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Le plus gros hélicoptère jamais utilisé par la Gendarmerie française est un colosse Airbus de 6 tonnes capable de croiser à 255 km/h : le H160

·Damien ⏱ 4 min
Le plus gros hélicoptère jamais utilisé par la Gendarmerie française est un colosse Airbus de 6 tonnes capable de croiser à 255 km/h : le H160 Ajoutez Actu FDO en favori pour nous soutenir

Le 16 décembre 2025, Airbus Helicopters remettait officiellement le premier hélicoptère H160 à la Direction générale de l’armement lors d’une cérémonie à Marignane, dans les Bouches-du-Rhône. Cet appareil marque une rupture nette : il s’agit du plus gros hélicoptère jamais mis en œuvre par les forces aériennes de la Gendarmerie nationale. Avec un poids maximal au décollage de 6 050 kilogrammes et une vitesse de croisière atteignant 255 à 285 km/h, le H160, baptisé Pégase pour la Gendarmerie, change radicalement la donne. La Gendarmerie nationale avait commandé dix exemplaires en décembre 2021, via la Direction générale de l’armement, pour le compte du ministère de l’Intérieur.

Les innovations technologiques qui font du H160 un hélicoptère hors norme

Le H160 n’est pas simplement gros. Il est fondamentalement différent de tout ce que la Gendarmerie a opéré jusqu’ici. Premier hélicoptère civil doté d’une cellule et de rotors entièrement en système composite, il affiche une réduction de consommation carburant de 15 à 20 pourcent par rapport aux générations précédentes. C’est considérable pour des appareils qui volent des milliers d’heures par an.

Le rotor principal à cinq pales intègre le système Blue Edge, avec des extrémités en forme de boomerangs. Constat : une réduction du bruit de 50 pourcent. Pour des missions nocturnes en zone urbaine, c’est un avantage tactique réel. Le fenestron, rotor arrière caréné incliné à 12 degrés environ, complète cette architecture optimisée.

La suite avionique Helionix, partagée avec le H145, modernise radicalement le poste de pilotage. Les équipements embarqués incluent une boule optronique, un treuil latéral, une caméra haute performance, un projecteur et des dispositifs de vision nocturne. La capacité d’emport atteint quatorze personnes, pilote et copilote inclus, ou douze hommes en configuration cargo.

À 20 000 pieds d’altitude, l’appareil couvre près de 880 à 900 kilomètres à pleine vitesse de croisière. Sa vitesse maximale dépasse 315 km/h. Le général de brigade Éric Espinal, commandant des forces aériennes de la Gendarmerie nationale, l’a résumé simplement : « le H160 va vite et loin ». La certification EASA a été obtenue le 1er juillet 2020, et le cycle de fabrication réduit à 26 semaines, contre un an pour son prédécesseur le Dauphin, produit à plus de 1 100 exemplaires en quarante ans.

H160 et H145, deux hélicoptères complémentaires au service des missions de la Gendarmerie

La Gendarmerie a également reçu six exemplaires du H145 D3, commandés en 2023 conjointement avec la Direction générale de la sécurité civile et de la gestion des crises. Ces deux hélicoptères forment un tandem cohérent, pensé pour des missions complémentaires.

Le H145 D3 embarque une caméra optique et thermique ultra performante, un treuil pour les opérations de secours en montagne ou en mer, une potence d’aérocordage et un kit de blindage pour le contre-terrorisme ou la lutte contre la criminalité organisée. Deux de ces appareils opèrent dans le cadre de la mission Sandhurst, contre l’immigration illégale sur le littoral du Pas-de-Calais.

Les points communs entre les deux types sont divers :

  • La suite avionique Helionix, identique sur les deux plateformes
  • Les systèmes de communication modernes garantissant l’interopérabilité avec les autres forces
  • Les équipements de mission modulables, facilitant la maintenance et la formation des équipages

Le H160 Pégase prend en charge les missions d’observation longue distance, d’appui et de projection de forces, surtout pour le GIGN lors d’opérations de contre-terrorisme. L’implantation finale des dix appareils reste confidentielle, mais au moins un ou deux devraient rester basés à Villacoublay.

Un renouvellement de flotte devenu urgent pour les forces aériennes de la Gendarmerie nationale

La situation est franchement préoccupante. Au 1er janvier 2025, la Gendarmerie comptait théoriquement 56 hélicoptères : 15 EC145, 15 EC135 et 26 AS350 Écureuil. Au 31 juillet 2025, seulement 34 étaient opérationnels, 14 appareils étant immobilisés pour longue maintenance. Huit ont définitivement été retirés du service, victimes d’une corrosion trop avancée.

Le taux de disponibilité des AS350 Écureuil est passé de 71 pourcent en 2017 à 54 pourcent en 2024. Pendant ce temps, le coût du maintien en condition opérationnelle, stable autour de 20 millions d’euros entre 2012 et 2022, atteindra 63,5 millions d’euros en 2026. La flotte aérienne, dont certains Écureuil approchent les 40 ans d’âge, devra être entièrement réformée entre 2028 et 2030. Les EC145, eux, sont prévus à la réforme autour de 2035.

Le général Hubert Bonneau, directeur de la Gendarmerie nationale, a tiré la sonnette d’alarme devant les parlementaires en octobre et novembre 2025 : sans l’acquisition de 22 nouveaux H145 au plus tard fin 2027, certaines sections aériennes pourraient fermer. Un rapport du Sénat a confirmé l’urgence d’affermir cette commande avant début 2027. Le budget nécessaire s’élève à 355 millions d’euros, un défi colossal pour la défense et la sécurité intérieure française. Pour documenter ce type de déploiement opérationnel sur le terrain, certains journalistes spécialisés s’équipent désormais de matériel léger et performant.

Damien

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