrémentale” est une vraie carte maîtresse. L’ADN de Saab y est parfaitement aligné ; Airbus a les moyens de le porter à l’échelle européenne. Plutôt qu’un “big bang” unique, une série de blocs livrables : d’abord un démonstrateur de cellule furtive, puis un cloud opérationnel limité, puis des drones collaboratifs en escadre, et enfin une première configuration avion + MUM-T. Chaque brique utile en opération, chaque itération absorbant du risque.
Cette philosophie réduit le risque de “trou noir budgétaire” et délivre des capacités visibles pour les forces aériennes. C’est aussi un gage de crédibilité à l’export : montrer, tôt, voler, tôt, déployer, tôt.
En creux, une chance pour le SCAF : se concentrer sur ce qu’il fait de mieux
Paradoxalement, la perspective de deux avions peut sauver l’essentiel du SCAF : le système collaboratif, le cloud, les drones, les capteurs et la guerre électronique de nouvelle génération. En déliant la question du maître d’œuvre avion, on évite le blocage le plus inflammable. Et si, demain, les trajectoires convergent de nouveau, rien n’empêche d’aligner des versions ultérieures autour de standards plus serrés.
Petit détour par le réel : sur un tarmac balayé par le vent
Lors d’un salon aéronautique, quand un Gripen E décolle en configuration lourde, on perçoit cette philosophie de l’agilité : accélération vive, boucle courte, système pensé pour décoller de pistes sommaires. À quelques stands de là, des ingénieurs d’Airbus détaillent une maquette de “combat cloud”, parlant latence, redondance et cybersécurité. Ce contraste — une cellule agile et un réseau robuste — illustre la complémentarité des deux écoles. C’est précisément ce qui rend l’option Airbus–Saab crédible, si la gouvernance suit.
Pour les décideurs : trois décisions à ne pas rater
- Fixer une date butoir pour acter la structure de coopération et la répartition des rôles. Sans horloge, le programme dérive.
- Financer un démonstrateur volant sous 3 à 4 ans, avec objectifs techniques publics (dans une mesure raisonnable) pour fédérer les équipes et l’opinion.
- Normer l’interopérabilité dès le départ — cloud, capteurs, MUM-T — pour éviter des “silos” nationaux qui ruinent l’ambition européenne.
Ce qui pourrait changer le cours du jeu, rapidement
Un signal politique clair de Berlin et Stockholm — par exemple une lettre d’intention commune assortie d’un financement initial et d’un cadre de PI — déclencherait un alignement industriel accéléré. Dans la foulée, des annonces côté drones collaboratifs serviraient de terrain d’expérimentation commun. Côté Paris, une prise de position sur l’ouverture d’interfaces cloud et l’accélération Rafale F6 donnerait de la lisibilité à l’ensemble du puzzle européen.
Conclusion : l’heure des choix approche, et la fenêtre ne restera pas ouverte
Airbus et Saab se testent, se mesurent et, surtout, constatent la même chose : si l’Europe veut un chasseur de 6e génération en temps utile, elle doit agir maintenant. La proposition d’Airbus — deux avions, un même cerveau — est plus qu’un compromis : c’est une architecture de résilience. Elle ménage la souveraineté française, offre à l’Allemagne un cap industriel clair, et donne à la Suède un rôle à la mesure de son savoir-faire. Reste la décision politique — cette étincelle sans laquelle les meilleures architectures demeurent des schémas.
La suite se jouera dans les prochains mois. Si, à la fin de l’année, l’incertitude perdure, les options se refermeront et l’Europe reprendra le chemin des achats extérieurs. Si, au contraire, les lignes bougent, attendez-vous à voir, très vite, des démonstrateurs prendre l’air et un cloud de combat européen s’installer au cœur des opérations. La question, dès lors, n’est plus “si”, mais “qui” osera enclencher la séquence et “quand”.