Plus de 31°C dans leurs chambres : 62 CRS envoyés sécuriser le littoral refusent leur cantonnement dans le Var
Ajoutez Actu FDO en favori pour nous soutenir
Envoyés dans le Var pour renforcer la sécurité sur le littoral pendant la saison estivale, 62 policiers de la CRS 49 de Montélimar ont refusé de prendre possession de leur cantonnement à Ollioules. En cause : des températures dépassant les 30 °C dans les chambres et des conditions sanitaires jugées insuffisantes par les fonctionnaires et leurs représentants syndicaux. Après plusieurs échanges avec leur hiérarchie, les CRS ont finalement été relogés dans des hôtels de la région.
Ils étaient venus dans le sud de la France pour assurer une mission de sécurité estivale, mais leur arrivée dans le Var a rapidement tourné au bras de fer autour de leurs conditions d’hébergement. Les 62 fonctionnaires de la CRS 49, basée à Montélimar dans la Drôme, devaient séjourner dans un cantonnement situé à Ollioules, à l’ouest de Toulon, afin de renforcer les effectifs policiers dans plusieurs communes très fréquentées pendant l’été.
Selon Le Parisien, leur mission devait se poursuivre jusqu’au 20 août, avec des déploiements notamment dans les secteurs de Toulon, Hyères et La Seyne-sur-Mer. Mais au moment de découvrir leur lieu d’hébergement, les policiers ont estimé que les conditions ne leur permettaient pas d’y séjourner convenablement pendant plusieurs semaines.
Des chambres à plus de 30 °C malgré les ventilateurs
La chaleur est au cœur du problème. Le Parisien rapporte des températures dépassant les 31 °C dans certaines chambres. De son côté, Le Dauphiné Libéré cite Mamadou Diallo, secrétaire zonal CRS chez Alliance Police nationale, qui fait état de 29 °C relevés dans les chambres dès 10 heures du matin, alors même que des ventilateurs fonctionnaient et que des climatiseurs mobiles avaient été installés dans les couloirs.
Pour des policiers appelés à travailler quotidiennement dans des conditions estivales parfois difficiles, la possibilité de récupérer correctement entre deux vacations est considérée comme essentielle. Les CRS ont donc refusé d’intégrer le bâtiment, estimant que les températures constatées pouvaient affecter leur repos et, à terme, leur capacité à assurer leur mission dans de bonnes conditions.
Un risque sanitaire également dénoncé par le syndicat
La température des chambres n’était pas le seul point soulevé. Les représentants syndicaux ont également dénoncé l’absence, selon eux, d’un contrôle préalable concernant le risque de légionellose dans le bâtiment. Alliance Police nationale estime qu’une vérification sanitaire aurait dû être réalisée avant l’arrivée des fonctionnaires, compte tenu de la période durant laquelle les locaux n’auraient pas été occupés.
Les policiers ont ainsi refusé de dormir dans le cantonnement en invoquant à la fois leurs conditions de repos et des inquiétudes sanitaires. Cette décision n’a toutefois pas conduit les fonctionnaires à abandonner leur mission : les discussions se sont poursuivies afin de leur trouver rapidement une solution d’hébergement alternative.
Les 62 CRS finalement relogés dans plusieurs hôtels
Après plusieurs échanges avec la direction zonale, une solution a finalement été trouvée. Les membres de la CRS 49 ont été répartis dans trois hôtels situés autour d’Ollioules, leur permettant de poursuivre leur mission estivale dans le Var.
Pour Alliance Police nationale, cet épisode reste néanmoins révélateur d’un problème plus large concernant l’hébergement des compagnies républicaines de sécurité lorsqu’elles sont envoyées loin de leur résidence administrative. Mamadou Diallo a notamment dénoncé un « manque de considération », rappelant que les CRS sont régulièrement sollicités pour de grands événements, des missions de maintien de l’ordre et des renforts saisonniers.
Deux autres compagnies auraient déjà refusé le même cantonnement
Le cas de la CRS 49 ne serait pas isolé. Selon les informations rapportées par Le Parisien et Le Dauphiné Libéré, deux autres compagnies avaient déjà rencontré des difficultés avec le cantonnement d’Ollioules. La CRS 23 de Charleville-Mézières aurait refusé d’y séjourner au mois de juin en raison de la chaleur, avant que la CRS 60 ne refuse à son tour de s’y installer.
Cette dernière aurait finalement assuré sa mission en effectuant des déplacements depuis sa résidence administrative d’Avignon. Pour les syndicats, le fait que plusieurs unités aient successivement signalé les mêmes difficultés interroge sur l’absence de solution durable apportée avant l’arrivée des 62 policiers de Montélimar.
Une autre compagnie confrontée à la chaleur au Muy
Le problème ne concernerait pas uniquement le site d’Ollioules. Selon Le Dauphiné Libéré, la CRS 16 de Saint-Omer, arrivée dans le Var pour intervenir dans le secteur de Fréjus, aurait également refusé un hébergement prévu dans un lycée au Muy après avoir constaté des températures particulièrement élevées.
La compagnie était encore dans l’attente d’une solution de relogement vendredi, selon le quotidien régional. Ces différents incidents surviennent en pleine période estivale, alors que les CRS sont fortement sollicités pour renforcer la sécurité dans les départements touristiques du sud de la France.
Des renforts déployés chaque été sur le littoral
Chaque année, des compagnies de CRS sont déplacées temporairement dans les zones touristiques afin de renforcer les dispositifs locaux. Dans le Var, l’afflux de visiteurs pendant les mois de juillet et août entraîne une hausse importante de la fréquentation des plages, des centres-villes et des lieux de vie nocturne.
Les policiers envoyés en renfort peuvent ainsi être mobilisés pour sécuriser les communes du littoral, renforcer les patrouilles ou intervenir lors d’événements susceptibles de rassembler un grand nombre de personnes. La CRS 49 devait précisément participer à ce dispositif pendant plusieurs semaines autour de Toulon, Hyères et La Seyne-sur-Mer.
La question du repos des policiers au cœur du conflit
Derrière la polémique sur la température des chambres se pose plus largement la question des conditions dans lesquelles sont hébergées les unités mobiles en déplacement. Les CRS peuvent être engagés plusieurs semaines loin de leur domicile et enchaîner des vacations parfois longues, notamment lors des périodes de forte activité.
Pour les syndicats, disposer d’un hébergement permettant un véritable repos constitue donc une condition directement liée à la sécurité des policiers et à l’efficacité de leur mission. Dans le cas d’Ollioules, les fonctionnaires ont finalement obtenu une solution alternative sans interrompre leur déploiement sur le littoral varois.
La mission maintenue malgré le refus du cantonnement
Malgré leur refus de s’installer dans le bâtiment initialement prévu, les 62 CRS de Montélimar doivent donc poursuivre leur mission de renfort dans le Var. Leur relogement dans plusieurs établissements hôteliers permet d’éviter, à ce stade, une remise en cause du dispositif de sécurité prévu pour la saison estivale.
L’affaire met néanmoins en lumière une difficulté récurrente pour les forces mobiles : trouver des capacités d’hébergement adaptées lorsque plusieurs dizaines de fonctionnaires doivent être déployés simultanément pendant plusieurs semaines. Le fait que plusieurs compagnies aient, selon la presse, refusé le même site en quelques semaines pourrait désormais conduire l’administration à réexaminer les conditions d’utilisation du cantonnement d’Ollioules.
Sources
Le Parisien – Plus de 31 °C dans les chambres : 62 CRS de Montélimar refusent leur cantonnement dans le Var
https://www.leparisien.fr/faits-divers/plus-de-31-c-dans-les-chambres-62-crs-de-montelimar-refusent-leur-cantonnement-dans-le-var-17-07-2026-SRVJPRJYCNHFDDNVLIDXERCSWQ.php
Le Dauphiné Libéré – « 29 degrés dans les chambres le matin » : les CRS de Montélimar refusent leur cantonnement dans le Var
https://www.ledauphine.com/faits-divers-justice/2026/07/17/29-degres-dans-les-chambres-le-matin-les-crs-de-montelimar-refusent-leur-cantonnement-dans-le-var